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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 22:56
La Centrafrique veut séduire les investisseurs miniers
La Centrafrique veut séduire les investisseurs miniers

Lu pour vous

 

Centrafrique: les limites du développement de l'exploitation minière en débat au Sémica

 

Avec notre correspondante à Bangui,  Charlotte Cosset  RFI  28/02/2020 - 04:02

Un grand rendez-vous se tient à Bangui jusqu’au 29 février, le premier du genre en RCA : le Salon international de l'énergie, des mines et des carrières (Sémica). Habituellement organisé en Afrique de l’Ouest cette année, il se délocalise à Bangui alors que le pays est toujours sous le coup de l’embargo concernant les diamants du processus de Kimberley. 2000 participants sont attendus : délégations officielles d’États miniers ou potentiels investisseurs privés.

Or, diamant, mais aussi bien d’autres minerais. 470 indices des minéraux sont présents sur le territoire et pourraient intéresser les investisseurs. Florent Lager, vice-président de la Fédération des mines du Congo et directeur général d’une compagnie minière à Brazzaville, a fait le déplacement.

« Il y a un potentiel de minerais de fer avec une qualité qui paraît assez intéressante il y a un potentiel de cuivre, il y a un potentiel de cobalt, il y a un potentiel de coltan, il y a un potentiel de terres rares qui sont intéressants pour les investisseurs. Maintenant il y a un certain nombre de défis pour réaliser ce potentiel et pour que les investisseurs viennent réellement investir en Centrafrique », résume-t-il.

Parmi ces défis, les recherches engagées dans ce domaine sont limitées, l’enclavement du pays et le faible niveau d’infrastructures de transports et de production d’énergie.

Autre limite, l’embargo de Kimberley sur l’exportation d’une partie des diamants du territoire. « Je voudrais demander aux partenaires du pays de comprendre que nous ne pouvons pas continuer à vivre que de la fiscalité. Avec l’amélioration du climat sécuritaire, il faut que cette mesure soit levée de façon à permettre au pays de tirer profit de l’exploitation des produits de son sous-sol. Pour ce qui concerne les banques, le gouvernement est en train de travailler avec elles sur la possibilité d’apporter un réel soutien aux opérateurs du secteur », explique Firmin Ngrébada, le Premier ministre centrafricain.

Les autorités souhaitent multiplier les partenariats et les potentialités du secteur minier. À terme, elles espèrent que le développement de l’industrie minière contribue à la stabilisation du pays et au développement de l’économie.

 

 

Afrique Centrale: Investissement – Ce que le groupe du milliardaire Dangoté Aliko va faire en Centrafrique

 

https://afriqueactudaily.com/ 1 mars 2020

 

Une délégation du groupe nigérian, Dangoté group, du nom de l’homme le plus riche d’Afrique et 23eme fortune mondiale (25 milliards de dollars) conduite par Alhassan Maju, est présente au salon international des Mines, carrières et pétrole (Semica Centrafrique) qui se tient à Bangui du 27 au 29 février sous le thème « Investir en Afrique dans le domaine des Mines, carrières et pétrole ».

Parrain de la première édition du salon international des Mines, carrière et Pétrole à Bangui, Aliko Dangoté, acteur majeur dans le ciment, l’agroalimentaire, la logistique et l’immobilier en Afrique, était représenté par cette délégation nigériane composée des responsables de la filiale Borkir International co.Ltd.

« Nous sommes heureux et satisfaits d’être ici à Bangui. La Centrafrique vient de loin avec les crises qu’elle a connues. Aujourd’hui nous sommes heureux que le pays soit en paix, et décide d’ouvrir son économie aux investisseurs étrangers. Nous félicitons le président de la république et son gouvernement, et les assurons de toute notre disponibilité à les accompagner dans la mesure du possible et selon les besoins du pays », a promis, Alhassan Maju, PDG du groupe Borkir International Co. Ltd une filiale du groupe Dangoté leader dans l’agroalimentaire.

Pour lui, les centrafricains ont le plein droit de jouir du don de dieu qui a fait du sol et sous-sol de la Centrafrique un champ infini de ressources naturelles.

« Nous sommes prêts à investir dans le riz, le ciment, le sucre voire dans le bâtiment », a renchéri Sahabi Tukur membre de la délégation, et de l’équipe dirigeante du groupe Borkir international Co.Ltd.

 

La Centrafrique veut séduire les investisseurs miniers

 

Par Gaël Grilhot Le Monde Publié le 27 février 2020 à 18h30

 

Bangui accueille cette année le Salon international des mines et des carrières. Mais l’insécurité du pays, qui regorge de ressources, rend les entreprises frileuses.

 

« Même moi, j’ai trouvé du coltan ! » Les yeux de Jean Biandja s’éclairent au récit de cette anecdote qui remonte aux années 1990. Alors qu’il assistait des artisans miniers non loin de Bangui, la capitale de la Centrafrique, l’ingénieur géologue était tombé par hasard sur ce minerai devenu aujourd’hui indispensable à la fabrication des téléphones portables. Une preuve parmi d’autres des richesses du sous-sol centrafricain, estime Jean Biandja, qui enseigne depuis plus de trois décennies à l’université et à l’Institut supérieur de technologie de Bangui. « La République centrafricaine en termes de sous-sol, rappelle-t-il, c’est la continuité septentrionale de la République démocratique du Congo », un pays qualifié de « scandale géologique » tant le pays regorge de richesses minières.

« C’est ce potentiel inexploité qui intéresse les investisseurs qui viennent au Sémica, le Salon international des mines et des carrières », confirme Innocent Belemtougri, fondateur et commissaire général du cabinet du même nom basé à Ouagadougou, au Burkina Faso, et qui organise le salon. Entre jeudi 27 et samedi 29 février, plus de 2 000 participants, dont 300 étrangers, sont donc attendus au Sémica, qui se tiendra cette année à Bangui.

Pour le gouvernement centrafricain, l’intérêt d’accueillir cet événement est double. « Nous voulons donner une autre image de la Centrafrique, et aborder l’industrialisation du secteur », explique Fanta Mariette Samba Vomi, cadre du ministère des mines et coordinatrice du salon. « Les entreprises qui vont venir ici, espère-t-elle, embaucheront des Centrafricains, verseront des taxes qui participeront au développement du pays. »

Etudes prometteuses

Mais les investisseurs ont leur propre calendrier. Ils attendent d’en savoir plus sur le type de ressources disponibles, leur qualité et leur quantité, précise Innocent Belemtougri. Un niveau d’information minimum qui doit leur permettre d’évaluer les investissements nécessaires pour mener une opération d’extraction et d’exploitation.

Ce potentiel demeure encore mal connu. De nombreuses études ont pourtant été menées par le passé, durant la colonisation, puis sous le règne de Bokassa, au pouvoir de 1966 à 1979. « Mais en l’état des connaissances de l’époque, le monde minier se limitait à l’or et au diamant », admet Jean Biandja. Deux productions qui font vivre encore aujourd’hui près de 300 000 Centrafricains, travaillant à plus de 80 % dans des structures artisanales.

D’autres ressources, comme le pétrole ou l’uranium, ont également été identifiées, mais c’est surtout le plan minier réalisé en 1995 qui a permis d’établir une carte proposant 470 indices minéraux sur l’ensemble du territoire : cassitérite, fer, manganèse, cuivre, ou encore terres rares, longtemps négligées, et qui pourraient faire la fortune du pays. Pour autant, ces indices ne signifient rien en termes de quantité ou de qualité. Certaines zones, comme Ndashima, dans le centre du pays, ont bien fait l’objet d’études plus précises et prometteuses. Mais aucune recherche approfondie ne permet d’avoir une vue d’ensemble.

Sébastien Pennes, expert indépendant du secteur minier et fin connaisseur de la République centrafricaine (RCA), identifie là un frein majeur aux ambitions du pays de devenir une plateforme minière. « Pour arriver à une étape rentable en matière de production, il faut passer par de multiples phases, qui, elles, ne le seront pas, affirme-t-il. Le coût de la recherche géologique sur l’ensemble des zones minières s’élève à environ 300 millions de dollars [274 millions d’euros] », ce que ne peut pas se permettre actuellement un pays comme la RCA.

En outre, les investisseurs, pour prospecter, ne se focalisent pas seulement sur la ressource disponible. « Il y a plein d’autres caractéristiques, comme la présence d’infrastructures [plus le minerai est lourd, plus il en faut], la possibilité de faire sortir les produits, le coût des matières premières, la stabilité politique, etc. », énumère Sébastien Pennes. Or la RCA est loin de cocher toutes les cases. La question sécuritaire est l’un des points cruciaux. Depuis la signature de l’accord de paix du 6 février 2019, la situation s’est un peu améliorée, mais elle est encore fragile et certaines zones minières sont toujours sous contrôle des groupes armés.

« Diamants du sang »

L’embargo sur les « diamants de sang », imposé par le processus de Kimberley, est aussi une question sensible. Le gouvernement souhaite lever l’interdiction d’exportation pour certaines zones, afin de relancer la filière légale, aujourd’hui totalement effondrée alors qu’elle rapportait avant la crise entre 40 % et 50 % des recettes d’exportation du pays. Innocent Belemtougri, lui, préfère voir le verre à moitié plein. « La stabilité politique est en train de se mettre en place. Une dynamique est engagée », veut-il croire. En outre, des gisements prometteurs ont été identifiés dans des régions qui ne présentent plus de problèmes de sécurité.

 « Le gouvernement a mis en place de nombreuses réformes, dans le cadre de la lutte contre la contrebande minière, et de nombreux projets sont également en cours dans le domaine du transport et de l’énergie », ajoute Fanta Mariette Samba Vomi. Un mécanisme régional de certification de certaines ressources (or, cassitérite, etc.) est en cours d’adoption, et le Code minier est également en cours de révision. Mais, pour le moment, ces projets et textes sont bien loin d’avoir tous abouti.

Selon Sébastien Pennes, le grand intérêt du Sémica est de « diversifier les acteurs économiques dans le secteur minier du pays », mais il ne faut pas mettre trop d’espoir dans un développement industriel à court terme. La RCA, estime-t-il, doit d’abord se baser sur les ressources déjà connues, comme l’or ou le diamant.

 

Gaël Grilhot(Bangui, correspondance)

 

 

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