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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 16:07

 

 

 

LE MONDE | 20.03.08 | 15h07  •  Mis à jour le 20.03.08 | 15h07


Après avoir sauvé le président tchadien Idriss Déby d'une attaque rebelle, la France peine à obtenir qu'il rende son régime plus présentable en matière de droits de l'homme et de démocratie. Trois semaines après l'escale du président Nicolas Sarkozy à N'Djamena destinée à faire montre de la pression exercée par Paris dans ce sens, les résultats sont minces.

La commission d'enquête promise au président français par M. Déby pour faire la lumière sur l'enlèvement et la disparition d'opposants n'existe que sur le papier. Quant au dialogue politique, qu'il était question de relancer, il reste au point mort.

Dernier vent mauvais en date, la correspondante de Radio France internationale (RFI), Sonia Rolley, unique journaliste étrangère restant en poste à N'Djamena, a vu son accréditation "définitivement retirée" par les autorités et se trouvait contrainte de regagner la France jeudi 20 mars.

Non notifiée explicitement, son expulsion, de fait, devait intervenir le 27 février, le jour même de la visite éclair de M. Sarkozy. Le président de la République avait alors alerté son homologue tchadien de cette situation. La mesure, qui aurait terni la visite présidentielle, n'a finalement été que repoussée.

Une semaine après le passage de M. Sarkozy, un diplomate français en poste à N'Djamena a été convoqué par les autorités, qui ont protesté contre "les campagnes des médias publics français qui véhiculent beaucoup de contrevérités".

L'interdiction professionnelle signifiée à la journaliste dès le 15 février est intervenue au moment où, après leur victoire, certains éléments de l'armée régulière et des groupes armés soudanais venus l'épauler contre la rébellion étaient mis en cause dans des exactions - pillage d'habitations, viols - commises quotidiennement à N'Djamena.

"DÉGUERPISSEMENT"

Ce phénomène, qui a singulièrement visé les quartiers habités par des ethnies favorables aux rebelles, semble avoir perdu son caractère systématique depuis la levée de l'état d'urgence, le 16 mars. Mais se poursuivent les opérations de "déguerpissement" qui consistent à vider certains pâtés de maisons de leurs habitants et à détruire les logements. Ces opérations, justifiées officiellement par la nécessité de réaliser des aménagements urbains sur des terrains dont l'Etat est propriétaire, se sont multipliées à la faveur de l'état d'urgence, mettant à la rue plusieurs milliers de personnes.

Alors que la sécurité publique reste précaire, le dialogue politique officiellement prôné par la France et l'Union européenne pour sortir ce pays d'un cycle de rébellions armées qui obère toute chance de développement est conditionné, aux yeux des opposants, à une "enquête véritablement internationale" sur la répression qui a suivi la reconquête du pouvoir par M. Déby, le 3 février.

Sur les trois opposants qui ont été enlevés ce jour-là, l'un, Lol Mahamat Choua, a été libéré au moment de la visite de M. Sarkozy. Le deuxième, Ngarlejy Yorongar, a réapparu peu après. Mais les inquiétudes sont vives sur le sort du troisième, Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la principale coalition de l'opposition, dont on reste sans nouvelle. Les autorités nient son arrestation.

"JOUER LA MONTRE"

Or la commission d'enquête créée par M. Déby le soir même de la visite de M. Sarkozy ne répond nullement aux demandes françaises et européennes. Certaines ONG tchadiennes refusent d'y siéger. Elle est focalisée sur "l'agression soudanaise" (la rébellion), n'inclut aucun proche de l'opposition et n'est pas ouverte au Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH). Près de deux mois après les événements, aucune investigation n'a débuté. "Le gouvernement tchadien joue la montre d'une façon totalement cynique", estiment les avocats de M. Ibni Oumar.

A Paris, où l'on insiste sur la nécessité d'une "commission crédible", on prône désormais la création, à côté de la commission tchadienne, d'une autre instance internationale pilotée par l'ONU et destinée, dit-on, à "bétonner" les recherches. Mais la qualité et le statut de ses membres supposent encore un accord de l'Union européenne, de l'Union africaine et du HCDH. Ce fonctionnement en double commande viserait à "ne pas déposséder les Tchadiens" de leurs prérogatives mais marquerait de fait une certaine méfiance à leur égard.

Aux yeux des Français comme des Européens, un accord sur une commission d'enquête sur les événements récents doit permettre la poursuite du "dialogue politique inter-tchadien" interrompu par l'offensive rebelle. Dans l'immédiat, l'apaisement de la situation intérieure tchadienne est aussi une exigence pour les contributeurs de la force européenne (Eufor) dont le déploiement a commencé à l'est du Tchad, aux confins du Darfour.

 

Philippe Bernard


Début officiel du mandat d'un an de l'Eufor

La Force européenne (Eufor) déployée dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique a entamé, lundi 17 mars, son mandat d'un an, a confirmé, mercredi, le général irlandais Patrick Nash, commandant de l'Eufor. Les soldats européens, a-t-il souligné, ne franchiront "jamais" la frontière avec le Soudan, leurs consignes étant de ne pas approcher celle-ci à moins de 5 kilomètres.

Le général Nash a estimé que cette opération, dont le but est de protéger 230 000 Soudanais réfugiés et 185 000 Tchadiens déplacés, ainsi que 15 000 réfugiés en Centrafrique, était "difficile", car se déroulant dans une région "imprévisible". 1 759 soldats, sur un total de 3 700, sont déjà arrivés au Tchad, a-t-il précisé.

Article paru dans l'édition du 21.03.08

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