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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 23:55

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En demandant à Idriss Déby de reconnaître le caractère d’abord interne du conflit et de la crise qui agite son pays le Tchad depuis des lustres, les chefs d’Etat de la CEEAC viennent d’enfoncer un coin dans l’argumentaire automatique et l’immuable ligne de défense des autorités de N’djaména qui consiste à rejeter systématiquement toute la responsabilité de l’existence de la multitude de mouvements rebelles armés qui tentent de renverser Idriss Déby et de s’emparer du pouvoir sur le Soudan. C’est en effet oublier un peu trop facilement que la cause première du drame tchadien est d’abord interne. L’incontestable et évidente implication des autorités de Khartoum ne saurait disculper totalement Déby et son clan de leur part de responsabilité, de la causalité première et des profondes raisons pouvant expliquer les diverses frustrations et mécontentements générés par leur mauvaise gouvernance contraignant ainsi certains fils du Tchad à décider un beau jour de lever une rébellion armée afin de renverser le pouvoir de les renverser. Le seul fait que la quasi totalité des revenus pétroliers - au lieu de servir au développement du pays et à l’amélioration des conditions de vie de ses fils et des générations futures – soit englouti purement et simplement par la volonté d’un seul individu dans l’acquisition inconsidérée des armes de guerre est de nature à créer l’indignation et la révolte de tous les Tchadiens.

 

Le pouvoir de Déby est par essence clanique et familial. Aux principaux postes de commandement et de l’appareil de l’Etat, il n’y a que ses neveux, gendres, cousins et autres  oncles. Les nombreuses hémorragies faites de trahisons et désertions surtout dans les rangs des services de sécurité ont encore accentué ce repli ethno-clanique. Pire, dans l’armée, la garde dite républicaine, dans les postes clés des services de sécurité, on trouve une grande majorité de ses parents zakawa qui affectionnent les galons militaires. Ils y sont pourtant bombardés alors qu’ils sont de braves illettrés voire des analphabètes qui ne comprennent rien à rien aux principes de fonctionnement élémentaire d’un état moderne. Le seul langage qu’ils puissent comprendre est celui de la force et des armes, lesquelles armes leur servent à tuer, braquer, voler et s’emparer des biens d’autrui et de l’état tchadien en toute impunité. Nombreux sont leurs compatriotes surtout sudistes, qui ont été leurs victimes parce que résignés et réduits au silence.

 

Ce qui vient de se passer début février 2008 à N’djaména est la parfaite illustration de la vraie nature du pouvoir de Déby, un odieux pouvoir dictatorial qui repose essentiellement sur l’arbitraire, l’usage abusif de la force armée et très peu soucieux du respect des droits humains. Le triste sort infligé par la propre garde présidentielle de Déby aux rares opposants qui croyaient encore à une solution négociée par un dialogue pacifique de la crise ne peut que donner raison et encourager les partisans de la lutte armée qui affectionnent les rezzous avec les Toyota tout-terrain. On comprend dès lors que dans de telles conditions, ce qui reste au pays de cette opposition dite démocratique meurtrie et terrorisée et dont la plupart des leaders se cachent actuellement à l’extérieur du Tchad, n’ait pas grande envie d’aller discuter encore avec le pouvoir de Déby.

 

C’est ici le lieu de relever le cynisme du président Sarkozy qui avait cru dénoncer lors de son escale flash de Ndjaména en route pour l’Afrique du sud, ce qu’il a appelé la politique de la « chaise vide » de l’opposition démocratique. Alors même que la France qui est un des parrains avec l’Union européenne de la solution d’une réconciliation pacifique ne parvient pas à faire entendre raison à Déby, elle lui apporte un scandaleux soutien multiforme et surtout militaire qui constitue évidemment autant d’encouragement à un dictateur et une prime à la violation des droits de l’homme. On pouvait attendre et espérer mieux de la France. Que fera la France lorsque la nouvelle de la mort qui semble ne plus faire de doute de Ibni Oumar Mahamat Saleh sera confirmée et officialisée ? L’embarras dans lequel est plongé Paris se mesure au travers de certaines déclarations incohérentes de ses responsables et traduit bien ses difficultés à convaincre l’opinion sur ses positions et décisions. Pourquoi s’empresser d’accorder l’asile politique en France à l’opposant Ngarlejy Yorongar qui ne demandait qu’à vivre dans son pays si les conditions le permettaient ? Or c’est précisément le soutien accordé au dictateur qui a déclenché la chasse à ses opposants qui a occasionné le départ pour l’exil de Yorongar et d’autres.

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