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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 01:56
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par Moumine Ngarmbassa
 
N'DJAMENA 05/03/08 19:35 (Reuters) - L'Eufor va envoyer à Khartoum une mission chargée d'identifier et de ramener le corps qui serait celui d'un soldat
français de la force européenne déployée dans l'est du Tchad tué après avoir pénétré involontairement au Soudan.
 
Si ce décès est confirmé, il s'agira de la première perte enregistrée par la force européenne, qui est en cours de déploiement dans l'est du
Tchad et le nord-est du Centrafrique pour protéger les populations civiles des violences au Darfour voisin.
 
Les autorités soudanaises ont retrouvé un corps qui serait, croit-on, celui du militaire des forces spéciales françaises de l'Eufor porté
disparu lundi soir aux confins du Tchad, du Soudan et de la Centrafrique, a annoncé mercredi un porte-parole de l'Eufor au Tchad.
 
"Nous sommes en train d'org aniser une délégation pour l'identification du corps à Khartoum", a précisé le porte-parole de l'Eufor, le
lieutenant-colonel Patrick Poulain, en insistant sur le caractère accidentel de l'incursion en territoire soudanais.
 
Le corps se trouve à Khartoum où une délégation française est attendue pour confirmer ou non s'il s'agit du militaire porté disparu, a
indiqué Ali al Sadig, porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères.
 
Un sergent du Commandement des opérations spéciales (Cos, forces spéciales françaises) est porté disparu après s'être "égaré" par
inadvertance en territoire soudanais avec un véhicule 4x4. L'armée soudanaise a ouvert le feu sur la patrouille de l'Eufor, qui comptait deux
hommes.
 
Le second soldat français, un adjudant, a rejoint ses camarades stationnés du côté tchadien de la frontière, et tant Paris que l'UE ont
présenté des excuses au Soudan pour cette violation accidentelle de la frontière.
 
D'après le colonel Poulain, il s'agissait d'une simple patrouille de reconnaissance de la part des deux soldats du Cos. "Malheureusement,
cela se produit maintenant, mais un des buts de cette reconnaissance, c'est de prendre des repères sur le terrain, en particulier de la
frontière, parce que les cartes sont assez imprécises", a-t-il expliqué à Reuters par téléphone.
 
"La frontière n'est pas marquée, il n'y a pas de murs, de barbelées ...( il n'y a rien", a souligné l'officier, qui a. précisé que les véhicules
arboraient le sigle de l'Eufor.
 
SOURCE D'EMBARRAS
 
A Paris, un porte-parole de l'état-major des armées a confirmé qu'une délégation de l'Eufor devait se rendre à Khartoum pour "identifier
formellement le corps." "Pour l'instant, aucune autorité européenne ou française n'a vu le corps", a-t-il dit.
 
L'Eufor, qui agit en vertu d'un mandat des Nations unies, est commandée par le général irlandais Patrick Nash dont le QG est situé au
mont-Valérien, dans la région parisienne, avec un PC opérationnel au Tchad placé sous les ordres d'un général français.
 
La force européenne a déjà vu son déploiement retardé par l'attaque-surprise lancée début février contre N'Djamena par une colonne de
rebelles tchadiens venus du Soudan, qui ont failli renverser le régime du président Idriss Déby.
 
L'incident de lundi est également une source d'embarras pour l'Eufor, dont le mandat ne prévoit pas la sécurisation de la frontière
tchado-soudanaise et, encore moins, de s'accrocher avec l'armée soudanaise.
 
Certains analystes s'interrogent sur la capacité de cette force à assumer sa mission de protection sans être impliquée par les conflits
tchadien et soudanais.
 
Pour Bjoern Seibert, analyste à la Fletcher School of Law and Diplomacy de Boston, cet incident transfrontalier n'est pas une surprise
compte-tenu de l'extrême porosité de la frontière et de l'absence d'une ligne bien définie de démarcation entre les trois pays.
 
"Cela montre aussi les craintes du Soudan de voir les Français ou les Européens collecter des informations sensibles à ses frontières",
souligne-t-il. "L'incident souligne le potentiel pour de nouveaux incidents et le risque aussi de voir l'Eufor aspirée plus profondément dans des
conflits régionaux".
 
L'affaire risque aussi d'apporter de l'eau au moulin des détracteurs de l'Eufor que gêne la présence, excessive à leurs yeux, de la France
dans ses rangs et de la neutralité présumée de la force européenne. Paris, qui dispose déjà d'un dispositif aéroterrestre conséquent au
Tchad, fournira plus de la moitié des effectifs de l'Eufor.
 
Avec Pascal Fletcher à Dakar, version française Jean-Loup Fiévet

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