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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 16:39
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(L'Avenir Quotidien 10/03/2008)

* Le sommet a pour point principal dans son ordre du jour la crise tchadienne. Mais, il n’est pas exclu que d’autres points soient abordés. Dont ceux en relation avec les crises que connaissent le Cameroun, la Centrafrique, le Burundi, le Congo-Brazzaville et même la RDC. Qu’elles soient à caractère provincial ou national, ces crises ont des répercussions directes ou indirectes sur plusieurs autres Etats, voisins ou non…. *La présidence en exercice étant rdcongolaise, il va sans dire que Joseph Kabila – qui assume là son premier mandat international depuis son avènement à la tête du pays en janvier 2001 – s’est sérieusement investi dans leur tenue. *Le succès ou l’échec du rendez-vous de Kinshasa se constatera cependant à l’aune de la résolution de l’ensemble des crises ; ce qui n’est pas chose facile, on en convient. L’essentiel, au moins, est que le chef de l’Etat congolais a une expérience des crises négociées, des crises négociables et des crises non négociables ! Il peut en faire profiter ses pairs…


C’est ce lundi 10 mars 2008 que se tient pour une journée le sommet extraordinaire de la Ceeac. Y sont attendus plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, à l’exception – a-t-on appris dans certains couloirs – du président gabonais Omar Bongo. On prie cependant pour que le doyen des chefs d’Etat africains et particulièrement de l’Afrique centrale se résolve à faire le déplacement de Kinshasa. Après tout, ces assises ont d’exceptionnel le fait d’avoir lieu en cette année jubilaire de la 25ème année d’existence de la Communauté. Comme relevé dans l’édition n°3221 du vendredi 7 mars dernier, le sommet a pour point principal dans son ordre du jour la crise tchadienne. Mais, il n’est pas exclu que d’autres points soient abordés. Dont ceux en relation avec les crises que connaissent le Cameroun, la Centrafrique , le Burundi, le Congo-Brazzaville et même la RDC.

Tchad

S’agissant du Tchad, il est bon de rappeler que sa crise a connu un effet de renchérissement avec l’entrée à Ndjamena la capitale, le vendredi 1er février 2008, des troupes rebelles de la Cnt appuyés par le Rfc. Les affrontements se sont poursuivis jusqu’au mercredi 6 février lorsque, acculés par le pilonnage aérien de leurs positions, les insurgés ont battu en retraite.

Puissance ex-tutélaire, la France s’est certes rattrapée en volant de nouveau au secours du Pouvoir Idriss, car les hélicoptères de l’armée tchadienne décollaient des installations aéroportuaires restées entre les mains des troupes françaises. Mais, la vérité est qu’au premier jour des affrontements, Paris a offert au président tchadien une possibilité d’exfiltration si « sa vie était en danger et qu’il devait partir ». Idriss Deby Itno a fait le choix de rester et de combattre.

Les annales retiendront qu’au moment où l’Union africaine a fait, elle, le choix de proposer une médiation, Joseph Kabila a, lui, condamné fermement dès le samedi 2 février la tentative de prise de pouvoir par la force, cela après avoir exprimé sa préoccupation sur la situation sociopolitique troublée la veille. S’engageant à suivre « avec grande attention l’évolution de la situation » et exprimant « son soutien au peuple tchadien ainsi qu’aux institutions démocratiquement élues de l’Etat tchadien », il a promis d’envoyer une délégation de la Ceeac au Tchad. Le 22 février, il a reçu en audience une délégation tchadienne au cours de laquelle il a annoncé l’organisation du sommet d’aujourd’hui.

Cameroun

Le Cameroun peine à sortir des émeutes consécutives à la hausse des prix des produits de consommation courante. Ces émeutes ont charrié le mécontentement né de la tentative du président Paul Biya de revisiter la Constitution pour « libéraliser » le nombre de mandats pour l’exercice de la fonction présidentielle.

Centrafrique

La Centrafrique peine, elle, à organiser son dialogue national. Pourtant, le président François Bozize – bien que élu à l’issue d’un scrutin organisé au suffrage universel direct et secret – a accepté le principe de ces assises. Mais c’est son Opposition qui s’adonne maintenant à la surenchère. Il est en train de vivre pratiquement ce que Joseph Kabila a vécu en prévision du dialogue intercongolais avec son Opposition non armée et son Opposition armée. Pour mémoire, elles exigeaient à la fois une chose et son contraire.

Burundi

Le Burundi a dépassé le stade du dialogue national. Il a organisé des élections saluées par l’ensemble de la communauté internationale. D’ailleurs, au lendemain de ces échéances, Américains et Européens ont recommandé à la RDC de s’en inspirer. Il se fait seulement que les Burundais sont retombés dans les travers qui les caractérisent.

RDC

Si la République Démocratique du Congo a réussi son test électoral, elle a cependant du mal à restaurer la paix et la sécurité dans quelques parties non moins importantes du pays. A l’Est, les groupes armés semblent n’avoir rien compris au désir profond des populations locales d’aspirer à la paix durable. Ils sont restés dans la logique de la guerre jusqu’à ce qu’ils aient poussé tout le monde à adhérer à l’initiative de la Conférence de Goma. Avec les affrontements actuels – même s’ils sont sporadiques – on doit admettre qu’ils ne sont pas encore sortis de cette logique. Entre-temps, à l’Ouest, un mouvement politico-religieux met le feu dans la maison avec tous les risques d’extension de l’incendie en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon, tous les trois membres de la Ceeac. « On a, du reste, l’impression que la coïncidence entre la convocation du sommet de la Ceeac et la résurgence des affrontements avec le mouvement politico-religieux Bdk n’a rien de fortuit. Dans tous les cas, même en aparté, la question pourrait être soulevée après l’appel à la balkanisation de l’Afrique centrale lancé avant-hier sur Rfi par le député national Ne Muanda Nsemi », avons-nous écrit. On sait que le chef spirituel en a appelé à l’abolition de « toutes les frontières coloniales en Afrique centrale » et la transformation de celle-ci « en un seul pays de type fédéral », chaque Etat fédéré devant être ethnique et tribal !

Congo-Brazzaville

Apparemment, la situation est calme. Mais, il s’agit d’un calme trompeur puisque Frédéric Bitsangou, alias pasteur Ntoumi, refuse de prendre ses fonctions à Brazzaville. L’homme semble partager les convictions de son alter ego rdcongolais Ne Muanda Nsemi, promoteur de la restauration du royaume Kongo. Pasteur Ntoumi est, lui-même, « sujet » de ce royaume.

Expérience des crises

Bref, la Ceeac a des problèmes d’ordre politique à résoudre. La présidence en exercice étant rdcongolaise, il va sans dire que Joseph Kabila – qui assume là son premier mandat international depuis son avènement à la tête du pays en janvier 2001 – s’est sérieusement impliqué dans leur tenue. Dans la livraison de vendredi dernier, allusion a été faite au lifting du Palais de la nation. « Nouvelle couche de bitume dans le périmètre direct ; nouvelle couche de peinture sur les immeubles alentour dont la Dgrad , nouvelle « coiffure » pour la pelouse et les fleurs… », disions-nous non sans rappeler que Joseph Kabila prépare aussi sa propre rentrée politique, cela à cinq jours de la rentrée parlementaire. Mais, au-delà des aspects protocolaires, il y a la donne essentielle : l’absorption des crises intérieures qui, elles-mêmes, ont des répercussions sur un ou plusieurs Etats voisins.

Le succès ou l’échec du rendez-vous de Kinshasa se constatera cependant à l’aune de la résolution de l’ensemble des crises ; ce qui n’est pas chose facile, on en convient. L’essentiel, au moins, est que le chef de l’Etat congolais a une expérience des crises négociées, des crises négociables et des crises non négociables ! Il peut en faire profiter ses pairs…

Omer Nsongo die Lema
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