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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 11:57
JMA Bossangoa : Discours du Pdt TOUADERA
JMA Bossangoa : Discours du Pdt TOUADERA
JMA Bossangoa : Discours du Pdt TOUADERA
JMA Bossangoa : Discours du Pdt TOUADERA
JMA Bossangoa : Discours du Pdt TOUADERA

 

Discours DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’État PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA A L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’ALIMENTATION 2020 ET LA JOURNÉE MONDIALE DE LA FEMME RURALE.

 

BOSSANGOA, 25 NOVEMBRE 2020

• Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;

• Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

• Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;

• Monsieur le Ministre Résident de l’Ouham ;

• Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

• Madame la Représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture ;

• Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations internationales ;

• Mesdames et Messieurs les Représentants des partenaires intervenants dans le monde rural ;

• Monsieur le Préfet de l’Ouham ;

• Madame et Messieurs les Députés;

• Mesdames et Messieurs les Sous-Préfets ;

• Messieurs les Présidents des Délégations Spéciales des Villes de Bossangoa, Nana-Bakassa, Nanga-Boguila, Markounda, Bouca, Batangafo et Kabo;

• Vaillants producteurs agricoles, éleveurs, pêcheurs et aquaculteurs ;

• Distingués invités ;

• Mesdames et Messieurs ;

Je voudrais, à l’entame de mon propos, adresser mes chaleureuses salutations à la laborieuse population de l’Ouham et celle de Bossangoa en particulier, pour l’excellente qualité d’accueil qui m’a été réservé ainsi qu’à la délégation qui m’accompagne.

Par cette mobilisation grandiose, elle a prouvé aux yeux du monde son hospitalité légendaire ainsi que sa résilience à surmonter les difficultés et les désinformations pour participer massivement à la célébration de la Journée Mondiale de l’Alimentation et la Journée Mondiale de la Femme Rurale.

Je félicite les autorités administratives, judiciaires, militaires et religieuses locales ainsi que les Sages de l’Ouham, pour leurs précieuses contributions à la réussite de cet évènement.

Plus particulièrement, je remercie et félicite le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Bossangoa pour ses mots aimables et le rassure que les doléances de la population qu’il vient d’exposer sont légitimes et seront examinées avec bienveillance par le Gouvernement.

Je salue et félicite les vaillants producteurs agricoles, éleveurs, pêcheurs, pisciculteurs et forestiers venus des seize (16) Préfectures de notre pays, pour l’enthousiasme qu’ils ont manifesté dans la préparation de l’évènement qui nous réunit ce jour. 

Chers Compatriotes de l’Ouham ;

Le choix de la ville de Bossangoa pour abriter cette importante journée du monde rural est justifié par mon ambition renouvelée de faire de Bossangoa un modèle de résilience de la population et de relèvement socio-économique du pays, après les douloureux événements qui ont détruit le tissu économique national et causé une fracture sociale sans précédent.

En effet, région à vocation agricole et pastorale par excellence, cette merveilleuse préfecture de l’Ouham a constitué, dans le passé, l’un des principaux greniers et l’une des mamelles du développement socio-économique de la République Centrafricaine. 

Je voudrais ici réaffirmer l’intérêt que j’accorde au secteur agricole qui constitue pour moi l’une des solutions durables aux défis de la faim et de la malnutrition qui nous sont imposés les changements climatiques, la crise militaro-politique et depuis quelques mois, le Covid 19.

Mesdames et Messieurs ;

Le thème choisi par la FAO pour célébrer la JMA 2020 et qui est, je cite : « Cultiver, nourrir, préserver. Ensemble, agir pour l’avenir », nous rappelle non seulement l’obligation que nous avons d’agir ensemble afin de cultiver de manière plus efficace et nourrir convenablement l’ensemble de la population, mais également la nécessité de préserver les ressources naturelles ainsi que l’environnement socioéconomique pour les générations futures.

Nous devons donc relever d’importants défis, pour que notre agriculture soit plus productive et compétitive, dans un environnement qui sera de plus en plus marqué par la concurrence, avec la perspective de la Zone de Libre Echange Continental.

Les groupements et les associations doivent se transformer en de petites et moyennes entreprises d’agriculteurs, d’éleveurs, de pisciculteurs et de pêcheurs, sous la forme de société coopérative. 

Ce processus prendra du temps, mais il nous permettra de franchir un palier dans le développement de notre agriculture, par l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. 

Ce thème nous exhorte particulièrement à agir ensemble pour l’avenir. En effet, « Agir pour l’avenir », c’est aussi, dès à présent, sensibiliser et former les jeunes afin qu’ils puissent s’intégrer et prendre en charge ce secteur important de l’économie nationale. 

Le cadre institutionnel du RCPCA nous donne l’opportunité d’une collaboration étroite entre le Gouvernement, les partenaires au développement, le secteur privé et la société civile, avec le Comité de Coordination du Secteur Rural pour continuer, au-delà de cette journée, à nourrir nos populations et préserver l’environnement.

Nous ne devons pas perdre de vue que le Gouvernement a adopté la Déclaration de Malabo sur la transformation de l’agriculture africaine et que nous devons porter à 10% du budget national, le financement de notre agriculture. 

Dans ce sens, le Gouvernement a érigé la Cellule Coton en Office National du Coton ; ce qui lui permettra de mobiliser plus facilement les ressources nécessaires au financement de la campagne cotonnière.

J’observe qu’il y a eu des avancées significatives. En effet, j’avais noté en 2016 qu’à peine 5 000 personnes cultivaient le coton. La Cellule Coton était aux arrêts, avec les arriérés dûs aux cotonculteurs à hauteur d’un (1) milliard 400 millions de FCFA. 

Avec le paiement de ces arriérés, le nombre des personnes cultivant le coton est passé de 5 000 en 2016 à  plus de 20 000 aujourd’hui.

En plus, le Gouvernement a apporté un concours financier de 665 millions en quatre (4) ans afin de résorber les déficits de paiement, soit un appui global de 2 milliards 100 millions de FCFA. 

Pour la campagne agricole 2020-2021, le Gouvernement a prévu un appui substantiel d’un (1) milliard 500 millions de FCFA pour la relance de la production agricole.

Mes Chers Compatriotes ;

La présente cérémonie me donne l’occasion de renouveler mon engagement à faire de notre agriculture le fer de lance du relèvement durable de notre pays et particulièrement de la Préfecture de l’Ouham. 

Cet engagement se concrétise par le démarrage du Projet de Relance Agricole et de Développement de l’Agrobusiness qui est financé par la Banque Mondiale et qui s’exécutera dans les préfectures de l’Ouham, de l’Ouham-Pendé, de la Ouaka, du Bamingui-Bangoran, de la Vakaga et à la périphérie de Bangui. 

Un autre projet est en cours de préparation avec l’appui de la Société Financière Internationale, afin de concrétiser la nouvelle vision de notre agriculture, en transformant les groupements de la filière coton en des entreprises coopératives. 

L'avenir de notre agriculture dépend également de la qualité professionnelle des producteurs agricoles. C'est pourquoi, les initiatives de formation et d'installation professionnelle dans l'agriculture sont à féliciter et encourager. 

Aussi, la concrétisation de l’accord de partenariat avec LASBAD, LERSA, l’ICRA, l’ACDA, sur le projet de transfert des technologies et de valorisation des semences améliorées des cultures de rente tels que le cacao, le caoutchouc, le karité, les cultures vivrières tels que le manioc, le maïs, le sésame, la banane et les épices comme le poivre, le ginseng et l’ail sauvage, permettra de répondre, tant soit peu, à l’objectif fixé.

La participation effective des laboratoires de recherche de l’Université de Bangui à la mise en œuvre du projet sur l’étude de la Chenille Légionnaire du Maïs pilotée par la FAO et le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, contribuera aussi à l’atteinte de l’objectif escompté.

Par ailleurs, la réhabilitation du Collège Technique de Développement Rural de Grimari et l’opérationnalisation de l’Office National du Matériel agro-pastoral permettront de disposer des cadres d’encadrement technique ainsi que l’aménagement de grands espaces pour la relance de l’agriculture.

Le Gouvernement poursuivra ses efforts, avec l’appui de la communauté internationale, pour la mise en œuvre de l’Accord de Paix, afin d’améliorer l’environnement sécuritaire qui permettra à nos agriculteurs et éleveurs de vaquer librement à leurs activités. 

Mesdames et Messieurs ;

Nul n’ignore que les femmes rurales, les jeunes et les personnes de troisième âge, du fait de leur vulnérabilité, ont été privés de leurs moyens de subsistance pendant la crise militaro-politique de 2013 qui a fini par endeuiller tout le pays.

L’insécurité provoquée par cette crise a entraîné dans son sillage la baisse de la production, la mévente des produits agricoles, l’épuisement des stocks et une dépendance accrue de l’aide humanitaire.

Les déplacements forcés des populations et l’effondrement des structures socio-économiques auxquels s’est ajoutée la transhumance armée ont empêché des familles entières de reprendre les activités agricoles et pastorales.

Notre agriculture, source principale de nourriture et de revenus, est aussi menacée par les changements climatiques, l’irrégularité des précipitations, la dégradation des sols et l’insuffisance d’encadrement.

Lors de ma visite ici à Bossangoa, en février 2017, je vous exhortais à tenir ferme car la paix était à notre portée. Sans la paix, l’agriculture et l’élevage ne peuvent prospérer ; sans la paix et la réconciliation, il n’y a point de développement.

Je me réjouis de savoir que la ville de Bossangoa ait tourné la page sombre du passé pour regarder vers un avenir meilleur que nous devons construire ensemble et maintenant.

Nous devons continuer à travailler pour que les autres Sous-préfectures de l’Ouham ainsi que les régions qui connaissent encore l’insécurité, puissent être débarrassées des groupes armés et retrouver leur tranquillité d’antan. 

C’est justement pour atteindre cet objectif de paix que le Gouvernement a négocié, sous l’égide de la communauté internationale, l’Accord politique pour la paix et la réconciliation qui a été signé à Bangui, le 6 février 2019.

Cet Accord, je dois le mentionner, apporte une solution importante à la relance de l’agriculture et de l’élevage, en ce qu’il prend en compte les aspects sécuritaires transitoires liés à la constitution des Unités Spéciales Mixtes de Sécurité (USMS), chargées d’assurer la surveillance des couloirs de transhumance dans les régions Nord et Nord-Ouest du pays.

L’une des solutions à la relance des activités agro-pastorales apportées par cet Accord est la réactivation des grandes commissions mixtes Cameroun–RCA, Congo–RCA et Tchad-RCA au cours desquelles les questions de sécurité transfrontalière ont été largement débattues. 

Vaillante population de l’Ouham ;

Mon vœu aujourd’hui, est de redonner à Bossangoa sa splendeur et sa renommée d’antan de « Boston la Belle ».

Pour y parvenir, j’ai décidé, depuis ma prise de fonction, de payer la totalité des arriérés dûs aux contonculteurs, pour donner aux filles et fils de l’Ouham la possibilité de s’épanouir et de construire leur ville. 

En outre, j’ai ordonné, en 2019, l’augmentation du prix du coton graine qui est passé de 200 à 230F le kilogramme afin d’encourager la production.

Pour soutenir la résilience des producteurs de coton, je remettrai tout à l’heure à leurs représentants, un véhicule et cinq motos.

J’ai par ailleurs ordonné la réalisation, en 4 ans, de 386 forages pour donner l’eau potable à plus de 135.000 habitants de l’Ouham.

Dans cette lancée, une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 5 mégawatts sera bientôt installée pour alimenter en énergie 24/24 heures, plus de 200.000 ménages à Bossangoa, pendant au moins 25 ans. Cette même capacité sera installée à Bouar et à Berberati et, progressivement dans toutes les Préfectures.

Par ailleurs, le Ministre des Postes et Télécommunications a procédé à la réouverture du bureau de la Poste de Bossangoa afin de permettre aux fonctionnaires et agents de l’Etat affectés dans l’Ouham de percevoir sur place leurs salaires et aux opérateurs économiques de disposer de cartes électroniques en vue d’éviter le phénomène de vol à mains armées. 

Ces conditions seront ensuite améliorées par l’arrivée prochaine de la fibre optique dans la ville de Bossangoa qui permettra aux opérateurs économiques et aux jeunes d’avoir l’internet à haut débit.

Dans le domaine de l’éducation nationale, de nouveaux modules de formation développés par l’Institut National de Recherche et d’Animation Pédagogique ont permis de renforcer entre 2018 et 2020 la capacité pédagogique de 139 Directeurs d’écoles et 2 290 enseignants à Bossangoa et dans l’ensemble de l’Inspection d’Académie du Nord. 

Ensuite, l’engagement de l’Etat et notre intérêt constant pour la formation justifient aujourd’hui la pause de la première pierre du futur Institut National de Formation à Bossangoa. 

Avec une capacité d’accueil de 500 apprenants, pour un coût prévisionnel de 2 milliards 400 millions de FCFA, l’I.N.F qui viendra compléter le dispositif de formation de l’E.N.I de Bambari, aura pour vocation d’assurer la formation initiale et la formation continue des enseignants, de former d’autres personnels parmi lesquels les gestionnaires d’établissements d’enseignement et les acteurs de la chaîne de supervision pédagogique. 

Cet engagement de l’Etat en faveur du développement de l’accès à l’éducation, nous le réaffirmons aussi aujourd’hui par l’inauguration du Collège d’Enseignement Général de KORO-M’POKO. 

L’avènement de ce Collège ainsi que l’érection du CEG de Nana-Bakassa en CES, permettront à nos enfants d’apprendre proche de chez eux, au lieu de parcourir plus de 50 Km. 

Aussi, pour limiter le phénomène de « Maîtres-parents » qui crée des charges supplémentaires aux parents d’élèves, nous venons d’intégrer dans la Fonction publique plus de 1.700 Enseignants du Fondamental 1 et du Fondamental 2. 

J’instruis le Ministre de l’Enseignement Primaire et Secondaire de veiller à une allocation équitable de ces Enseignants pour contribuer à résorber le déficit en personnel enseignant à Bossangoa et dans toute l’Inspection d’Académie du Nord.

De plus, avant la fin du 1er semestre 2021, dans le cadre du Projet d’Urgence de Soutien à l’Education de Base, plus de 300 salles de classe seront construites ou réhabilitées à Bossangoa et dans les communes avoisinantes, tandis que le nouveau Plan Sectoriel de l’Education apportera sur la période 2020-2029 des réponses plus structurantes à la question éducative.

Dans le domaine de la santé, la gratuité ciblée des soins pour les femmes enceintes et allaitantes, les femmes victimes des violences basées sur le genre et les enfants de moins de 5 ans, est déjà effective à Bossangoa, sur financement de l’Union Européenne à travers le Fonds Bekou, mis en œuvre par l’ONG CORDAID. 

L’extension dans les Districts Sanitaires de Bouca, Batangafo, Kabo, Nanga-Boguila, Nana-Bakassa et Markounda est imminente sur le budget de l’Etat. 

Tous les Hôpitaux de District de ces localités seront dotés en ambulances médicalisées au plus tard fin janvier 2021.

Aussi, plusieurs travaux de construction et de réhabilitation des infrastructures sanitaires sont programmés, notamment la construction de l’Hôpital de District de Nanga-Boguila, la réhabilitation de l’Hôpital de District de Batangafo, des Centres de Santé de Markounda, Nana-Bakassa et Kabo. 

Plusieurs autres projets de développements sont conçus par le Gouvernement avec l’appui de nos partenaires pour permettre le relèvement et la reconstruction de la Préfecture de l’Ouham.

Comme je l’ai indiqué, je veux que la Préfecture de l’Ouham redevienne la locomotive de développement socio-économique de notre pays.

Je demande donc aux ressortissants de l’Ouham de tout mettre en œuvre pour accompagner cette vision.

Mesdames et Messieurs ;

Je ne saurais conclure mon propos sans vous entretenir sur la pandémie du covid-19 et les prochaines élections présidentielles et législatives.

Comme vous le savez, le monde entier fait face à l’un des plus grands fléaux de notre siècle, à savoir la pandémie du Covid-19.

Les médias nous renseignent quotidiennement que les dégâts causés par cette pandémie sont énormes tant sur le plan humain qu’économique.

Il n’existe actuellement aucun vaccin, aucun médicament à ce jour.

Je vous exhorte donc à observer scrupuleusement les mesures barrières édictées par le Gouvernement pour sauver votre vie et celles des autres.

S’agissant des prochaines élections présidentielles et législatives, je voudrais vous féliciter d’avoir accepté de vous inscrire massivement sur la liste électorale.

Je dois vous assurer que les élections seront organisées dans les délais constitutionnels.  Notre Constitution a confié à l’A.N.E l’organisation de toutes les élections et à la Cour Constitutionnelle, le contrôle de la régularité des scrutins et d’en proclamer les résultats.

Que personne ne vous trompe par des discours haineux et démagogiques! Ces élections soient transparentes, libres, démocratiques et apaisées. Il y va de l’avenir de notre démocratie, de la paix et de la sécurité de notre pays.

J’en appelle à la vigilance et au calme pendant cette période sensible.

Je sais que c’est ensemble que nous parviendrons à construire une société de paix et de fraternité, une paix juste et meilleure, pour laisser un monde meilleur à nos enfants et à notre planète.

Vive la Coopération internationale !

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine !

 

Je vous remercie.

 

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