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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 00:40
Abdoulaye Miskine devant la justice tchadienne, la Centrafrique veut sa tête
Abdoulaye Miskine devant la justice tchadienne, la Centrafrique veut sa tête

 

Abdoulaye Miskine devant la justice tchadienne, la Centrafrique veut sa tête

 

https://www.dw.com/ 04.06.2020

 

La justice tchadienne a ouvert une information judiciaire contre le chef rebelle centrafricain d’origine tchadienne, Abdoulaye Miskine, ainsi que trois de ses compagnons, tous détenus à N’Djamena.

Le leader du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), Abdoulaye Miskine, de son vrai nom Martin Koumtamadji, et trois de ses compagnons, avaient été interpellés à l’est du Tchad et conduit à N’Djamena en octobre 2019.  

A l’époque, Bangui avait dépêché à Ndjamena le ministre centrafricain de la Justice, Flavien Mbatta, en vue de négocier l’extradition de ces rebelles. Mais, le Tchad avait refusé. 

Huit mois après, la justice tchadienne décide finalement d’ouvrir une information judiciaire contre ces rebelles centrafricains. 

Que leur reproche-t-on concrètement ? Pour Maître Mognan Kembetiade, un des avocats des prévenus, ‘’On reproche à Abdoulaye Miskine et aux trois autres, l’infraction d’organisation de mouvement insurrectionnel et de viol, en 2004. Les conseils se réservent pour l’instant le droit de présenter les moyens de défense qui permettront aux juges de rendre une ordonnance digne de ce nom. Il n’a pas été  précisé s’il s’agit de viol commis sur le territoire tchadien ou en territoire centrafricain. Parce que nous n’avons vu aucune plainte annexée au procès-verbal d’enquête préliminaire. Dès l’instant où une information judiciaire est ouverte et le juge d’instruction saisi de l’affaire, je pense qu’on ne peut plus parler d’extradition‘’, explique l'avocat.

Abdoulaye Miskine comme moyen de pression

Selon le juriste politologue Sitack Yombatina Beni, deux hypothèses justifieraient le refus des autorités tchadiennes d’extrader ces rebelles en Centrafrique :

"La première hypothèse plausible qu’on pourrait émettre est que le Tchad refuse qu’Abdoulaye Miskine puisse se retrouver de l’autre côté et fasse un certain nombre de confessions. La deuxième hypothèse qu’on peut émettre également, vue la tension entre la république centrafricaine et le Tchad, est que le Tchad garderait Abdoulaye Miskine et sa suite comme moyen de pression pour permettre de dénouer les relations entre les deux pays. Il aurait été plus facile de les renvoyer en Centrafrique et puis le Tchad pourrait aussi se constituer partie civile. Parce qu’Abdoulaye Miskine n’est pas seulement réclamé par la Centrafrique mais aussi par la Cour pénale internationale (CPI). "

Relations difficiles

Un avis que partage bon nombre de défenseurs tchadiens des droits humains, comme Sosthène Mbernodji, le Coordonnateur du mouvement citoyen pour la préservation des libertés, le MCPL. "Il faut que le Tchad arrête de s’impliquer dans les affaires centrafricaines. Abdoulaye Miskine doit être extradé en Centrafrique puisqu’il est centrafricain. On n’a pas assez de garantie pour que Miskine soit jugé et purge sa peine ici", estime Sosthène Mbernodji.

La DW a tenté sans succès, d’avoir l’avis des autorités judiciaires tchadiennes sur le sujet.

En 2003 et 2014, la République centrafricaine avait accusé le Tchad de soutenir des rebellions contre les différents pouvoirs qui se sont succédé en Centrafrique. Des accusations qui continuent jusque-là d’empoisonner les relations diplomatiques entre Bangui et N’Djamena.

 

 

RCA-Tchad: Abdoulaye Miskine ne sera pas extradé en République centrafricaine

 

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 4 juin 2020 15:54

 

Arrêtés en octobre 2019 au sud du Tchad, proche de la frontière centrafricaine, Martin Koumtamandji alias Abdoulaye Miskine et trois de ses compagnons sont détenus depuis plusieurs mois dans la capitale tchadienne. Placé sous mandat de dépôt au Tchad, le chef rebelle centrafricain ne sera pas extradé vers la Centrafrique, suite à l'opposition du Tchad. Toutefois, les autorités judiciaires centrafricaines indiquent qu'elles ne mettront pas fin à la poursuite déjà déclenchée par la RCA.

Suite à son arrestation en octobre 2019 à Tissi, dans le Sud-est du Tchad, Martin Koumtamandji alias Abdoulaye Miskine, leader du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), ne sera pas extradé vers la République centrafricaine. Accusé d'avoir commis des crimes sur le sol tchadien, le chef rebelle, placé sous mandat de dépôt et incarcéré à N’Djamena doit devoir répondre des crimes présumés qu'il aurait commis sur le sol Tchadien, car reconnu comme citoyen tchadien par les autorités du Tchad.

En substance, le Tchad a opposé une fin de non recevoir à la demande des autorités centrafricaines qui, il y a quelques mois, sollicitaient l'extradition de Abdoulaye Miskine. Selon les autorités tchadiennes, le présumé est un ressortissant tchadien qui a commis des infractions au Tchad. Et face à cette situation, il ne peut être extradé vers un autre pays avant qu'il ne soit jugé. Par ailleurs, les responsables judiciaires du Tchad affirment qu'une information judiciaire a été ouverte après son déferrement devant le parquet.

"Les autorités judiciaires tchadiennes nous ont opposé une fin de non-recevoir, soutenant que Abdoulaye Miskine est un sujet tchadien qui a commis des crimes sur le territoire tchadien. Et donc de ce fait, elles ne peuvent l'extrader avant qu'il ne soit jugé. C'est suite à cela, qu'il a été déféré devant le parquet et le parquet a décidé de l'ouverture d'une information judiciaire" affirme Alain Gbazialé, Directeur général des services judiciaires.

Pour les autorités centrafricaines, déterminées à mettre la main sur le chef rebelle, même s'il est jugé au Tchad, cela ne mettra pas fin à la poursuite judiciaire déjà déclenchée par la République centrafricaine.

"Abdoulaye Miskine va être jugé au Tchad pour les faits commis au Tchad. Mais pour les faits commis sur le territoire centrafricain, il reste poursuivi par les autorités judiciaires centrafricaines. Cela veut dire que s'il venait à être condamné au Tchad, à l'issue de sa peine, s'il se retrouve sur le sol centrafricain, il sera appréhendé pour répondre de ses actes devant les instances judiciaires centrafricaines" a ajouté Alain Gbazialé.

Abdoulaye Miskine, chef rebelle et leader du groupe armé FDPC fait l’objet d’un mandat d’arrêt décerné par le juge d’instruction le 5 août 2019. Il est soupçonné pour multiples infractions, notamment, association de malfaiteurs, crimes contre l’humanité, rébellion et vols qualifiés.

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