Recherche

Sommaire

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Mercredi 16 juillet 2008




 

La 48e session du comité de tutelle de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne (ASECNA), qui s'est déroulée le 12 juillet à Malabo, en Guinée Equatoriale, n'a pas pu régler l’épineux problème du départ du Sénégal de l’agence. Au terme des assises, l’ASECNA a sommé le Sénégal de restituer l’argent des redevances de balisage et d’atterrissage ainsi que le transfert du siège de Dakar. Le représentant sénégalais a préféré quitter la salle avant la fin des travaux.

 

La décision du Sénégal de quitter l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) était au centre des débats de la 48e réunion des ministres de tutelle de cette agence, ouverte le 12 juillet dernier à Malabo, la capitale équato-guinéenne.

«Notre assemblée annuelle se tient dans une zone de turbulence, marquée par la décision du Sénégal et de Madagascar de quitter l’agence» a déclaré à l’ouverture des travaux le ministre gabonais des transports, Dieudonné Mouiri Boussougou, président sortant du comité des ministres de tutelle de l’ASECNA.


Tout en précisant que Madagascar avait décidé de revenir sur sa décision, après plusieurs médiations, ce qui n’était pas le cas pour le Sénégal.


Les débats se sont révélés houleux entre le ministre sénégalais des transports, Farba Senghor, et ses homologues de l’agence, entraînant même le départ du représentant sénégalais avant la fin des travaux après qu’il ait vainement tenté à plusieurs reprises d’esquiver l’épineux dossier.

Les autres ministres ont néanmoins poursuivi l’ordre du jour de la réunion, et ont pris la décision de réclamer au Sénégal la restitution de l’ensemble des redevances collectées depuis la dénonciation par le Sénégal du contrat particulier. Ils estiment en effet que 56% des redevances à l’atterrissage appartiennent à l’ASECNA. De même que l’ensemble des redevances de balisage.

 
Un délai de 2 mois a été laissé au Sénégal avant la saisine de la justice. L’ASECNA réclame également le transfert de son siège qui était à Dakar. A cet effet, les participants ont ouvert un cahier de charge à l'intention des pays qui souhaitent accueillir ce siège. La décision sera rendue le 30 décembre prochain.


La Côte d’Ivoire aurait annoncé sa disposition à accueillir provisoirement le siège de l’ASECNA, avant que les ministres ne se prononcent sur le siège définitif. Pour ne pas arriver à cette situation, le président ivoirien Laurent Koudou Gbagbo aurait adressé, avant les assises de Malabo, un courrier à ses homologues gabonais Omar Bongo Ondimba et sénégalais Abdoulaye Wade leur demandant de revoir la position sénégalaise.


Membre créateur de l’ASECNA, le Sénégal abrite le siège de l’agence qui regroupe 17 pays africains ainsi que la France. Dakar accuse l’agence de ne pas investir ses importantes recettes dans la modernisation des installations, mais aussi de la mauvaise gestion.

 

15-07-2008    Source : Gaboneco.com 

par Centrafrique-Presse.com publié dans : Relations Internationales
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 16 juillet 2008



 








                 Luis Moreno Ocampo


LEMONDE.FR | 15.07.08 | 19h08  •  Mis à jour le 15.07.08 | 19h15

 

Pour Roland Marchal, chargé de recherche au CNRS, basé au CERI-Sciences Po Paris, la demande de mandat d'arrêt international visant le président soudanais, Omar Al-Bachir, n'est pas fondée légalement et risque de remettre en cause les efforts de paix au Darfour.

 

Plusieurs pays ont fait part de leur inquiétude après la demande, lundi 14 juillet, d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) visant le président soudanais, Omar Al-Bachir. Quelles conséquences cette demande peut-elle avoir sur le terrain ?

 

Le Darfour est le conflit qui mobilise le plus les opinions publiques occidentales. D'un strict point de vue humanitaire, la crise est contenue. Mais on peut noter une dégradation depuis l'échec des accords d'Abuja en mai 2006. Elle est imputable au gouvernement et à l'autonomisation des milices créées par Khartoum qui volent aujourd'hui de leurs propres ailes. Mais aussi aux divisions qui se sont produites au sein des groupes rebelles. Sur le plan politique, un nouveau médiateur vient d'être nommé. Il se serait sans doute bien passé de cette décision de la CPI pour entamer son mandat...

 

Mais il y a d'autres problèmes au Soudan. Notamment la mise en œuvre des accords Nord-Sud signés en janvier 2005. Les deux parties en conflit, le gouvernement de Khartoum et le gouvernement au Sud-Soudan, ont actuellement des désaccords importants, mais il y a des progrès sur d'autres dossiers. La demande de mandat d'arrêt du procureur de la CPI, M. Luis Moreno-Ocampo, peut remettre en cause ces avancées qui sont difficiles, mais réelles.


Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, est allé trop loin en s'en prenant à un chef d'Etat en exercice ?

 

La CPI me semble faire beaucoup de politique et peu de droit. Quand on lit le réquisitoire prononcé par M. Luis Moreno-Ocampo devant le Conseil de sécurité de l'ONU le 5 juin, la description qui est faite de la situation au Darfour est quand même assez hallucinée, et certaines comparaisons sont inacceptables. Dire aujourd'hui qu'il y a un génocide dans les camps de réfugiés, c'est de la rhétorique militante. Quelle que soit la réalité et les sentiments qu'on puisse avoir à l'égard d'Omar Al-Bachir, on ne peut pas le comparer à Hitler. Ce sont des erreurs infondées en termes d'analyse politique ou de terrain. Juridiquement, elles sont au mieux inutiles et au pire scandaleuses. 

 

Ce qui n'enlève rien à la responsabilité de Khartoum : on peut considérer d'un point de vue politique qu'Omar Al-Bachir, en tant que responsable d'un Etat qui a commis de telles atrocités, doit être puni, mais d'un point de vue juridique, c'est très léger. M. Luis Moreno-Ocampo est sans doute très populaire aujourd'hui dans certaines grandes capitales occidentales, y compris à Paris, mais dans les pays du tiers-monde il est perçu comme l'un des outils de l'Occident pour faire valoir son point de vue en prétendant que c'est le point de vue international.


Le Conseil de sécurité de l'ONU peut-il geler la procédure de la CPI ?

 

Tout d'abord, un panel de juges de la Cour va se pencher sur les preuves fournies par le procureur et décider s'il y a lieu d'émettre un mandat d'arrêt international. Cela va prendre au moins un mois et demi. Ensuite commenceront les choses sérieuses. Il semble qu'une disposition du traité de Rome permette au Conseil de sécurité de l'ONU de geler une procédure en cours. 

 

Mais au-delà du mandat d'arrêt visant Omar Al-Bachir, il y a un problème majeur : si on regarde l'incrimination, on a l'impression que n'importe quel dirigeant politique soudanais peut être demain visé par la CPI. Dans ce cas, ce n'est pas Omar Al-Bachir qui est visé comme personne, c'est un régime, et là on est dans une situation dont le flou juridique est évident. L'appareil d'Etat est incriminé dans son ensemble : comment reconstruire la paix dans ces conditions ? Je crois qu'il faudrait réfléchir un peu et ne pas se laisser aller à des effets de manche politiques qui nuisent à la crédibilité juridique de la cour.

 

Cette mise en accusation de Khartoum change-t-elle le rapport de force ?

 

Au Darfour, les rebelles ont l'impression avec cette demande de mandat d'arrêt qu'ils ont gagné une grande bataille : ils vont vouloir en gagner d'autres. Ces groupes vont se dire que c'est le moment ou jamais de modifier en leur faveur le rapport de force militaire. 

Cela peut provoquer des représailles de grande ampleur de la part du régime de Khartoum qui peut se dire qu'il n'a plus grand-chose à perdre. Et on repartira dans une escalade militaire comme celle qu'on avait connue il y a deux ans. Ce sera le prix payé par la population du Darfour pour voir la morale universelle s'appliquer dans leur pays.


La Chine, les Etats-Unis et l'ONU ont fait part de leur vive inquiétude...

 

Les Nations unies ont peur pour leurs personnels sur le terrain. La Chine, elle, constate, qu'il est évidemment très désagréable de voir son nom associé à un génocide, d'autant plus à quelques semaines du début des Jeux olympiques. 

 

Les Américains, eux, n'ont jamais été très enthousiastes vis-à-vis de la CPI, dont ils n'ont pas voté la création. L'administration Bush a beaucoup œuvré contre cette juridiction et s'était même abstenue, avec la Chine, lors du vote [au conseil de sécurité de l'ONU] de la résolution permettant la saisie de la CPI sur le Darfour. Dans leur idée, il s'agissait simplement d'envoyer un message fort à Khartoum pour obtenir une résolution rapide du conflit. Jamais ils n'avaient imaginé que la CPI irait aussi loin.

 

Un deuxième aspect, particulièrement important pour les Américains, concerne la lutte contre le terrorisme. On sait depuis septembre 2001, que le gouvernement soudanais a œuvré de façon concertée avec Washington sur cette question. Au point d'ailleurs que l'interlocuteur principal des Américains, le chef des services de sécurité, maître d'œuvre de la politique du régime soudanais au Darfour, a été invité à Langley, au siège de la CIA. On peut se poser la question suivante : dans quelle mesure le gouvernement soudanais va-t-il estimer devoir poursuivre sa coopération avec les Etats-Unis ?

 

Propos reccueillis par Soren Seelow

 

Omar Al-Bachir, le symbole d'un régime sanglant et autoritaire

 

LE MONDE | 14.07.08 | 13h11  •  Mis à jour le 14.07.08 | 15h28

 

NAIROBI, CORRESPONDANT



En deux décennies au pouvoir, il semblait en mesure de résister à tout. Avec sa mise en cause, lundi 14 juillet, par la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes commis au Darfour, voilà le président soudanais, Omar Al-Bachir, confronté à l'épreuve la plus difficile d'une existence sortie du rang. Quel chemin parcouru depuis sa naissance en 1944 dans une famille de paysans pauvres du nord de Khartoum ! En guise de capital, Omar Al-Bachir ne possède alors que son appartenance à l'une des trois tribus qui monopolisent le pouvoir au Soudan depuis l'indépendance. Il est entré tôt dans l'armée, y a gravi les échelons sans éclat, a complété sa formation de parachutiste en Egypte, prenant part à la guerre contre Israël en 1973, avant de combattre sans gloire, de retour au Soudan, la rébellion sudiste. Vers la fin des années 1980, ce n'est qu'un officier supérieur anonyme, à peine remarquable par sa piété.

 

Puis vient un matin, avant l'aube, le 30 juin 1989. Le régime parlementaire soudanais, à bout de souffle, s'effondre lorsque des unités de l'armée prennent l'aéroport, le palais présidentiel et bloquent les rues de Khartoum. Un groupe de quinze officiers vient de prendre le pouvoir, avec le soutien décisif de cellules islamistes. A la tête de la junte, on découvre Omar Al-Bachir, arrivé quelques jours plus tôt dans la capitale avec 175 hommes. Pourquoi lui? "Il avait l'avantage d'être un militaire, alors que l'armée était jugée hostile aux islamistes, mais surtout d'être considéré comme un homme très limité intellectuellement, et par conséquent inoffensif pour ceux qui tiraient les ficelles du coup d'Etat", se souvient Gérard Prunier, spécialiste du Soudan (auteur de Darfour, The Ambiguous Genocide, Cornell University Press).

 

Les premiers temps, il est impossible de déterminer quelles mains tiennent le pouvoir. Derrière la junte militaire, un parti, le Front national islamique (NIF), tire les ficelles. Hassan Al-Tourabi, le cerveau de la coalition islamiste à l'œuvre, tient à avancer masqué. Après le putsch, le "cheikh" Turabi est arrêté pour sauver les apparences. A sa sortie de prison, il s'installe dans son rôle d'éminence grise, au milieu d'âpres luttes entre factions, qui s'arrachent des pans du pouvoir.

 

D'entrée, Omar Al-Bachir, l'homme de paille, prétend jouer à l'homme de fer. Quelques jours après le coup d'Etat, il prend la parole dans un meeting, Coran dans une main, Kalachnikov dans l'autre : "Toute personne qui trahit la patrie ne bénéficie pas du droit de vivre." Principe aussitôt mis en application. En avril 1990, 28 officiers sont exécutés. D'autres suivront, alors que se multiplient purges, arrestations, chambres de tortures secrètes, amputations, flagellations. Au Sud Soudan, la sale guerre contre la rébellion sudiste s'amplifie, avec l'organisation de forces paramilitaires, les Forces de défense populaires, et des milices recrutées au sein des tribus arabes, qui vont laisser un sillon de feu et d'abomination dans les villages.

 

A Khartoum, Hassan Al-Turabi, maître de l'ombre, tisse des paradoxes soyeux, émaille ses discours de délicates allusions au Coran ou aux hadith (dits du Prophète), et met sur pied une internationale islamiste qui ratisse large. S'installent au Soudan une multitude de mouvements à vocation islamo-révolutionnaire, certains résolus à emprunter la voie terroriste. L'un est dirigé par un certain Oussama Ben Laden, qui ouvre des camps d'entraînement, des entreprises, et se fait escroquer par le régime soudanais. Il sera discrètement chassé en 1996 à la demande des Etats-Unis lorsque le Soudan tente de se débarrasser de son étiquette d'Etat voyou.

Celui-ci, justement, attend son heure pour se débarrasser du président Bachir, que Khartoum appelle pour s'en moquer "l'homme terrible", et qu'une pichenette du "cheikh" semble pouvoir renvoyer à son destin obscur. Lorsque Turabi croit venu le moment de s'emparer le pouvoir, en 1999, il tombe de haut. Proclamation de l'état d'urgence, chars dans les rues, arrestation du "cheikh", Omar Al-Bachir frappe. Turabi écarté, Bachir n'est pas pour autant le maître du pouvoir. Ses ex-fidèles, des étoiles de la galaxie islamiste soudanaise, ont appuyé la mise à mort politique du "cheikh". Ils entament aussitôt une lutte sourde entre factions, autour du point aveugle constitué par le président Bachir.

 

Les temps ont changé. L'argent du pétrole coule à flots. Khartoum se hérisse de grues. Le Soudan plonge dans l'une des contradictions dont le pays est familier. D'un côté, prévaut encore, officiellement, une ligne islamiste dure, anti-occidentale. De l'autre, on essaie de renouer des liens avec les Etats-Unis. En faisant la paix avec le Sud, le pouvoir de Khartoum espère la réhabilitation. C'est alors qu'éclate dans la région du Darfour, à l'ouest, une nouvelle rébellion. On applique les recettes expérimentées au Sud pendant plus de vingt ans.

 

Des milices sont recrutées pour écraser la population. Ils se font connaître sous le nom de janjawids. Du gouvernement qui n'est souvent qu'un paravent aux conseillers spéciaux qui contrôlent tout, en passant par le pouvoir parallèle des services de sécurité, tout un système s'engage dans la répression au Darfour. Bachir mène-t-il le ballet des atrocités ou se contente-t-il de l'encourager? Le procureur de la CPI penche pour la première hypothèse. "Il a été l'homme qui a symbolisé le régime. Il va payer pour le régime", conclut Gérard Prunier.

 

Jean-Philippe Rémy

 

Khartoum rejette la demande d'inculpation de la CPI

 

Quelques heures après l'annonce du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, qui a demandé l'arrestation d'Omar Al-Bachir pour "génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour", le Soudan a fait savoir, lundi, qu'il rejetait cette demande d'inculpation.

 

"Maintenant nous sommes contre la CPI et nous rejetons toute décision de la CPI", a affirmé un porte-parole du gouvernement soudanais."Si la CPI transmet l'affaire à l'ONU, alors nous aurons une nouvelle réaction", a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

 

L'ONU a relevé le niveau d'alerte pour son personnel travaillant au Darfour, notamment au sein de la force mixte ONU-Union africaine (Minuad) chargée du maintien de la paix, et des ambassades occidentales ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements au Soudan, craignant le déclenchement de violences. – (Avec AFP)

 



Khartoum dénonce les "mensonges" du procureur de la CPI

 

 

 

LE MONDE | 15.07.08 | 14h23  •  Mis à jour le 15.07.08 | 14h23

 

LA HAYE CORRESPONDANCE

 

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, a déposé devant les juges, lundi 14 juillet, les preuves des allégations de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour à l'encontre du président du Soudan, Omar Al-Bachir, contre lequel il requiert l'émission d'un mandat d'arrêt. Les magistrats pourraient remettre leur décision dans deux à trois mois. Dans une allocution à la télévision, Omar Al-Bachir a estimé que "la Cour n'a aucune compétence au Soudan" et qualifié de "mensongères" les accusations du procureur.

 

De son côté, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Ali Al-Sadiq, a tenu des propos rassurants sur la coopération avec les Nations unies, objet d'inquiétudes à New York. "Nous ne savons pas quelle sera la réaction des Nations unies concernant le fait de traiter avec un chef d'Etat considéré comme un criminel, a-t-il déclaré. Nous voulons indubitablement voir l'opération hybride (force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour, Minuad) continuer et nous voulons voir des discussions politiques."

 

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a souligné dans un communiqué que la Cour est "indépendante". Samedi, lors d'une conversation téléphonique avec le président soudanais, il s'était déclaré préoccupé par le lien établi par le Soudan entre la décision du procureur et les opérations de maintien de la paix, a expliqué sa porte-parole. La Minuad a, quant à elle, annoncé son intention de retirer une partie de "ses personnels non essentiels". A la demande du Soudan, la Ligue arabe a annoncé la tenue d'une réunion d'urgence samedi.

 

Au cours d'une conférence de presse organisée au siège de la Cour à La Haye, aux Pays-Bas, le procureur a dénoncé "le génocide en cours au Darfour", perpétré contre les ethnies four, masalit et zaghawa, "planifié" par Omar Al-Bachir et exécuté "sans chambres à gaz, sans balles, sans machettes" mais par "la famine, les viols et la peur". Pour le procureur, le mobile d'Omar Al-Bachir a pris forme dès le coup d'Etat de juin 1989 au terme duquel il s'empare du pouvoir et "mène des luttes politiques et militaires tant à Khartoum qu'aux confins du Soudan contre des groupes qu'il considère comme des menaces pour son autorité".

 

Les crimes reprochés par le procureur débutent en mars 2003, peu après l'échec des négociations entre le gouvernement et les rebelles du Darfour. Le président Al-Bachir a émis des ordres d'attaques, conduites sur le même mode opératoire : encerclement et bombardement des villes et villages, suivi d'attaques terrestres conjointes des forces armées et des milices janjawids au cours desquelles "les assaillants tuent hommes, femmes, enfants et personnes âgées. Ils soumettent les femmes et les filles à des viols massifs. Ils pillent les villages et les réduisent en cendre".

 

Le procureur estime que les victimes qui n'ont pu rejoindre les camps de réfugiés, au Tchad, subissent de nouvelles attaques dans les camps du Darfour. Pour le président soudanais, "peu importe qu'il y ait ou non des rebelles ou des objectifs militaires valables" car, selon le procureur, "les cibles ne sont pas les forces rebelles". La nécessaire "lutte contre l'insurrection", opposée par Khartoum, ne serait qu'un "alibi". "Omar Al-Bachir a organisé la misère, l'insécurité et le harcèlement des survivants."


Avec le concours d'Ahmed Harun, ministre délégué aux affaires humanitaires, et contre lequel la Cour a émis un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité, en avril 2007, le personnel humanitaire est expulsé, l'aide n'est pas distribuée, le déploiement des casques bleus est contrôlé. "Le génocide commis en imposant des conditions devant entraîner une destruction physique, associé à une stratégie élaborée de désinformation, constitue une stratégie efficace permettant d'atteindre une destruction complète", écrit le procureur pour lequel les services de renseignement soudanais ont été utilisés pour manipuler "l'opinion publique locale et internationale".

 

Stéphanie Maupas

 

par Centrafrique-Presse.com publié dans : Dossiers
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 15 juillet 2008



 

Bangui, 14 juillet 08 (C.A.P) - On se souviendra que lors de la garden-party du 14 juillet 2007 à Bangui, de graves embrouilles avaient émaillé l’arrivée de Bozizé à la résidence de France au quartier Ouango. Il s’était en effet pointé avec quatre fois plus de gardes du corps qu’il n’en fallait mais surtout, ceux-ci avaient forcé le passage et s’étaient amusés à malmener les gendarmes français préposés à la sécurité de la résidence de France. L’incident était resté en travers de la gorge de l’ambassadeur de France Alain Girma qui a dû sans nul doute en rendre compte à Paris.

 

. Bozizé on le sait, en avait ultérieurement rejeté la responsabilité sur l’attaché défense de l’ambassade de France et du reste, n’a pas admis les critiques faites à ses gardes du corps. Pour les festivités du 14 juillet 2008, Bozizé qui est bel et bien présent à Bangui, s’est juste contenté d’adresser un message purement protocolaire à Nicolas Sarkozy et a boycotté la garden-party de Ouango.

 

En l’absence du premier ministre Faustin Touadéra, également de Célestin Leroy Gaombalet président de l’Assemblée nationale et aussi du ministre des affaires étrangères Kombo Yaya, tous en mission, c’est le ministre d’Etat à l’économie et à la coopération internationale Sylvain Maliko qui a sauvé les meubles à la résidence de France. Comme le Délégué de l’Union européenne à Bangui, Jean-Claude Esmieu, Bozizé de toute façon, ne porte pas non plus beaucoup l’ambassadeur de France Alain Girma dans son cœur. Ce dernier se prépare d’ailleurs à quitter définitivement la République centrafricaine dans une semaine. C’est sans doute la principale motivation de son refus de se rendre cette année aux festivités du 14 juillet à Ouango.

 

Bozizé n’a pas manqué une seule occasion pour se plaindre de ces deux diplomates dont il n’a eu de cesse de demander le départ du pays s’estimant mal aimé d’eux. Il est vrai que plusieurs affaires les ont toujours opposés à lui. Il s’agit notamment de l’affaire des permis forestiers octroyés en violation des textes en vigueur via des prête-noms par Bozizé à ses parents et amis et qui lui a valu un cinglant courrier signé des deux diplomates pour attirer son attention sur ce cas de mauvaise gouvernance ainsi que celle de Total Centrafrique et Uramin - Areva, toutes deux arbitrairement déclenchées par l’indéboulonnable ministre des mines et non moins neveu de Bozizé, le célèbre et tout-puissant Sylvain Ndoutingaï.

par Centrafrique-Presse.com publié dans : Nation
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 15 juillet 2008



met en garde la CPI

 

(Le Devoir 14/07/2008)

 

Ce lundi 14 juillet le procureur de la (CPI), Luis Moreno-Ocampo, sous pression américaine, a réclamé lundi aux juges de la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour "génocide".


Après avoir convoqué la procureur adjointe de la CPI vendredi, l'Union africaine a "mis en garde" la CPI.


Le Conseil de paix et sécurité de l'Union Africaine (CPS) «a réitéré la préoccupation de l'UA face à la mise en accusation abusive de dirigeants africains», telle qu'elle a été exprimée lors du dernier sommet de l'UA les 30 juin et 1er juillet.


Le gouvernement soudanais a affirmé dimanche qu'il ne reconnaît pas la juridiction de la Cour pénale internationale (CPI) et refuse toue décision prise par elle.

 Selon une déclaration du gouvernement soudanais, publiée après une réunion d'urgence présidée par le président el-Béchir, le Soudan est capable de maintenir sa souveraineté et sa dignité.

Les Etats-Unis qui sont à l'origine de ce "mandat d'arrêt" (qui est "une violation flagrante" des droits internationaux et des droits de l'homme) ne reconnaissent pas non plus la compétence de la CPI; Et refusent catégoriquement qu'un citoyen américain puisse être jugé par la CPI.

Et pourtant, ils manipulent le procureur Campo pour qu'il délivre des "mandats d'arrêts" à tout va contre ceux qui s'opposent aux politiques désastreuses des Etats-Unis à travers le monde. Les Etats-Unis refusent que leurs citoyens soient jugés par la justice internationale mais font pression sur ce juge pour qu'ils jugent les citoyens d'autres pays!


La question qui est sur toutes les lèvres est de savoir pourquoi le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo n'a jamais émis le moindre mandat contre les crimes commis par Bush et son administration notamment en Iraq.


Les images des tortures de prisonniers irakiens ont fait le tour du monde. La CPI est devenue malheureusement un autre instrument aux mains de 2 ou 3 pays qui l'utilisent pour régler leurs comptes à travers le monde. Ce qui lui a enlevée toute crédibilité.


Le gouvernement soudanais a aussi demandé à la communauté internationale de prendre des mesures adéquates en faveur de la paix au Soudan et de cesser de faire des accusations irresponsables et politiquement motivées contre le Soudan, tout en soulignant que le problème du Darfour est un problème intérieur.

 
Le même jour, l'Union des avocats arabes a critiqué la CPI pour sa décision d'inculper le président el-Béchir, l'appelant "une violation flagrante" des droits internationaux et des droits de l'homme. Sur la demande du Soudan, la Ligue arabe mène des consultations sur la nécessité de convoquer une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères à ce sujet.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo est présenté un peu partout dans le monde (en RDC notamment) comme une marionnette des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Ses décisions sont toutes jugées politiques n'ayant aucune base réelle. Il est un instrument visant à menacer les pays qui s'opposent généralement aux diktats américains et anglais notamment. Et si possible écarter des dirigeants qui ne cèdent pas aux caprices économiques des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.


Le ridicule dans cette affaire est que les Etats-Unis comme le Soudan ne reconnaissent la compétence de la CPI. Les Etats-Unis refusent catégoriquement qu'un citoyen américain puisse être jugé par la CPI. Et pourtant, ils manipulent le procureur Campo pour qu'ils essaient de juger les citoyens d'autres pays qui refusent le diktat américain.

Les pays européens comme la France et l'Angleterre, qui utilisent le Conseil permanent de Sécurité de l'Onu pour menacer les autres Etats, sont solidaires des Etats-Unis dans la mesure où tous soutiennent des groupes rebelles au darfour, pour maintenir le statu Quo au Sud-Soudan et ainsi continuer leur exploitation des ressources de cette région soudanaise.

Le Soudan a d'ailleurs appelé également les Nations unies et la communauté internationale à faire quelque chose contre les dirigeants des groupes rebelles qui vivent pour la plupart en Europe..

Wahid Al-Nour, chef rebelle du darfour vit paisiblement en France et refuse de signer tout accord de paix dans le sud -Soudan. Ses relations avec les autorités françaises sont constamment dénoncées, mais la France fait toujours le dos rond.

Certains pays européens entretiennent ces chefs rebelles pour maintenir le statu quo au darfour et ainsi continuer tranquillement leur pillage des ressources de ces zones rebelles. La France est aussi mise en cause au Niger, en Centrafrique, en Côte d'Ivoire, au Tchad...; La Belgique en RDC notamment; les Etats-Unis en Somalie, Sierra-Leone, Liberia... Au Niger le Directeur d'AREVA, société minière française, a été exclu de pays de même le chef de la sécurité de cette société, en raison du soutien qu'ils apportent à des rebelles au Nord du Niger.


En Somalie, le président erythréen ne cesse de dénoncer la politique américaine consistant à "créer des conflits pour les exploiter". L'Union Africaine n'a toujours pas encore réagi or toute cette zone de la corne de l'Afrique est soumise aux politiques désastreuses des Etats-Unis, de la France qui y maintiennent des milliers de soldats, qui sont pour de nombreuses observateurs, les facteurs de troubles de cette sous-région africaine. Consistant notamment à monter les pays les uns contre les autres.


Les experts de questions internationales sont toutes d'accord que tant que les soldats français et américaines resteront en Afrique, il ne pourra y avoir de paix dans ce continent. Ces pays ont toujours déstabilisé des régions africaines par la ruse, le mensonge, la force et ainsi se fournir en matières premières presque gratuitement. C'est la cas de l'Uranium et du diamant centrafricain et nigériens, du pétrole somalien, des matières premières à l'est de la RD Congo...

 

© Copyright Le Devoir

 

 

par Centrafrique-Presse.com publié dans : AFRIQUE
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 15 juillet 2008



 

lundi 14 juillet 2008, mis à jour à 19:19 (Reuters)

 -
Le procureur de la Cour pénale internationale de La Haye a inculpé le président soudanais Omar Hassan Bachir de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour et a requis de la CPI un mandat d'arrêt international à son encontre.

 

Le procureur Luis Moreno-Ocampo a précisé à la presse que les juges de la CPI, qui mettent habituellement deux à trois mois pour répondre à une réquisition de mandat international, se donneraient sans doute plus de temps cette fois, au vu de la complication du cas soudanais.

A Khartoum, le gouvernement a rejeté les chefs d'inculpation de la CPI et a rappelé qu'il ne reconnaissait pas l'existence de cette instance pénale permanente créée en 2002, soit un an avant que n'éclate le conflit du Darfour, qui a fait selon les experts 200.000 morts - 10.000 seulement d'après les autorités soudanaises.

Troisième président poursuivi par la justice internationale dans l'exercice de ses fonctions, après le Yougoslave Slobodan Milosevic et le Libérien Charles Taylor, Bachir est accusé par Moreno-Ocompo d'"avoir pris personnellement la décision de lancer le génocide" dans la province occidentale soudanaise.

"Bachir exécute ce génocide sans chambres à gaz, sans balles, sans machettes. C'est un génocide par mort lente", a-t-il affirmé, en précisant que les cibles en étaient les ethnies africaines Four, Massalit et Zaghawa dans la province occidentale du Soudan bordant le Tchad.

"Pour cela, il a utilisé l'appareil d'Etat, les forces armées et les milices djandjaouids", souligne l'acte d'inculpation en précisant que les agents aux ordres de Bachir ont tué au moins 35.000 civils et causé la "mort lente" de 80.000 à 265.000 autres personnes déplacées par les combats.

 

CRAINTES POUR LA FORCE CONJOINTE UA-ONU

 

Le procureur a observé que Bachir avait promu ministre des Affaires humanitaires l'ex-ministre de l'Intérieur Ahmed Haroune pour avoir exécuté "ses ordres génocidaires". Haroune est l'une des deux personnalités soudanaises, avec le chef de milice arabe Ali Kouchaïb, faisant d'ores et déjà l'objet de mandats d'arrêt d'internationaux.

Outre trois chefs de génocide et deux de crimes de guerre, le magistrat argentin a relevé cinq chefs d'inculpation contre Bachir pour crimes contre l'humanité: meurtres, extermination, transferts forcés, torture et viols - ceux-ci à l'encontre de milliers de femmes âgées de cinq à soixante-dix ans.

 

Le ministre de la Justice soudanais avait déclaré dimanche que l'inculpation de Bachir "pourrait bien tuer le dernier espoir d'un règlement pacifique" au Darfour, mais le ministère des Affaires étrangères a affirmé lundi que le gouvernement de Khartoum restait résolu à poursuivre le processus de paix.

Il a assuré en outre que les autorités protégeraient les 9.000 militaires de l'Union africaine et des Nations unies déployés dans la province en guerre. Néanmoins, l'affaire pourrait entraver la fin du déploiement de la force conjointe UA-Onu, dont plus de 17.000 hommes ne sont pas encore à pied d'oeuvre.

 

Le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack, a déclaré ne pas exclure des représailles contre les forces internationales déjà sur le terrain et a "invité à la retenue toute les parties au Soudan".

De Paris, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a déclaré respecter l'indépendance de la CPI et "attendre du gouvernement du Soudan qu'il continue à coopérer pleinement avec les Nations unies au Soudan, tout en remplissant ses obligations pour assurer la sécurité de tous les personnes et biens de l'Onu".

 

KHARTOUM COMPTE SUR SES AMIS A L'ONU

 

En revanche, le gouvernement Tanzanien, qui préside l'Union africaine, dont les militaires forment le gros des troupes internationales au Darfour, a invité la CPI à suspendre "pour le moment" ses poursuites contre Bachir "jusqu'à ce qu'aient été résolus les problèmes élémentaires au Darfour et au Sud-Soudan".

Dans un communiqué, la présidence française de l'Union européenne prend acte de l'inculpation de Bachir, mais souligne "l'importance stratégique" d'une solution politique au Darfour et exhorte le gouvernement soudanais et "l'ensemble des parties, groupes et mouvements de la région" à oeuvrer en ce sens dans l'interêt de la population, du pays et de la région.

Si les mouvements de défense des droits de l'homme comme Human Rights Watch se réjouissent de l'inculpation de Bachir, les organisations humanitaires travaillant sur le terrain craignent pour leur sécurité et avaient renforcé ces derniers jours leurs mesures de protection en anticipant la nouvelle.

Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré à la presse que le président Bachir devait se plier à la décision de la Cour pénale internationale de lui demander des comptes.

Mais le Soudan, qui a déjà refusé de livrer à la CPI Haroune et Kouchaïb, compte sur ses amis au Conseil de sécurité, dont la Chine, son principal pourvoyeur d'armes, pour bloquer toute tentative d'arrestation de son président.

"La prochaine étape sera la bataille diplomatique dont le siège new-yorkais de l'Onu sera le théâtre", a déclaré un porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères. "Des amis comme la Chine, la Russie, l'Afrique du Sud, l'Indonésie et des groupes régionaux comme les Arabes et les Africains soutiendront, si Dieu le veut, le Soudan contre la Cour", a-t-il prédit.

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tiendront samedi prochain au Caire, siège de l'organisation, une réunion extraordinaire pour tenter de mettre au point une réaction commune à l'inculpation du président d'un de ses 22 pays membres.

Après l'annonce de celle-ci, quelques dizaines personnes ont manifesté devant la représentation de l'Onu et l'ambassade de Grande-Bretagne à Khartoum. Les Etats-Unis, qui accusent déjà depuis longtemps le régime islamiste de Bachir de génocide, ont annoncé avoir "pris les mesures appropriées" pour la sécurité de leur ambassade au Soudan et de leur représentation à Jouba, dans le Sud.

 

Version française Marc Delteil

 


Réactions très diverses à la demande de mandat d'arrêt contre Béchir

 

DAR ES SALAAM (AFP) - lundi 14 juillet 2008 - 22h15 - Rejets, approbations, réserves, inquiétudes: des réactions très diverses ont suivi lundi la demande par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour génocide au Darfour.

Immédiatement rejetée par le Soudan, désapprouvée par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et par la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad), la demande du procureur Luis Moreno-Ocampo aux juges de la CPI, dont la décision devrait prendre plusieurs mois, a reçu un soutien mesuré de l'Union européenne.

Les Etats-Unis ont appelé toutes les parties au calme, et l'ONU s'est déclarée inquiète pour le processus de paix au Soudan et pour la sécurité de ses personnels.

La présidence de l'Union africaine (UA) a mis en garde contre la possibilité "de coups d'Etat militaires et d'une anarchie généralisée" au Soudan si la Cour pénale internationale (CPI) inculpait le président soudanais tandis que la Ligue arabe a annoncé une réunion d'urgence.

A Khartoum, le ministère des Affaires étrangères a rejeté l'initiative du procureur. "L'accusation contre le président ne tient pas du tout compte des efforts du gouvernement, des puissances régionales et de la communauté internationale" pour la paix au Darfour, a déclaré le porte-parole du ministère, Ali al-Sadiq.

Toutefois, elle ne dissuadera pas le Soudan de continuer ses efforts pour une solution politique au Darfour, a dit le porte-parole. Khartoum ne retirera pas non plus son soutien à la mission ONU-UA de maintien de la paix (Minuad), selon lui.

Peu après, la Minuad a annoncé dans un communiqué qu'elle allait évacuer son personnel non essentiel tout en conservant ses soldats sur place, "en raison de la récente détérioration des conditions de sécurité au Darfour". La Minuad avait eu sept morts et douze blessés dans ses rangs lors d'une attaque la semaine dernière.

Plusieurs groupes rebelles du Darfour ont salué la demande de mandat d'arrêt contre M. Béchir. Mahgoub Hussein, un porte-parole d'une faction de l'Armée de libération du Soudan (SLA), a ainsi évoqué une "victoire pour l'Humanité au Darfour".

La demande du procureur a aussi été saluée par des organisations non-gouvernementales occidentales de défense des droits de l'homme. Amnesty International y a vu "un pas important" vers la fin de l'impunité au Soudan.

Préventivement, l'ONU a relevé le niveau d'alerte pour son personnel au Darfour, et des ambassades occidentales ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements au Soudan.

Avant même la demande du procureur, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se déclarait très préoccupé par une éventuelle inculpation. "Cela aurait des répercussions négatives très sérieuses sur l'opération de maintien de la paix, y compris le processus politique", avertissait-il dans une interview au quotidien français Le Figaro.

M. Ban "attend du gouvernement du Soudan qu'il continue à coopérer pleinement avec les Nations unies, tout en remplissant son obligation d'assurer la sécurité des personnels et des biens de l'ONU sur son territoire", a ensuite indiqué son service de presse.

L'Union africaine s'est montrée inquiète. "Rien ne doit être fait qui puisse remettre en cause les processus de paix au Soudan, c'est dans ce sens que nous avons pris des mesures immédiates", a déclaré El-Ghassim Wane, porte-parole de la Commission de l'UA, annonçant une réunion d'urgence dans les prochains jours.

La Ligue arabe tiendra elle aussi, à la demande du Soudan, une réunion d'urgence au niveau ministériel samedi au Caire.

Le Conseil de coopération du Golfe s'est prononcé ouvertement contre une inculpation de M. Béchir. "Nous espérons que la CPI n'approuvera pas les accusations du procureur", a déclaré son secrétaire général, Abderrahmane Al-Attiyah.

Les 25 pays de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) ont également rejeté la demande du procureur de la CPI, qui pourrait selon eux "anéantir les efforts de paix menés par des organismes africains". Ils ont dénoncé "l'utilisation de cette cour à des fins d'ingérences dans les affaires intérieures des pays".

Les Etats-Unis, qui ne sont pas partie à la CPI, ont réagi avec une grande réserve. "Nous allons suivre la situation à La Haye et examiner ce que le procureur a demandé", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe. "Nous appelons instamment toutes les parties à garder le calme."

Le président George W. Bush est "profondément inquiet" de l'insécurité grandissante au Darfour, a ensuite indiqué la Maison Blanche, sans mentionner de commentaire de M. Bush sur l'initiative du procureur de la CPI.

A Bruxelles, le commissaire européen au Développement, Louis Michel, a estimé "important de mettre un terme à l'impunité qui entoure les crimes" au Darfour et a souligné "la nécessité pour le gouvernement du Soudan de coopérer sans réserve avec la CPI", nécessité également affirmée par plusieurs autres responsables européens.

La requête de M. Moreno-Ocampo est un "développement majeur" et il appartient à la CPI de l'étudier, a relevé M. Michel, "supposant" que les dossiers du procureur étaient "convaincants".

"La recherche d'une solution politique au Darfour et la mise en oeuvre de l'accord de paix Nord-Sud revêtent une importance stratégique", a déclaré la présidence française de l'UE.

 


Crimes au Darfour le procureur de la CPI accuse Omar el-Béchir de génocide

 

LA HAYE (AFP) - lundi 14 juillet 2008 - 22h13 - Le procureur de la (CPI), , a demandé lundi aux juges de la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour "génocide" au Darfour (Soudan), accusation immédiatement rejetée par Khartoum.

"J'ai soumis aux juges une demande de mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre", a-t-il déclaré à la presse, après avoir présenté ses éléments de preuve aux juges.

Il table sur une décision d'ici "deux à trois mois", le temps pour les juges "d'analyser les preuves" et d'accepter la demande, la rejeter ou demander plus d'éléments.

Le Soudan a immédiatement rejeté ces accusations et a menacé d'une "réaction" si l'affaire était portée devant les Nations unies.

Il s'agit de la première demande d'arrestation d'un chef d'Etat en exercice devant la CPI, seul tribunal permanent compétent pour juger les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides.

C'est aussi la première fois que le génocide est porté devant ses juges.

Selon M. Moreno-Ocampo, le génocide "a été décidé par Béchir lui-même" en ordonnant à ses hommes de "ne pas faire de blessés ou de ramener des prisonniers".

Il l'accuse de meurtre, viol, extermination et déplacement forcés, notamment.

Selon le procureur, Béchir "a mobilisé l'ensemble de l'appareil d'Etat" pour mettre "intentionnellement" les 2,5 millions de déplacés dans "des conditions d'existence qui ne pouvaient qu'entraîner leur destruction physique".

Il établit à 118.000 le nombre de morts des suites de cette politique, alors que 35.000 civils ont été tués dans des affrontements.

Dans un communiqué publié à New York, la force conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) a indiqué qu'elle allait évacuer son personnel non essentiel tout en conservant ses soldats sur place "en raison de la détérioration des conditions de sécurité au Darfour".

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a indiqué qu'il attendait du Soudan qu'il "continue à pleinement coopérer" pour assurer la sécurité du personnel de l'ONU dans le pays.

"Nous appelons instamment toutes les parties à garder leur calme", a dit la Maison Blanche, qui a pris des mesures pour accroître la sécurité des Américains au Soudan.

A Paris, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a appelé le président Béchir à "respecter" toute décision de la CPI.

La Ligue arabe a convoqué samedi une réunion d'urgence à la demande de Khartoum tandis que la présidence de l'Union africaine (UA) a mis en garde contre la possibilité "de coups d'Etat militaires et d'une anarchie généralisée" au Soudan.

Les 25 membres de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) ont également fait part de leurs inquiétudes tandis que les ONG de défense des droits de l'homme ont salué la demande du procureur de la CPI en la qualifiant de "pas significatif" vers "la fin de l'impunité" au Darfour.

Les armes du crime "les plus efficaces, sélectionnées par Béchir, sont le viol, la faim et la peur", a accusé M. Moreno-Ocampo.

"Les attaques sont concentrées sur les civils, femmes et jeunes filles, pas sur les rebelles" défiant Khartoum, a martelé le procureur.

Pour ceux qui échappent aux viols et aux bombes, "pas de balles, le désert fera le reste", a-t-il ajouté en citant une victime.

Dimanche, alors qu'un millier de Soudanais avaient manifesté à Khartoum, le gouvernement avait assuré qu'il garantirait la sécurité des organisations internationales au Soudan, mais répétait à l'envi que la CPI allait "détruire le processus de paix" au Darfour.

Mardi, sept soldats de la force mixte ONU-Union africaine (Minuad) chargée du maintien de la paix au Darfour avaient été tués dans une attaque.

La CPI, chargé en mars 2005 par le Conseil de sécurité d'enquêter au Darfour, a déjà émis des mandats d'arrêt contre les Soudanais Ahmed Haroun, actuel ministre soudanais aux Affaires humanitaires, et Ali Kosheib, un chef de la milice pro-gouvernementale janjawid, qu'Omar el-Béchir a toujours refusé de remettre à la CPI.

Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les milices arabes janjawid luttent contre les rebelles du Darfour. Le conflit a fait plus de 300.000 morts et entraîné le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU, 10.000 morts selon Khartoum.

 


Le Soudan rejette la demande d'un mandat d'arrêt contre Béchir

 

KHARTOUM - Le Soudan a dénoncé lundi l'appel du procureur de la cour pénale internationale (CPI) à lancer un mandat d'arrêt contre le président Omar el-Béchir pour "génocide" au Darfour, tout en promettant de continuer à coopérer avec l'ONU.

 

"Nous sommes en contact avec les différents membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment la Chine et la Russie", a dit le vice-président soudanais Ali Osman Taha en parlant des efforts de Khartoum pour bloquer tout mandat d'arrêt formel. Le Conseil peut intervenir pour différer d'un an toute poursuite.

 

"Il est clair que si le président de la République ne détient pas entièrement le pouvoir, toutes les décisions du gouvernement nécessitant son approbation seraient alors vaines", a-t-il déclaré dans une conférence de presse à khartoum.

 

Ainsi, a-t-il ajouté, "il deviendra impossible de continuer à mettre en oeuvre l'accord de paix CPA (qui a mis fin à la guerre dans le Sud-Soudan) ou les autres accords si le président est menacé d'un procès international".

M. Taha a qualifié de "fausses et mensongères les allégations du procureur de la CPI", dénonçant une "affaire politique".

 

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a demandé lundi aux juges de la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour "génocide" au Darfour, une région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003.

Il table sur une décision d'ici "deux à trois mois", le temps pour les juges "d'analyser les preuves" et d'accepter la demande, la rejeter ou demander plus d'éléments.

 

M. Taha a dit que son gouvernement ferait son possible pour protéger le personnel humanitaire sur son territoire mais a ajouté que "personne ne peut garantir une sécurité totale" en raison de l'impact négatif que pourrait avoir l'annonce du procureur de la CPI sur le terrain.

"L'accusation contre le président soudanais ne tient pas du tout compte des efforts du gouvernement, des puissances régionales et de la communauté internationale" pour la paix au Darfour, a affirmé pour sa part le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Ali al-Sadiq.

 

"D'un côté, les rebelles vont se sentir victorieux et pourraient lancer des attaques contre le peuple du Darfour et les forces de la Minuad", la force conjointe ONU-Union Africaine, a dit M. Sadiq. "Deuxièmement, cela va compliquer l'accord entre le soudan et l'ONU".

"Nous ne savons pas quelle sera la réaction des Nations unies concernant le fait de traiter avec un chef d'Etat considéré comme un criminel", a-t-il poursuivi.

 

Mais d'après lui, la demande de M. Moreno-Ocampo ne va pas dissuader le Soudan de continuer ses efforts pour une solution politique au conflit au Darfour. Khartoum, a-t-il encore dit, ne retirera pas non plus son soutien à la mission de maintien de la paix hybride ONU-UA.

"Nous voulons indubitablement voir l'opération hybride continuer et nous voulons voir des discussions politiques", a affirmé M. Sadiq, assurant que l'annonce ne changerait rien sur le terrain.

 

Il a également écarté les craintes de responsables occidentaux et onusiens, qui s'inquiétaient de possibles expulsions dans leurs rangs en représailles.

"Nous n'allons renvoyer personne. Au contraire, nous allons les protéger parce que des éléments de l'opposition pourraient exploiter une telle situation, surtout pour attaquer des ambassades étrangères pour embarrasser le gouvernement", selon lui.

 

Quelques centaines de femmes ont manifesté pacifiquement devant l'ambassade de Grande-Bretagne et le siège de l'ONU à Khartoum pour protester contre la CPI.

La CPI a déjà émis des mandats d'arrêt contre les Soudanais Ahmed Haroun, actuel ministre aux Affaires humanitaires, et Ali Kosheib, un chef de la milice pro-gouvernementale janjawid, que M. Béchir a refusé de remettre à la CPI.

 

Le Soudan, non signataire du traité de Rome ayant créé la CPI, ne reconnait pas la juridiction de la Cour.

Depuis 2003, les combats entre forces gouvernementales et mouvements rebelles au Darfour ont fait jusqu'à 300.000 morts et déplacé 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts.

 

(©AFP / 14 juillet 2008 20h24)

par Centrafrique-Presse.com publié dans : AFRIQUE
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 14 juillet 2008



 

ADDIS ABEBA AFP / 12 juillet 2008 14h26 - Le Conseil de paix et sécurité de l'Union Africaine (UA) a "mis en garde" samedi la Cour pénale internationale (CPI) sur les poursuites envisagées contre des responsables du gouvernement soudanais.

 

Le CPS, qui s'est réuni vendredi soir, "a entendu une communication du procureur adjoint de la CPI sur certaines de ses activités", selon un communiqué. Le Conseil "a réaffirmé l'engagement de l'UA à combattre l'impunité".

 

"Dans le même temps, le CPS (Conseil de paix et de sécurité) a exprimé sa profonde conviction quant à la nécessité de poursuivre la recherche de la justice de manière à ne pas entraver ou compromettre les efforts visant à promouvoir une paix durable, et a rappelé que, dans sa résolution 1593 (2005) du 31 mars 2005, le Conseil de sécurité des Nations unies a également souligné la nécessité de promouvoir l'apaisement et la réconciliation", ajoute le texte.