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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 03:59
Amnesty International
 
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«Nous avons reçu des informations selon lesquelles le 6 février, au moins trois hommes auraient été exécutés par des membres de l'armée tchadienne. Leurs corps sans vie ont ensuite été jetés dans le fleuve Chari.
 
En cette matinée du 7 février, leurs cadavres auraient été repêchés par des agents de l'administration tchadienne », a indiqué Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d'Amnesty International.

On ignore l'identité de ces trois hommes, mais on pense qu'ils appartiennent au même groupe ethnique que les groupes armés d'opposition qui ont mené des attaques contre la capitale N'Djamena durant le week-end.

L'organisation craint que les autorités tchadiennes ne se lancent dans une chasse aux sorcières d'envergure pour traquer les personnes perçues comme appartenant aux groupes armés d'opposition.

Alors que le président Idriss Déby, le 6 février, a insisté sur le fait que les forces gouvernementales avaient repris le contrôle du pays, il ajoutait que certains rebelles se trouvaient à N'Djamena déguisés en civils.

Amnesty International a reçu des informations qui laissent entendre que l'armée tchadienne va poursuivre ses arrestations illégales visant des civils et des membres de la société civile, notamment des journalistes et des défenseurs des droits humains.

Le rôle de la France

Le 6 février, jour où les exécutions extrajudiciaires auraient eu lieu, le ministre français de la Défense Hervé Morin, présent à N'Djamena, a assuré le président Idriss Déby du soutien sans faille de la France.

«Les exécutions extrajudiciaires et les arrestations arbitraires constituent de graves violations des droits fondamentaux et sont proscrites par la loi tchadienne et les instruments internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Tchad est partie.

Elles doivent cesser immédiatement, a déclaré Tawanda Hondora.
«Nous exhortons la France à user de son influence pour inciter les autorités tchadiennes à enquêter sur ces exécutions extrajudiciaires présumées et à prévenir de tels agissements. Leurs auteurs doivent être tenus pour pénalement responsables.»

Les opposants politiques

Amnesty International a lancé dès le 5 février 2008 une action en faveur de quatre dirigeants tchadiens de l'opposition arrêtés par les forces de sécurité à N'Djamena le 3 février.

Lol Mahamat Choua, Ngarlejy Yorongar, Ibni Oumar Mahamat Saleh et Wadel Abdelkader Kamougué sont des personnalités renommées de l'opposition politique.

Bien qu'on ignore toujours où ils se trouvent, des informations reçues par Amnesty International laissent à penser qu'ils seraient actuellement détenus dans le palais présidentiel et qu'ils risquent de graves risques d'être torturés o victimes de disparitions forcées.

«Le gouvernement tchadien doit sans plus attendre révéler ce qu'il est advenu des quatre hommes et dévoiler les motifs de leur arrestation. Il doit également informer leurs familles et leurs avocats de leur sort. Enfin, les autorités doivent les inculper d'une infraction prévue par la loi ou les libérer sans délai.»

«Il semble que le gouvernement tchadien profite du conflit actuel avec l'opposition armée pour mettre derrière les barreaux des personnes qui dénoncent sa politique de manière pacifique, a poursuivi Tawanda Hondora.

«Tandis que le monde a les yeux rivés sur les combats qui font rage, ces personnes sont arrêtées chez elles - et nous ne savons pas ce qui va leur arriver par la suite.»

RESUME DE LA SITUATION

Depuis 2003, répartis dans 12 camps de réfugiés au Tchad, 240 000 Darfouris ont fui devant les attaques perpétrées contre leurs villages par les forces armées soudanaises, les milices Janjawids et des groupes armés d'opposition. Ils dépendent presque entièrement de l'aide humanitaire.

En 2005, les attaques se sont progressivement étendues au Tchad où des groupes armés ont pillé des villages et tué des fermiers locaux, en s'en prenant spécifiquement aux membres de certains groupes ethniques comme les Dajos et les Masalits, systématiquement et inlassablement chassés de chez eux. Plus de 180 000 Tchadiens vivent aujourd'hui dans des campements installés dans et autour des camps de réfugiés dans l'est du Tchad.

Les principaux responsables sont des miliciens connus sous le nom de Janjawids - dont certains sont originaires du Soudan et d'autres du Tchad -, ainsi que d'autres groupes armés tchadiens. Le gouvernement du Soudan n'a pris aucune mesure pour empêcher ces attaques transfrontalières, laissant ainsi les Janjawids, souvent porteurs de cartes d'identité de paramilitaires soudanais, attaquer, piller et tuer sur le territoire tchadien comme ils l'ont fait au Darfour.

Le Soudan et le Tchad s'accusent mutuellement d'appuyer, de protéger et d'armer les groupes armés d'opposition.

Les relations entre les deux pays se sont détériorées à tel point que, le 28 novembre 2006, le gouvernement tchadien s'est dit en «état de guerre» avec le Soudan.

Le 25 septembre 2007, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité la résolution 1778, autorisant la mise en place dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine d'une opération des Nations unies (MINURCAT), appuyée par une force militaire européenne, l'EUFOR.

Selon les termes de cette résolution, en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies, l'EUFOR a pour mandat de contribuer à la protection des civils.

Face à l'intensification du conflit entre le gouvernement tchadien et les mouvements rebelles, notamment lors des 2 et 3 février 2008,
les forces de l'EUFOR ont retardé leur déploiement pour le faire débuter qu' à partir du 12 février.

L'aggravation du conflit pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la population déjà très affectée de l'est du Tchad. L'insécurité a contraint les organismes internationaux d'aide humanitaire à évacuer leur personnel des camps de réfugiés, et les autorités ont fait de même avec les gendarmes qui assuraient un minimum de sécurité dans les camps.

«Les civils tchadiens ont un besoin urgent de protection et de services de base. Les organisations humanitaires devraient être autorisées à intervenir librement et sans crainte partout dans le pays.»
«L'aggravation des tensions va avoir des conséquences désastreuses pour les hommes, les femmes et les enfants qui attendent depuis si longtemps d'être protégés», a conclu Tawanda Hondora.
 
 
News Press 03/03/2008 12:34

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