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Dimanche 4 mai 2008



 

Libreville, 04/05 - Jean-Jacques Demafouth, le leader politique de l`Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), principale rébellion centrafricaine, a appelé gouvernement et autres mouvements rebelles à adopter un "programme commun" pour que le pays "sorte la tête de l`eau".

"Il faut que nous concevions un programme commun de gestion du pays", a affirmé M. Demafouth lors d`un entretien samedi avec l`AFP.

Le leader de l`APRD était à Libreville pour signer un accord de paix avec le gouvernement en vue du "dialogue politique" entre pouvoir, opposition non armée, société civile et groupes rebelles, qui doit s`ouvrir au plus tard le 8 juin.

"Il faut un programme commun pour les deux ou trois ans à venir. Avec, par exemple, la création d`une armée républicaine, la formation de 400 ou 500 médecins, et d`autres objectifs à déterminer", a-t-il déclaré.

"Pendant cette période, chacun s`engage à ce qu`il n`y ait pas de troubles. Cela pourrait nous permettre de sortir la tête de l`eau (...) Et après, on peut organiser des élections démocratiques claires", précise M. Demafouth, ancien ministre de la Défense de l`ex-président Ange-Félix Patassé, renversé en 2003 par l`actuel chef de l`Etat François Bozizé.

"En ce moment tout le monde navigue à vue, il n`y pas d`objectif à atteindre. Il nous faut créer les conditions d`un nouvelle +transition+. Avec Bozizé, pourquoi pas?", ajoute M. Demafouth, devenu chef politique de l`APRD fin mars.

"Il faut profiter du fait que la communauté internationale s`intéresse à notre région. Qu`attendons-nous pour reconstruire notre armée? Créons les conditions de fusion entre l`armée gouvernementale, l`APRD, l`UFRD (l`Union des forces démocratiques pour le rassemblement) et autres pour qu`il y ait une armée républicaine", suggère M. Demafouth, poursuivi par la justice de son pays dans le cadre de l`assassinat de cinq proches de l`ex-président André Kolingba en novembre 1999 et qui vit en exil en France depuis 2003.

M. Demafouth, qui nie toute implication dans ces meurtres et souligne que son "chef d`état-major n`était autre que le général Bozizé", préconise une "amnistie générale" pour tous ainsi que "la libération de tous les militants, cadres de l`APRD actuellement détenus".

"Il faut créer les conditions pour que l`APRD puisse se transformer en parti politique et/ou reverser ses éléments dans l`armée centrafricaine ou les forces de sécurité", dit-il.

M. Demafouth, candidat à la présidentielle 2005 mais qui n`avait pas pu faire campagne dans le pays en raison des charges qui pèsent sur lui, se montre très critique vis-à-vis du régime de M. Bozizé "pourtant reconnu par la communauté internationale".

"Ce n`est pas parce que vous avez été élu qu`il faut massacrer votre population. La Centrafrique n`est plus une démocratie", estime-t-il. "L`armée n`arrive pas à assurer le contrôle de l`ensemble du territoire, ni la quiétude pour les populations, ni la libre circulation des biens et des personnes".

"L`APRD est entrée en rébellion parce qu`on a volé les élections, on a mis le pays en situation de dictature, on s`est montré incapable de gérer le problème des coupeurs de route, la gestion économique est une faillite, etc.", poursuit-il.

"Le tribalisme a atteint son apogée avec Bozizé. Le pays n`appartient pas à une famille", lance M. Demafouth, accusant aussi la garde présidentielle de nombreuses "exactions".

L`APRD et le gouvernement devraient "signer un accord de paix sous la médiation du président du Gabon" (Omar Bongo Ondimba) dans les prochains jours, a récemment déclaré à l`AFP le chef du Bureau de l`ONU en Centrafrique (Bonuca) François Lonsény Fall.

Les deux autres principaux mouvements rebelles, (UFDR), présents dans le nord-est, et le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) d`Abdoulaye Miskine ont déjà signé l`an dernier des accords de paix avec Bangui.

 

par Centrafrique-Presse.com publié dans : Nation
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Dimanche 4 mai 2008



 

AFP 03.05.08 | 14h32

 

La rébellion centrafricaine de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) a affirmé samedi que des soldats centrafricains avaient pénétré dans une zone sous son contrôle, provoquant des combats alors que des négociations de paix sont prévues prochainement.  L'armée centrafricaine a toutefois démenti tout accrochage dans la zone.

 

Jeudi "un convoi militaire de l'armée centrafricaine est entré dans une zone de l'APRD dans le secteur de Bocaranga (nord-est, près de la frontière tchado-camerounaise). Leur attitude était très offensive et l'APRD a donc organisé une embuscade. Les pertes ont été lourdes pour l'armée", a affirmé à l'AFP le chef politique de l'APRD Jean-Jacques Demafouth à Libreville pour négocier la paix avec le gouvernement.

 

"C'est faux. L'armée n'a pas eu de d'accrochages avec l'APRD. Les derniers accrochages remontent aux 3, 6 et 24 avril", a démenti à Bangui, le Centre des Commandements des Opérations (CCOP) de l'armée centrafricaine.

 

M. Demafouth, ancien ministre de la défense, affirme également qu'un détachement de la garde présidentielle centrafricaine a quitté samedi Bossangoa (également dans le nord-est à 300km de Bangui) pour en découdre avec l'APRD.

 

Selon lui, "l'armée tente de mettre la pression sur l'APRD alors que je suis ici à Libreville pour négocier l'accord de paix avec le gouvernement", a-t-il ajouté. "Malheureusement pour le gouvernement, cela ne se passe comme il veut".

 

M. Demafouth, poursuivi par la justice de son pays dans le cadre de l'assassinat de cinq proches de l'ex-président André Kolingba en novembre 1999 et qui vit en exil en France, est arrivé vendredi à Libreville où il a été invité par "les autorités gabonaises".

 

Le chef du Bureau de l'ONU en Centrafrique (Bonuca) François Lonsény Fall avait affirmé à l'AFP fin avril que "Le gouvernement était prêt à signer un accord de paix avec l'APRD sous la médiation du président du Gabon" (Omar Bongo Ondimba)"."L'accord sera signé très bientôt à Libreville", avait-il ajouté.

 

L'APRD est active dans le nord-ouest de la Centrafrique, en proie à l'insécurité depuis 2005. Mais, après la désignation comme chef le mois dernier de Jean-Jacques Demafouth, ce mouvement a accepté de participer à la préparation d'un "dialogue politique inclusif" entre pouvoir, opposition non armée, société civile et groupes rebelles qui doit s'ouvrir au plus tard le 8 juin.

Le comité préparatoire de ce dialogue, au sein duquel l'APRD était représentée, a recommandé vendredi qu'un accord de paix soit signé entre cette rébellion et les autorités, avant le forum intercentrafricain.

 

Les deux autres principaux mouvements rebelles, l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), présente dans le nord-est, et le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) d'Abdoulaye Miskine ont déjà signé l'an dernier des accords de paix avec Bangui.

par Centrafrique-Presse.com publié dans : Nation
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