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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 14:51
centrafrique-copie-1.gifLors de son allocution du 31 décembre 2006, le général Bozizé, au départ hostile à l’idée même du dialogue et après avoir longtemps fait la sourde oreille, cédait en marquant enfin son adhésion afin de donner quelque chance à ce que ce dialogue puisse ramener une paix durable et mettre un terme à la crise politico-militaire endémique que connaît la RCA depuis des lustres et qui hypothèque gravement son épanouissement.

Un an après, fin décembre 2007, force est de constater que ce dialogue national inclusif n’a toujours pas eu lieuet cela ne peut arranger que Bozizé qui y trouve parfaitement son compte. Il a choisi exprès de gagner du temps en voulant rester maître du jeu et en privilégiant le dialogue de sourd avec des leaders peu représentatifs et contestés des mouvements de rébellion armée qui écument l’arrière-pays.

Après avoir initialement chargé le pasteur Isaac Zokoué et le groupe des Sages de prendre les contacts préliminaires préparatoires à la tenue de ce dialogue,  ce dernier est brutalement récusé pour avoir prétendument outrepassé son mandat après avoir rencontré en février 2007 à Lomé, le président Ange Félix Patassé pour recueillir les vues de celui-ci au sujet de la situation nationale et en particulier sur la tenue du fameux dialogue national. Puis ce fut les épisodes très peu glorieux mais tonitruants de signatures d’accord prétendument de paix restés sans effets significatifs à ce jour avec Abdoulaye Miskine et Zakaria Damane.

Malgré les gesticulations du régime de Bozizé et les effets d’optique destinés à tromper les naïfs, ce qui caractérise actuellement la situation en République centrafricaine est une aggravation inexorable des conditions de vie au quotidien des citoyens. Ceux-ci ne perçoivent nullement l’impact des milliards déversés par les bailleurs de fonds et la communauté financière internationale dont le régime ne cesse d’annoncer qu’elle a renoué avec la RCA. L’année 2008 qui commence avec une grève générale des syndicats qui exigent le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire du secteur public est bien la preuve que le pays va très mal.

Le triste spectacle auquel assiste résigné le peuple est celui de la prédation systématique des maigres ressources de l’Etat et du bradage au seul profit de Bozizé et son clan des richesses naturelles du pays. Le cas de l’uranium de Bakouma est éloquent. Après avoir empoché des milliards de F CFA à leur seul profit – aucun versement n’a été effectué au trésor centrafricain - en concédant les mines de Bakouma à Uramin,  Bozizé et son neveu Sylvain Ndoutingaï voulaient récidiver avec Areva à qui ils voulaient imposer un droit d’entrée. Mal leur en a pris car celle-ci exige préalablement l’ouverture d’un compte au trésor centrafricain avant tout décaissement. C’est la raison du bras de fer actuel entre le clan Bozizé et le numéro un français du nucléaire civil. 

Craignant son ambitieux neveu Ndoutingaï très détesté à Paris et ne sachant plus quoi faire, Bozizé a cru devoir dépêcher entre temps son complice et ministre des affaires étrangères auprès de Mme Anne Lauvergeon la présidente d’Areva mais la cupidité du fameux ministre a pris le dessus et ce dernier s’en est tiré avec un chèque de plus de cent milles euros pour garnir son propre son compte. L’affaire remonte jusqu’à Sarkozy qui n’a pas manqué de le reprocher à Bozizé à qui il a dû demander, lors de leur furtive rencontre du 19 novembre dernier, de lutter fermement contre la corruption de certains de ses ministres.

Une nouvelle année commence mais les Centrafricains sont-ils irrémédiablement condamnés à endurer jusqu’à plus soif, les affres du régime Bozizé qui continue de les mener en bateau ?  Quoi d'étonnant que ce soit son épouse qui monte au créneau pour tancer à la radio ses propres ministres ! D'ici là si son mari fait d'elle le Premier ministre, il n'y aura rien de surprenant. Pour l'heure, c'est le nom  du directeur national de la Beac, Enoch Dérant Lakoué qui revient souvent pour la primature.
Quant au dialogue national inclusif, aura-t-il vraiment lieu ?  
 
04.01.2008

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