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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 23:18
Centrafrique : les massacreurs de Bangassou condamnés à la perpétuité
Centrafrique : les massacreurs de Bangassou condamnés à la perpétuité
Centrafrique : les massacreurs de Bangassou condamnés à la perpétuité

 

JUSTICE

 

Centrafrique : les massacreurs de Bangassou condamnés à la perpétuité

 

Par Célian Macé — Libération 7 février 2020 à 18:26

 

Cinq chefs anti-balaka locaux impliqués dans la tuerie du 13 mai 2017, qui visait les habitants d'un quartier musulman, ont été reconnus coupables de «crimes contre l'humanité» par la cour criminelle de Bangui.

 

Ce massacre-là ne restera pas impuni. Plus brutale, plus large, plus visible que des dizaines d’autres qui continuent d’ensanglanter la Centrafrique, la tuerie de Bangassou a donné lieu à un procès (chose rarissime) qui s’est achevé ce vendredi par la condamnation de cinq chefs de guerre locaux et 23 de leurs hommes. La cour criminelle de Bangui a prononcé une peine de prison et de travaux forcés à perpétuité pour les leaders, reconnus coupables de «crimes de guerre» et «crimes contre l’humanité». Les exécutants, eux, ont écopé de dix à quinze ans de réclusion.

Le 13 mai 2017 au matin, des miliciens anti-balaka, ces groupes d’autodéfense constitués pour lutter contre les combattants de la Séléka qui avaient pris le pouvoir par la force à Bangui en 2013, se déchaînent contre les habitants de Tokoyo, un quartier de Bangassou, ville frontalière de la république démocratique du Congo située à 700 kilomètres de la capitale. L’ONU comptabilise 72 morts. Les habitants de Tokoyo, musulmans, se réfugient dans la mosquée, où ils seront assiégés pendant trois jours avant d’être exfiltrés par les Casques bleus. Les assaillants sont en grande partie chrétiens et animistes. Partout dans le pays, les chefs de guerre instrumentalisent les tensions interconfessionnelles pour organiser des attaques et étendre leur domination.

La Séléka a été chassée de Bangui en 2014. Mais en 2017, les groupes armés qui la composaient règnent en maître sur la majeure partie du territoire centrafricain – c’est encore le cas aujourd’hui. L’arrivée dans la région de Bangassou des combattants de l’UPC, l’un de ces groupes armés prédateurs, exacerbe à l’époque les conflits communautaires. «L’attaque de Bangassou découle de tensions locales ainsi que de rivalités économiques et politiques. La réinstallation de l’UPC aux alentours de Bangassou a été source de frustration pour certains habitants. En particulier, le sentiment qu’un traitement préférentiel serait accordé par l’UPC aux commerçants musulmans, accusés d’être dispensés du paiement des taxes exigées aux barrages de l’UPC, écrivaient les experts des Nations unies dans un rapport publié quelques mois après le massacre. Ce sentiment de frustration a été instrumentalisé par certaines personnalités et autorités locales, pour qui la communauté musulmane tout entière soutiendrait l’UPC. Plus généralement, des personnalités politiques à Bangui ont elles aussi soutenu les anti-balaka. Aux yeux de ces hommes politiques, la présence de ces groupes anti-balaka à Bangassou est un moyen d’interposition contre une nouvelle avancée des factions ex-Séléka vers l’est.»

C’est la limite du procès. Seuls les chefs anti-balaka identifiés par des témoins comme présents à Bangassou le 13 mai 2017 – notamment Kevin Bere Bere, Romaric Mandago et «Pino Pino» (Crépin Wakanam de son vrai nom) – ont été condamnés. Ils menaient la colonne de miliciens anti-balaka qui descendait depuis plusieurs jours sur Bangassou pour chasser les ex-Séléka, assassinant les musulmans sur leur passage et s’en prenant aux Casques bleus qui dérangeaient leurs plans. «Ce sont des exécutants, des petits chefs de bande, violents et dangereux certes, mais le carnage de Bangassou n’aurait pas été possible sans le soutien des politiciens de Bangui, précise Enrica Picco, chercheuse spécialiste de l’Afrique centrale. Les liens sont évidemment difficiles à démontrer sur le plan juridique, et il n’y a pas la volonté politique pour le faire.»

Le verdict, qui survient au lendemain du premier anniversaire de la signature d’un accord de paix toujours fragile, a néanmoins été salué par les organisations de défense des droits de l’homme. «Par la décision rendue aujourd’hui, la justice centrafricaine marque son attachement à la lutte contre l’impunité», a indiqué Mathias Morouba, président de l’Observatoire centrafricain des droits de l’homme et avocats des victimes. L’un des rares motifs d’espoir en provenance du pays.

 

Célian Macé

 

Centrafrique : cinq chefs d’une milice anti-balaka condamnés pour « crimes contre l’humanité »

 

Le Monde avec AFP Publié hier à 16h57

 

En mai 2017, ce groupe armé à majorité chrétienne et animiste avait massacré des dizaines de civils musulmans à Bangassou, dans le sud du pays.

Cinq chefs d’une milice centrafricaine ont été condamnés, vendredi 7 février à Bangui, aux travaux forcés à perpétuité pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité », une première dans ce pays ravagé par la guerre civile depuis 2013. Ils ont été jugés coupables du massacre de dizaines de civils en 2017.

 

« C’est la première fois qu’une condamnation pour crimes contre l’humanité est prononcée par un tribunal centrafricain », a déclaré par téléphone à l’AFP le ministre de la justice, Flavien Mbata ; ce qu’a confirmé la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). Les verdicts, lus par le président de la cour pour chacun des accusés, ne sont susceptibles que d’un recours en cassation.

Deux des hommes condamnés par la cour criminelle de Bangui sont Crépin Wakanam, dit « Pino-Pino », et Kevin Bere Bere, dit « Béré-Béré », principaux chefs d’une milice d’autodéfense anti-balaka (à majorité chrétienne et animiste) qui avait massacré des civils musulmans à Bangassou, le 13 mai 2017. Leur groupe armé avait notamment attaqué le quartier de Tokoyo et une base de l’ONU dans cette localité du sud de la Centrafrique.

Selon les Nations unies, l’assaut de ce jour-là, ainsi que des heurts les jours d’avant et d’après, avaient fait 72 morts, 76 blessés et 4 400 déplacés. Les membres de la communauté musulmane qui se trouvaient réfugiés dans l’église catholique de cette ville avaient été particulièrement visés. Et plusieurs casques bleus (le nombre n’est pas clairement établi) avaient également été tués par la même milice ce mois de mai à Bangassou et dans les environs.

En tout, 28 accusés étaient jugés pour « crimes contre l’humanité, crimes de guerre, pillages et meurtres ». Trois autres responsables de la milice à divers degrés ont été condamnés à la même peine et pour les mêmes chefs d’accusation que Béré-Béré et Pino-Pino : Romaric Mandago, Patrick Gbiako et Yembeline Mbenguia Alpha. Le reste des accusés, des combattants du groupe, ont été condamnés à des peines allant de dix à quinze ans de travaux forcés, notamment pour assassinat et détention illégale d’armes.

 

 

Procès de Bangassou en Centrafrique: le général Pino Pino et Kevin Béré-Béré condamnés aux travaux forcés à perpétuité

 

http://www.rfi.fr/ 07/02/2020 - 14:50

 

En Centrafrique, le jugement a été rendu ce 7 février au matin au procès de Bangassou. Les principaux chefs de guerre anti-balaka jugés sont condamnés pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Parmi eux, on compte le général Pino Pino et Kevin Béré-Béré, qui écopent de la prison et de travaux forcés à perpétuité. Les autres combattants condamnés écopent de 10 à 15 ans de prison. Dans ce procès qui aura duré plus de trois semaines, trente prévenus étaient poursuivis pour les violences commises en 2017 à Bangassou, ville du sud-est de la Centrafrique, qui avaient fait plusieurs dizaines de morts, dont des casques bleus et provoqué le déplacement de milliers d'habitants.

 

Crimes à Bangassou en Centrafrique: un procès révélateur d'une profonde crise

 

http://www.rfi.fr/ 07/02/2020 - 23:17

 

Les leaders anti-balaka étaient jugés à Bangui vendredi pour de nombreuses exactions commises à Bangassou en 2017, notamment l’incendie du quartier musulman de Tokoyo et le meurtre de plusieurs casques bleus. Mais c’est une crise bien plus complexe, aux acteurs multiples, qui s’est révélée en toile de fond de ce procès.

« Le groupe des auto-défense a été créé par de grandes personnalités », témoigne à la barre l’ancien préfet de Bangassou. « La personne qui en était le principal initiateur était le représentant du sultan. […] Il était assisté du sous-préfet de Bangassou, de l’abbé Bissialo et d’autres », affirme-t-il.

Les noms s’égrainent dans les bouches des témoins et des ex-combattants qui défilent à la barre. Le « général » autoproclamé Béré-Béré, condamné à la réclusion à perpétuité, déclare : « Je ne suis pas arrivé à ce niveau de mon propre chef. Ce sont les chefs de quartier, le sultan et la plateforme religieuse qui l’ont décidé. » Décrivant ce qu’il appelle son « travail de médiation ». « La plateforme religieuse et les chefs de villages m’ont confié cette responsabilité », insiste-t-il.

D’autres personnalités sont citées, notamment des hommes politiques qui auraient financé ou tiré les ficelles de cette milice armée. Le procureur général rappelle l’historique de la formation des auto-défense de Bangassou. Il parle d'« une opposition parlementaire armée » créée à la suite d’espoirs déçus aux élections législatives de 2016.

Ces groupes d’auto-défense s’étaient créés pour prétendument défendre les populations chrétiennes contre les Seleka.

 

 

Paix et sécurité

 

RCA : l’ONU salue la condamnation des auteurs de violences meurtrières de 2017 dans le sud-est du pays

 

7 février 2020

 

Les Nations Unies ont salué vendredi la condamnation de 28 personnes jugées pour les violences qu’elles avaient commises dans le sud-est de la République centrafricaine (RCA) en 2017, tuant plusieurs civils et Casques bleus.

32 individus, assimilés à des combattants de la milice anti-balaka, étaient jugés depuis le 15 janvier 2020 à Bangui, la capitale de la RCA, pour des violences commises entre les 8 et 13 mai 2017, les 22 et 27 juillet 2017, et le 26 novembre 2017 à Bangassou et ses environs (localités de Yongofongo, de Bakouma et de Bema).

Les violences des anti-balakas s’étaient traduites par le meurtre de plusieurs civils et de 10 casques bleus de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA). Ces éléments armés s’étaient également livrés au pillage et à la destruction d’habitations et de biens et avaient attaqué à l’arme lourde le bureau de la MINUSCA à Bangassou. Leurs violences avaient contraint des milliers de civils à fuir leurs domiciles.

Vendredi, la Cour d’appel de Bangui a prononcé un verdit dans lequel 28 des 32 personnes poursuivies ont été reconnues coupables de ces violences. Les peines prononcées vont de 10 ans d’emprisonnement aux travaux forcés à perpétuité.

Pour le chef de la MINUSCA, Mankeur Ndiaye, ce verdict « témoigne de la volonté de l’Etat centrafricain, à travers l’appareil judiciaire, de lutter contre l’impunité en RCA ». Dans un communiqué publié le jour même du verdict, M. Ndiaye a rappelé que le Forum de Bangui en 2015 avait souligné l’importance de ne pas oublier les victimes civiles.

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RCA a souligné que la condamnation « met fin progressivement à un cycle d’impunité pour rouvrir l’ère de la reddition des comptes et de la justice pour toutes les violences commises ». « Une étape », selon lui, « essentielle pour que le pays puisse avancer vers une réconciliation effective ».

« Nous prônons une tolérance zéro contre les agressions de Casques bleus et de tels actes ne resteront jamais impunis », a souligné le Représentant spécial, en référence aux 10 soldats de la paix tués dans ces violences.

La MINUSCA a indiqué qu’elle continuera, conformément au mandat assigné par le Conseil de sécurité, et avec l’ensemble de l’équipe-pays des Nations Unies en RCA, à soutenir les actions en faveur de la justice nationale et internationale, de la lutte contre l’impunité et de l’état de droit en Centrafrique.

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

LA MINUSCA SALUE LE VERDICT DU PROCES DES VIOLENCES AU SUD-EST DE LA RCA EN 2017 AYANT CAUSE LA MORT DE NOMBREUX CIVILS ET DE 10 CASQUES BLEUS

 

Bangui, le 7 février 2020 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) salue le verdict de la Cour d’Appel de Bangui dans le procès des 32 individus jugés pour les violences de mai, juillet et novembre 2017 à Yongofongo, Bangassou, Bakouma et Bema (sud-est de la République centrafricaine), ainsi que la condamnation, le vendredi 7 février, des 28 personnes reconnues coupables, à des peines allant de 10 ans d’emprisonnement aux travaux forcés à perpétuité.

 

Les 32 individus, assimilés à des Anti-Balakas, étaient jugés depuis le 15 janvier dernier à Bangui pour les violences commises entre les 8 et 13 mai, 22, 27 juillet et 26 novembre 2017 à Bangassou et ses environs, notamment le meurtre de plusieurs civils et de 10 casques bleus de la MINUSCA, les pillages et destruction d’habitations et de biens. Ces éléments armés avaient également attaqué le bureau de la MINUSCA à Bangassou en utilisant notamment des armes lourdes et forcé des milliers de civils à fuir leurs domiciles.

 

“Le verdict prononcé par la Cour d’Appel de Bangui témoigne de la volonté de l’Etat centrafricain, à travers l’appareil judiciaire, de lutter contre l’impunité en RCA. Le Forum de Bangui en 2015 avait souligné combien il est important pour les populations notamment les victimes, de savoir qu’elles n’ont pas été oubliées. Cette étape, qui met fin progressivement à un cycle d’impunité pour rouvrir l’ère de la reddition des comptes et de la justice pour toutes les violences commises, est essentielle pour que le pays puisse avancer vers une réconciliation effective. Nous prônons une tolérance zéro contre les agressions de casques bleus et de tels actes ne resteront jamais impunis”, a indiqué le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et Chef de la MINUSCA, Mankeur Ndiaye. 

 

La MINUSCA, conformément au mandat assigné par le Conseil de sécurité, et l’ensemble de l’Equipe Pays des Nations Unies en RCA continueront à soutenir les actions en faveur de la justice nationale et internationale, de la lutte contre l’impunité et de l’état de droit en RCA.

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