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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 16:02
En Centrafrique, des casques bleus ont été déployés
En Centrafrique, des casques bleus ont été déployés
En Centrafrique, des casques bleus ont été déployés

 

En Centrafrique, des casques bleus ont été déployés et le chef de l’ONU appelle « à cesser toute hostilité »

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 02h23, mis à jour à 07h45 

Selon des sources humanitaires et onusiennes, des groupes armés se sont emparés de plusieurs localités situées sur les axes qui desservent Bangui, la capitale.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé, vendredi 18 décembre, par la voix de son porte-parole, à la cessation des hostilités en Centrafrique, à l’approche des élections présidentielle et législatives du 27 décembre. M. Guterres « condamne l’escalade de la violence et appelle tous les acteurs à cesser toute hostilité de manière urgente, et à travailler ensemble pour assurer des conditions favorables à la tenue d’élections crédibles, inclusives et pacifiques », a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué.

Au moins trois des plus importants groupes armés qui occupent deux tiers de la Centrafrique ont menacé de s’en prendre au pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra si ce dernier organise des fraudes, comme ils l’en accusent, pour obtenir un second mandat. Selon des sources humanitaires et onusiennes, les groupes armés se sont emparés de plusieurs localités situées sur les axes qui desservent la capitale Bangui, désormais menacée par un blocus à distance.

Casques bleus déployés

Le secrétaire général de l’ONU a appelé les parties à résoudre « tout différend de manière pacifique », dans l’intérêt du peuple centrafricain, qui a, selon lui, « souffert pendant trop longtemps du conflit et de l’instabilité ».

Plus tôt vendredi, la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) avait annoncé dans un communiqué que des casques bleus avaient été déployés dans l’ouest du pays pour empêcher les groupes armés « de perturber les élections » du 27 décembre.

La Minusca « a déployé vendredi des forces à Bossemptélé et à Bossembélé, deux localités de la préfecture de l’Ombella-MPoko cibles d’attaques [menées] par des éléments armés du 3R, du MPC et des anti-balaka », a précisé dans ce texte Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca. « Le renforcement des moyens de la Minusca, y compris avec des moyens aériens, est une réponse aux violences commises par ces groupes armés et qui ont également touché Yaloké et Bozoum », à l’ouest, faisant deux morts parmi les forces du gouvernement.

Très vives tensions

Les tensions sont très vives en République centrafricaine, où le gouvernement a accusé mercredi l’ancien président François Bozizé, exclu du scrutin par la Cour constitutionnelle, de préparer un « plan de déstabilisation du pays » alors que l’opposition craint des fraudes massives aux élections.

La République centrafricaine a été ravagée par la guerre civile après qu’une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime du général François Bozizé en 2013. Les affrontements entre Séléka et milices chrétiennes et animistes anti-balaka avaient fait des milliers de morts. Depuis 2018, la guerre a évolué en un conflit de basse intensité, où les groupes armés se disputent le contrôle des ressources du pays, bétail et minerai principalement, tout en perpétrant régulièrement des exactions contre les populations civiles.

Le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), les 3R (Retour réclamation réhabilitation) et les deux groupes anti-balaka avaient publié jeudi un communiqué où ils s’engageaient à « rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire national par tous les moyens », y compris les « moyens de coercition, dans l’hypothèse où le pouvoir exécutif s’obstine à manipuler l’organisation du scrutin pour faire un hold-up électoral ».

Mercredi, la Minusca, chargée de sécuriser les élections avec ses 11 500 casques bleus, avait appelé François Bozizé « à œuvrer sincèrement pour un retour véritable de la paix (…) plutôt que de tisser des alliances avec des leaders de groupes armés pour déstabiliser le pays ».

Le Monde avec AFP

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