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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 00:55

 

 

 

 

Pas plus tard que jeudi 3 octobre, la France a déposé un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations-Unies. Quinze(15) pays membres dudit Conseil ont commencé à examiner ce projet.

 

C’est quoi exactement une résolution ?

 

Tout d’abord, il serait opportun d’expliquer au grand nombre qu’une résolution est l’ensemble d’une décision ou des décisions prises au sein du Conseil de sécurité ou de l’Assemblée générale de l’ONU. Au niveau du Conseil de sécurité, cette résolution est un texte qui a une valeur juridique très contraignante. Dans le droit international, elle est consacrée à l’article 25 de la Charte des Nations Unies. Une fois que la résolution est votée, « les membres de l’Organisation conviennent d’accepter et d’appliquer les décisions du Conseil de sécurité conformément à la présente Charte ».

 

Qu’est-ce que la France a donc prévu dans son projet de résolution concernant le Centrafrique?

 

Dans ce projet de résolution, la France estime notamment que la force panafricaine présente en Centrafrique (FOMAC) et bientôt, peut-être la Mission internationale de soutien en Centrafrique (MISCA), devrait être renforcée pour tenter de rétablir l'ordre sur tout le territoire centrafricain, qui depuis est plongé dans une anarchie sans précédente à la suite du renversement en mars du Président François BOZIZE par une coalition rebelle dite la Seleka. Il faut signaler que cette force tarde à venir dans le cadre du Chapitre VII, article 43 al 1, 2 et 3, de la Charte des Nations Unies.

 

Que disent le Chapitre VII, l'article 43 et ses alinéas ?

 

Chapitre VII : Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression

 

Article 43

 

1. Tous les Membres des Nations Unies, afin de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité internationale, s'engagent à mettre à la disposition du Conseil de sécurité, sur son invitation et conformément à un accord spécial ou à des accords spéciaux, les forces armées, l'assistance et les facilités, y compris le droit de passage, nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

 

2. L'accord ou les accords susvisés fixeront les effectifs et la nature de ces forces, leur degré de préparation et leur emplacement général, ainsi que la nature des facilités et de l'assistance à fournir.

 

3. L'accord ou les accords seront négociés aussitôt que possible, sur l'initiative du Conseil de sécurité.. Ils seront conclus entre le Conseil de sécurité et des Membres de l'Organisation, ou entre le Conseil de sécurité et des groupes de Membres de l'Organisation, et devront être ratifiés par les États signataires selon leurs règles constitutionnelles respectives.

 

Est-ce qu’aujourd’hui la Communauté internationale est prête à reconnaître que le peuple centrafricain est non seulement agressé militairement, mais aussi humilié, violé, massacré, torturé et qu’il subit toutes sortes d’actes de barbarie ? Si oui, alors le projet de la résolution doit avoir une portée plus large qu’un simple renforcement de la MISCA. La France doit cependant compléter la liste de ses propositions, ceci, en écoutant les cris du peuple centrafricain.

 

On peut clamer tous ce fait d’envoyer un renfort à cette force panafricaine qui ne compte que 1400 hommes à ce jour contrairement à ce qui a été prévu , c’est-à-dire 3600, mais rien ne pourra changer si aucune résolution n’oblige le Tchad et le Soudan à rappeler d’urgence leurs ressortissants qui sèment la terreur en République centrafricaine. Il faut le dire, ce sont les Zaggawas et les Djandjawids qui sont les éléments perturbateurs dans ce pays. Il pourrait beau  avoir des textes votés mais si ces envahisseurs assassins demeurent en Centrafrique, aucune sécurité n’y règnera. Ils seront désarmés certes, mais il faut dire qu’ils vont se fondre dans la masse au sein de la société centrafricaine et vont devenir demain encore le vrai cauchemar de la population en général et de ceux qui les ont fait venir en particuliers car ils n’auront plus grand-chose à racketter chez les pauvres citoyens et ils se retourneront contre eux. Ils deviendront des « coupeurs de routes », c’est-à-dire des bandits de grands chemins ; ils attaqueront ceux qu’ils protègent aujourd’hui, qui sont leurs « collabo » éléveurs peuls et emporteront tout leur cheptel, car ils n’auront plus de compte à rendre à qui que ce soit. Ils auront certes d’autres moyens de se doter d’armes à nouveau pour contrôler des zones de richesses centrafricaines comme le fait la LRA depuis, deviendront les ennemis numéro un public, commettront des trafiques de tout genre sur le sol centrafricain en toute impunité.

 

L’idée serait donc en ce moment de ne pas soigner les maux, mais d’attaquer directement les causes. Si les mercenaires tchado-soudanais et les éléments de la LRA quittent le territoire centrafricain, la sécurité reviendra en claire d’elle-même et naturellement.

 

Que pense le peuple centrafricain de ce projet de résolution déposé par la France ?

 

Ce qui est sûr, tout le monde ou presque tous les centrafricains disent qu’enfin la Communauté internationale, grâce au travail de la France s’empare des maux centrafricains. Mais rien n’est encore effectif et suffisant. Car il y a des revendications dont les centrafricains scandent depuis des mois et des mois et qu’à la grande surprise générale, certaines de ces revendications ne figurent pas pour le moment dans ce projet de résolution.

 

Le peuple pense aussi que les centrafricains sont agressés sur leur propre sol même si tout le monde sait que ces agresseurs sont sollicités par les autorités actuelles et qu’ils exécutent le plan machiavélique de leurs chefs de guerre qui aujourd’hui n’arrivent plus à les contrôler.

 

Donc le peuple demande l’application entre autre de l’article 51 du Chapitre VII de la charte qui dit clairement qu’ «  aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée, jusqu'à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales.

 

Les mesures prises par des Membres dans l'exercice de ce droit de légitime défense sont immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité et n'affectent en rien le pouvoir et le devoir qu'a le Conseil, en vertu de la présente Charte, d'agir à tout moment de la manière qu'il juge nécessaire pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales. » Donc le Conseil peut se référer à l’article 44 qui prévoit le recours à la force et non de mettre sur le terrain une simple force d’interposition mais d’intervention et de riposte comme cela a été le cas le jeudi 28 mars quand l’ONU a adopté la résolution 2098 créant une brigade spéciale chargée de combattre les groupes armés opérant dans l’Est de la République démocratique du Congo (Nord Kivu) dont la MONUSCO.

 

Ceci étant, on ne comprend pas pourquoi ces agresseurs considèrent en dépit de leur massacre les groupes d’auto-défenses en Centrafrique, plus particulièrement dans la localité de Bossangoa, comme des groupes rebelles. Ils doivent comprendre que la population n’a pas besoin d’eux au sein de leur communauté. Il serait difficile pour cette population de vivre avec son propre bourreau d’hier même s’il y a désarmement et cantonnement. La notion du vivre ensemble avec ces assassins semeurs de terreurs serait difficile en réalité.(Et s’il y a cantonnement, c’est pourquoi faire après ?) En plus de quoi, ils se revendiquent déjà d’être soldats centrafricains car la coalition a été dissoute. Mais que vont devenir ces maisons et villas qui sont occupées aujourd'hui par des officiers tchado-soudanais de l’ex-seleka s’ils ne veulent pas les quitter ou s’il n’y a aucune résolution qui prévoit leur cantonnement et leur rapatriement ?

 

On est en Centrafrique, le pays de tous les paradoxes, comme le dit souvent un de mes concitoyens.

 

Quelles sont les revendications et les propositions du centrafricain d’ici et d’ailleurs?

 

Le-la  centrafricain-ne d'ici ou d'ailleurs demande catégoriquement qu’il y ait :

 

Le retour à une PAIX et une SECURITE durables en Centrafrique,

Le DEPLOIMENT des troupes MISCA en SOUTIEN à l’Armée Nationale dans les seize (16) Préfectures du pays,

Le RETRAIT IMMEDIAT de toutes les troupes armées irrégulières (y compris la LRA qui, depuis des années, sévit en toute impunité dans l’est du pays),

Et l’application de la JUSTICE pour condamner les coupables des exactions

 

Que se passe-t-il au niveau de l’Union européenne par rapport à la République centrafricaine ?

 

Aux dernières nouvelles venues de Bruxelles, l’Union européenne serait prête à venir au soutien à la nouvelle force panafricaine, la MISCA au niveau financier et matériel si une résolution concernant une opération de maintien de la paix est votée. L’UE pense tout de même que « cette crise sans précédente comme ses conséquences au plan régional, de la société humanitaire » requièrent « une réponse internationale coordonnée, forte et revêtant plusieurs dimensions. » Affaire à suivre donc.

 

 

Au niveau international

 

La résolution demande aussi à l'ONU de renforcer sa mission actuelle, le Binuca (Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en RCA) en développant ses activités en dehors de Bangui, sous la protection d'une «force neutre», et en déployant davantage d'experts en droits de l'homme. Selon l'ONU et des ONG, des éléments incontrôlés de la Séléka ont commis de graves exactions contre les civils. Il faut rappeler ceci concernant ce Bureau ; 21 décembre 2011 - Résolution 2031 renouvelant le mandat du BINUCA jusqu’au 31 janvier 2013. Une présence perpétuelle du Bureau dans un Etat inexistant ?

 

Au niveau africain

 

La CEEAC, la CEMAC et l’UA ont essayé en préliminaire de mettre en place la FOMAC, bientôt transformée en  MISCA grâce au soutien de la Communauté internationale et qui sera sous l’égide de l’UA suite au chaos centrafricain d'il y a six(6) mois, d’ailleurs il faut dire que cette force africaine peine à œuvrer déjà au niveau de la capitale Bangui car des éléments du contingent tchadien s’opposent à certaines opérations de désarment. Encore pire dans les provinces, là où les populations sont abandonnées à leur triste sort. Les chefs de guerre seleka y règnent en maîtres, plus d’administration: ils démettent et nomment qui ils veulent. En un mot un Etat de non droits dans l’arrière pays. Tous les jours, les populations vivent avec la peur au ventre.

 

Le Cameroun de Biya agit dans l’ombre à la frontière Centro-camerounaise et on note néanmoins une présence de la FOMAC camerounaise pour maintenir l’ordre. Par exemple, la recente arrestation d’Abdoulay Miksine. Acte louable au niveau de Bangui sans que cela ne soit médiatisé.

 

Sassou Nguessou, le parrain de la transition pourvoit pour l’instant au moyen  financier en dépit de ses soldats sur le territoire centrafricain depuis le début de la crise.

 

Deby  décide  d’imposer directement sa loi à Bangui via le président de transition Michel Djotodia afin d’empêcher toute tentative de déstabilisation de sa frontière ; c’est la cause réelle du renfort des effectifs de la FOMAC tchadienne au sein de cette force panafricaine ; informations relayées par des sources diplomatiques et militaires.

 

Infine, la République centrafricaine est devenue un sol ou les faiseurs de lois étrangers y font la pluie et le beau temps, sans demander l’avis du peuple. Est-ce que le Centrafrique est-il entrain de devenir un simple territoire comme la Palestine ? Où sera-t-il un jour un gouvernorat tchadien ou soudanais avec une autorité qui sera nommée par Ndjamena ou Khartoum officiellement un jour? Aucune autorité centrafricaine ne maîtrise plus rien jusqu’ici au niveau politique, administratif et militaire. Tout se passe à l’extérieur sans demander l’avis du peuple centrafricain. Les autorités centrafricaines sont dépourvues de tout moyen de pression et ne peuvent plus s’imposer en quoi que ce soit. Elles disent amen à tout ce qui vient d’ailleurs.

 

Alors le mieux ce serait bien que la Communauté internationale via la France écoute ce qui sort de la bouche du peuple centrafricain afin de trouver des solutions adéquates par rapport à ce qu’il vit et non de se contenter de ce que les comploteurs et les « collabo » murmurent pour faire savoir qu’ils sont dépassés par la situation car c’est eux l’auteur de ces faits troubles faits.

 

Rocka Rollin LANDOUNG

Analyste du système international, ancien étudiant, Institut Catholique de Paris-ICP

landoungr@gmail.com

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