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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 14:45
image001.jpgLe 31 Décembre 2006, le Président François Bozizé Yangounvounda avait pris devant le peuple centrafricain tout entier et devant l’Histoire l’engagement solennel de réunir très rapidement, courrant 2007 qui commençait, un dialogue politique national sans exclusive permettant à toutes les filles et tous les fils de Centrafrique de se retrouver au tour de la table pour se parler et jeter, ensemble, les bases de réconciliation nationale et fraternelle. Ce dialogue demeure, à n’en plus douter, la seule bouée de sauvetage à laquelle notre peuple meurtri ne peut s’accrocher. Le peuple tout entier a fondé son espoir de voir enfin la paix revenir et a applaudi ce qui eût pu être une heureuse initiative, parce que pour lui, le moment était enfin venu pour tourner la page et envisager avec confiance un avenir meilleur. Quel peuple ne peut croire à telle perspective annoncée d’un retour à la paix ?

Dans la lancée, les politiques et le peuple lui-même, avaient approuvé sans réserve la décision de leur Président et se sont mobilisés, dans un élan patriotique  pour garantir la réussite de ce forum de dernière chance, tant attendu. C’est en toute connaissance de cause que le Président Ange Félix Patassé, entre autre, avait  reçu en Février 2007 à Lomé au Togo le Révérend  Pasteur Isaac Zokoué. Des propositions claires et constructives avaient été formulées aux fins de donner toute sa chance à ce dialogue. Pour leur part, des leaders des partis politiques d’opposition, tel que le courageux  Joseph Béndounga, se sont impliqués corps et âme dans le seul but de créer de conditions relativement meilleures nécessaires à  la tenue du dialogue. Les centrafricains patriotes de la diaspora, à l’image des co-signataires du « Manifeste pour la convocation d’un dialogue national véritablement inclusif », ne ménagent aucun effort pour accompagner leurs compatriotes de l’intérieur, dans cette démarche historique, à haute teneur patriotique, bien que d’autres préfèrent lâchement se retrancher dans un défaitisme incompréhensible. Bref, la Centrafrique est debout, prête à prendre enfin en main son destin.

Douze mois se sont écoulés ; Le Président tourne en rond, usant des méthodes dilatoires bien connues avec de fréquentes fuites en avant. Une posture qui met à nu le manque manifeste de volonté politique d’aller au dialogue. Au lieu d’écouter la volonté du peuple qui remonte du pays profond, réclamant impérativement la réconciliation nationale entre tous les fils et filles de Centrafrique, à travers la tenue d’un dialogue inclusif, Le Président Bozizé préfère écouter, comme à l’accoutumée, « les faucons » cupides de son clan et les opportunistes sans loi ni foi, dont la préoccupation éternelle est de se maintenir aussi longtemps que possible au tour de la mangeoire afin de se le mettre suffisamment en poche. Parmi  eux, figurent ceux dont la spécialité est de manger à tous les râteliers ; On les a vus sous les régimes Bokassa, Dacko 2, Kolingba et sous celui de Patassé notamment. Ils disposent d’une capacité inouïe d’opérer des mues et de celle de  scier, le moment venu, les branches sous les chefs d’Etats qu’ils feignent hypocritement de servir. C’est eux qui demain assureront la perte de Bozizé comme ils l’ont fait pour ses prédécesseurs !
L’intelligence de l’homme lui donne la capacité de tirer leçon des expériences, positives ou négatives des autres. Demain, je ne pense pas que ces opportunistes experts, agglutinés au sein du conglomérat « KNK » puissent être d’un quelconque secours pour sauver la tête de Bozizé. Leur préoccupation immédiate sera de réussir à changer de veste afin de continuer avec les nouvelles autorités. Il a tout intérêt à se plier à la volonté du peuple en accédant à ses revendications légitimes et faire de lui son allié objectif.

Les atermoiements et autres louvoiements sordides du Président visent à vider le dialogue de sa substance, de le contrôler afin de le tourner à son propre profit. Les hésitations du Président Bozizé montrent clairement que celui-ci a une peur bleue et craint que les actes finaux du dialogue ne le poussent, in fine, à quitter son fauteuil. C’est là le nœud du problème qui explique son obsession. Les opportunistes se cabrent pour le dissuader de l’organiser, car eux aussi craignent pour leurs privilèges en ce sens que le départ de Bozizé signifierait la fin logique de leur vie de prédation. Ils ont imaginé le modèle tchadien en s’engageant dans la voie des « accords » séparés avec la Résistance armée, croyant ainsi faire un pied de nez aux centrafricains et enterrer le Dialogue.
Mais cette démarche, pour le moins irréaliste et naïve, a fait long feu et nous voilà revenus à la case de départ. Et l’on se prend à rêver sur le déploiement de la force européenne (EUFOR) pour « gêner les rebelles » ( Bozizé dixit).
L’EUFOR ne sera pas là pour faire le gendarme ; A travers elle, la France entend contrôler les mines d’uranium et les gisements de Pétrole du Nord de Centrafrique. Ne pas le comprendre relèverait d’une cécité politique grave. D’où la nécessité absolue de se référer au modèle Ivoirien dont l’avantage est de croire que le salut d’un peuple ne peut venir de e ce peuple lui-même. La paix en Côte d’Ivoire doit surgir des Ivoirien eux-mêmes et c’est ce que les parties en belligérance  depuis plus de 6 ans ont enfin compris. Pourquoi ne doit on copier que des mauvais exemples ? Le modèle tchadien est mauvais et ne convient pas au contexte centrafricain. L’expérience nous l’a montré.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Plutôt que d’exhiber les biceps comme le Président vient de le montrer en menaçant de faire déferler la répression sur ceux dont le seul tort est de réclamer leur dû afin de nourrir dignement leurs familles, en quoi l’usage des « pouvoirs spéciaux conférés par la constitution » changeraient –il la réalité politique de notre pays et instaurerait-il la paix ?
Le Président Bozizé devrait plutôt prendre des leçons auprès de Gbagbo. On raconte dans les azimuts qu’il s’est flanqué d’un « conseiller » Ivoirien ; à quoi sert-il ? 
 
Bozizé doit prouver sa volonté d’aller au dialogue. Il doit prendre des séries de mesures d’apaisement au profit de tous les fils et toutes les filles de Centrafrique.
La première de ces mesures reste incontestablement l’amnistie générale en faveur des compatriotes contraints à l’exil en violation de leur droit constitutionnel. Cela contribuerait, puissamment tant s’en faut, à décrisper l’atmosphère  délétère qui prévaut dangereusement, et garantir le retour de ces compatriotes afin de prendre sereinement part au dialogue.
La seconde mesure est d’arrêter l’usage de la force comme mode règlement de conflit et convoquer dans les meilleurs délais le dialogue.
Bozizé se mettrait ainsi dans une posture politique de rassembleur. Cela est urgent, cela est nécessaire, il doit le faire. « Mboutou ndou, a dou so ndou ! »

Fait à Paris, le 28 Janvier 2008 
Djim-Arem MAITART


« La voix qui crie dans le désert »

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Centrafrique-Presse.com - dans DIALOGUE INCLUSIF