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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 00:50
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse

 

Lu pour vous

 

https://www.letemps.ch/ Richard Etienne mardi 3 décembre 2019 à 20:25

 

Treize véhicules de luxe ont décollé de Kloten à bord d’un avion-cargo en direction de Dubaï. La fin d’un long périple qui a fait suer les autorités genevoises. Tout porte à croire que la famille au pouvoir en Guinée équatoriale les a rachetées

Un avion de la compagnie luxembourgeoise Cargolux Airlines International a décollé mardi soir de Kloten avec à son bord 13 voitures de luxe ayant appartenu à la Guinée équatoriale, a appris Le Temps. Les treize bolides d’Obiang sont partis en direction de l’aéroport de Dubaï, plus de deux mois après leur vente aux enchères par l’Etat de Genève et la maison Bonhams, le 29 septembre sur les hauteurs de Nyon.

Elles quittent la Suisse après avoir fait souffrir la justice genevoise, puis le canton, pendant trois bonnes années. Les treize font partie d’un lot de 25 voitures qui avaient été déplacées au bout du Léman pour subir des réparations. Elles avaient été séquestrées par le Ministère public genevois à la fin de 2016 à Cointrin et dans des garages de luxe de la région genevoise. Dans le lot figurent une Koenigsegg, une Lamborghini Veneno, des Rolls-Royce et des Ferrari. Des modèles aussi rares que précieux.

Un séquestre tumultueux

La justice genevoise a alors ouvert une procédure pénale contre le fils du président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang, prévenu pour blanchiment d’argent et gestion déloyale des intérêts publics.

Pour les voitures, c’est le début d’un séquestre tumultueux. Elles sont d’abord entreposées dans un garage au Bureau des automobiles. Un an plus tard, un rapport de la police judiciaire constate qu’elles sont mal entretenues – or de tels modèles sont fragiles – et que dans ces conditions le séquestre va coûter cher aux contribuables.

Les procureurs décident donc de transférer les 10 modèles les plus luxueux dans un entrepôt au centre-ville en avril 2018, un local géré par l’entreprise qui s’en occupait avant leur séquestre, comme un retour à la case départ.

Les procureurs peinent à prouver les soupçons en partie parce que les véhicules appartiennent officiellement non pas à Teodorin Obiang, mais bien à l’Etat équato-guinéen. Un procureur est même récusé par le Tribunal fédéral, qui ne l’estime pas suffisamment impartial.

En février dernier, le pouvoir judiciaire annonce finalement qu’il classe l’affaire mais que les véhicules seront confisqués puis vendus aux enchères. Le produit de la vente doit être attribué à un projet à caractère social en Guinée équatoriale.

Vente record

La maison Bonhams est sollicitée pour aider l’Etat dans la vente. La famille Obiang fera une requête en justice pour l’annuler, sous prétexte que le canton devait les vendre en un seul lot et non pas aux enchères. Une action refusée quelques jours avant la vente, qui s’est déroulée dans le golf de Bonmont le 29 septembre. La Lamborghini Veneno part pour 8,2 millions de francs, un record.

Elle est acquise par un mystérieux marchand, dont le nom est connu du Temps, qui rachète même la moitié des 25 véhicules. Un marchand qui a déjà vendu des voitures à la famille Obiang et qui s’entretient durant la vente avec un autre intermédiaire proche du pouvoir équato-guinéen. Dans la chapelle où se déroule la vente, beaucoup croient que les Obiang ont racheté leurs voitures. Est-ce le cas? Ni la maison Bonhams, ni l’Etat de Genève n’ont souhaité répondre à nos sollicitations, pourtant nombreuses ces dernières semaines.

Ces deux derniers mois, les voitures ont été stockées dans un local en Suisse alémanique, en attendant leur départ pour les Emirats, où se trouve l’intermédiaire du mystérieux marchand. Il est donc survenu mardi.

 

Suisse : les 25 voitures de luxe de Teodorin Obiang vendues à 21,6 millions d'euros

Rodrigue Loué avec AFP 30/09 - 09:50

Saisies par la justice dans l’affaire dite du blanchiment d’argent, les voitures de luxe, proposées aux enchères en Suisse, n’ont pas mis beaucoup de temps avant de passer à d’autres mains. La procédure judiciaire a finalement eu raison du fils d’Obiang Nguema.

Les commissaires-priseurs de Bonhams, la maison d’enchères britannique qui a organisé la vente, n’ont pas fait dans la dentelle en proposant comme estimation de base la somme de 18,5 millions de francs suisses (plus de 17 millions d’euros). Dans un communiqué, Bonhams déclare : “La star de la collection, une Lamborghini Veneno ultra-rare, a été vendue pour 8,28 millions, commission comprise (7,6 millions d’euros), un record mondial pour la marque.”

La voiture de marque italienne (voir photo) dont il ne reste que neuf exemplaires sur Terre, est désormais la propriété d’un “collectionneur international privé”, selon une précision de Lynnie Farrant, porte-parole de la maison des enchères. Le même collectionneur privé, heureux propriétaire de la Lamborghini Veneno de couleur blanc cassé est aussi détenteur d’un nombre important d’autres véhicules issus de la même vente aux enchères.

Ce collectionneur privé très actif

Non content de détenir la prestigieuse hyper car, il s’est offert une Koenigsegg One de couleur bleu et noir carbone pour la somme de 4,2 millions d’euros. A titre de précision, le véhicule était estimé entre 1,7 et 2,1 millions d’euros et il n’en existe que six exemplaires.

C’est par petits groupes que les véhicules de luxe ont été vendus et leurs marques ne sont pas des moindres : Ferrari (7), Lamborghini (3), Bentley (5), Maserati (1) et McLaren (1), entre autres.

Parmi les ‘‘bijoux’‘ vendus, un a particulièrement retenu l’attention de tous ; une Aston Martin One-77 de couleur rouge. Sur l’entrée de la belle anglaise, la mention gravée “Construite à la main en Angleterre pour Theodore Nguema Obiang Mangue”. La voiture, estimée entre 1,3 et 1,7 millions d’euros, a finalement été cédée à environ 1,4 millions d’euros.

Si vous vous demandez ce que deviendra cette colossale somme d’argent, sachez que la Suisse compte la reverser à des œuvres de charité basées en Guinée équatoriale, le pays de Teodorin Obiang Nguema, vice-président et fils du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Confisquée par la justice genevoise suite à l’ouverture en 2016 d’une procédure pénale à l’encontre de Teodorin Obiang dans une affaire de “blanchiment d’argent et gestion déloyale des intérêts publics”, la collection de belles mécaniques est désormais dispersée entre d’autres mains.

C’est en février dernier que la procédure a été classée, suite à un accord conclue entre la justice genevoise et les autorités de Guinée équatoriale. Cet accord stipulait la vente des 25 véhicules de luxe et la mise à disposition du produit (de la vente) à un programme à caractère social en Guinée équatoriale. Le tout, sous la supervision du ministère suisse des Affaires étrangères.

La volte-face qui a échoué

Et ce n’est pas tout ; la Guinée équatoriale s’est aussi engagée à verser la somme de 1,3 millions de francs suisses (1,4 millions d’euros) à titre de recouvrement des frais de procédure dans le cadre de la vente aux enchères.

Mais le pays d’Obiang Nguema avait tenté une volte-face. En effet, à seulement quelques jours de la vente aux enchères, la Guinée équatoriale, estimant que le prix de la vente serait plus élevé lors de ventes de gré à gré avec des collectionneurs et des professionnels de la branche, s’essayait à une manœuvre pour l’annulation du deal. La justice genevoise n’a tout simplement pas suivi la Guinée équatoriale dans cette tentative.

En 2017, Teodoro Obiang Nguema a été condamné à Paris à trois ans de prison avec sursis, une sentence doublée d’une amende de 30 millions d’euros. Il lui a été reproché la construction frauduleuse d’un colossal patrimoine constitué, entre autres, d’un hôtel particulier à Paris, de voitures de course et de luxe, de jets privés et de dizaines de costumes de grandes marques hors de prix. Cette affaire, plus connue sous l’appellation de “biens mal acquis”, a vu le concerné faire appel de la sentence.

Tous ces revers judiciaires ne freinent cependant pas l’ascension au sommet de Teodorin Obiang dans son pays. Fin novembre 2018, le fils Obiang, préféré de son père pour le poste de président de la République, dirigeait son premier Conseil des ministres, exercice qui n‘était jusqu’alors réalisé que par le président Teodoro Obiang.

Cela fait maintenant 40 ans que Teodoro Obiang Nguema, 77 ans, dirige d’une main de fer la Guinée équatoriale, petit pays pétrolier d’Afrique centrale depuis le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir en 1979. Le pays est marqué par l’une des plus graves corruptions au monde, selon l’ONG Transparency International. En Guinée équatoriale, une grande partie de la population vit dans la pauvreté.

Teodorin, le fils, occupe depuis 2012 le poste de vice-président et est surtout connu pour ses nombreuses frasques et coups d‘éclat qui sont le plus souvent très médiatisés.

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