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15 octobre 2021 5 15 /10 /octobre /2021 23:32
Yvelines. Pour échapper à la justice, elle s’autoproclame diplomate de la RCA

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Yvelines. Pour échapper à la justice, elle s’autoproclame diplomate de la République centrafricaine

https://actu.fr/ Par François Desserre Publié le 12 Oct 21 à 10:22

Pour échapper à la Caf et au bracelet électronique, une habitante de Mantes-la-Jolie (Yvelines) s'est autoproclamée diplomate de la République centrafricaine.

Son oncle serait Premier ministre de la République centrafricaine. Son père en serait le ministre délégué. Quel crédit apporter aux dires d’Edwige L., jugé ce lundi 11 octobre 2021 devant le tribunal judiciaire de Versailles ? Question difficile. Réponse complexe.

Une certitude : cette femme de 36 ans, originaire de Mantes-la-Jolie, est bien la princesse de l’escroquerie et de la fraude. À défaut d’être une secrétaire particulière du gouvernement de la République centrafricaine, sa terre d’origine. Un titre qu’elle a très maladroitement tenté de s’octroyer.

Une dette de 25 000 euros à la Caf

En septembre dernier, Edwige a rendez-vous avec un juge de l’application des peines, au palais de justice. Son idée : faire enlever ce satané bracelet électronique. Elle doit le porter depuis le 26 novembre 2019, date de sa condamnation pour usage de faux et fraude aux prestations sociales. Les juges de Villefranche-sur-Saône (Rhône) lui ont infligé une année ferme, aménageable. Car pour la seconde fois, Edwige a trompé la Caisse des allocations familiales. Sa dette dépasse désormais les 25 000 euros.

À l’époque déjà, la trentenaire avait promis qu’on ne l’y reprendrait plus. Rangée des voitures comme on dit.

Pas de prison donc, mais ce dispositif électronique à garder au pied matin, midi et soir. Et des horaires de sortie. Des horaires pour rentrer. Et Edwige n’aime pas ça.

Immunité diplomatique

Une idée lumineuse va germer dans son esprit. Pourquoi ne pas forcer la main du juge en brandissant une immunité diplomatique ?

Comme rien ne lui en donne le droit, Edwige va contacter ce qu’elle appelle un retoucheur de papiers.

« Pas de problème. Je vous arrange ça pour 50 euros », assure l’homme par messagerie cryptée.

Un petit tour sur Internet et Edwige trouve une copie de décret. Reste à changer le nom, le prénom et le numéro d’enregistrement. Elle donne des conseils à son faussaire pour coller au plus près de la réalité. Elle va pourtant se montrer négligente sur un point important.

Et ce défaut, le juge va immédiatement le remarquer. L’orthographe. Il manque des « s ». Certains « à » ont perdu leur accent en chemin. Le décret part au ministère des Affaires étrangères. Retour de navette : c’est un faux. Edwige est arrêté le 7 octobre.

Ses explications vont être aussi compliquées à comprendre qu’il est facile de venir à bout d’un sac de nœuds. La dernière, devant les juges, va permettre d’apercevoir le bout du tunnel. Juste le bout.

« Je voulais bénéficier de l’immunité diplomatique pour aller travailler autant que je veux, pour rembourser ma dette. Je suis seule avec ma fille. Et je dois faire face. Son père ne s’en occupe pas… Et je n’ai pas d’argent. Et au fond de moi, je ne suis pas une femme épanouie. »

Edwige,la prévenue.

Le tribunal l’admet. Mais commence à douter de sa sincérité en abordant sa situation professionnelle.

Elle avoue une nouvelle bidouille à la barre

« Alors en fait, j’avais créé une entreprise à Paris, spécialisée dans le conseil administratif et juridique pour les sans-papiers. Et puis j’ai été condamnée pour fraude. J’ai eu une interdiction de gérer une société. Du coup, j’ai transformé mon entreprise en association. Et un bénévole m’a déclarée comme salariée. Ce qui est dommage, c’est que comme association, on ne peut plus facturer comme avant. C’est vraiment malheureux. »

Edwige.

Une nouvelle entourloupe avouée en direct à la barre…

Et l’argent… Edwige en aurait peut-être. Du moins en a-t-elle eu cet été pour se payer un aller et retour dans son pays d’origine pour un mariage. Au moins 800 euros.

Il n’en fallait pas plus pour que le procureur de la République sonne la fin de la récréation. « Madame ment sur toute la ligne. Elle méprise la justice, les règles. Je demande une incarcération immédiate. Et pour huit mois. »

Le tribunal se retire alors qu’Edwige éclate en sanglot. La porte refermée, elle retrouve son calme. Instantanément.

Torturant ses mains, elle attend avec impatience la décision. Qui ne tarde pas à tomber.
« Madame, face à la gravité des faits, nous avons décidé de vous condamner à 12 mois de prison, avec incarcération immédiate. »

Fin de la partie.

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