Centrafrique : Le Chef de la MINUSCA à moitié satisfait du bilan de l’accord de paix dans le pays
BANGUI, 23 juin 2019 (RJDH)---Mankeur Ndiaye, représentant spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies et chef de la MINUSCA, a dressé un constat très mitigé au Conseil de sécurité de l’ONU à New York le jeudi 20 juin dernier. Un bilan présenté quatre mois après la signature de l’accord de paix, entre le gouvernement et les groupes armés, qui peine à se transformer en actes concrets sur le terrain.
La situation de la République Centrafricaine était à l’ordre du jour le jeudi 20 juin au Conseil de Sécurité de l’ONU à New York où le chef de la MINUSCA a pointé du doigt le manque de sincérité des groupes armés, signataires de l’Accord de Paix du 6 février dernier à Bangui.
Selon le diplomate sénégalais, « des violations de l'accord de paix pour la Centrafrique conclu le 6 février sont commises chaque jour par des groupes armés », a indiqué jeudi au Conseil de sécurité, Mankeur Ndiaye.
Si la mise en place fin mars d'un gouvernement dit : « inclusif » est placée sur le compte des avancées, il n’en demeure pas moins que «la situation sécuritaire demeure fragile», a résumé le responsable. «Chaque semaine, entre 50 et 70 violations de l'accord de paix, commises principalement contre les populations civiles par les groupes armés sont rapportées», a-t-il précisé.
«La violence contre les civils, la levée illégale de taxes, l'obstruction au déploiement de l'autorité de l'Etat et l'occupation de bâtiments publics persistent et constituent une source de profondes frustrations pour le peuple centrafricain», a relevé Mankeur Ndiaye.
Des signataires, ce sont les autorités centrafricaines qui ont fait le plus d’avancées avec la mise en place d’un gouvernement inclusif ou encore le travail pour rendre les unités spéciales mixtes de sécurité opérationnelles. Une manière de signifier que les groupes armés, eux, montrent peu d’enthousiasme selon le responsable en violant chaque jour les clauses de l’accord de paix et des violations régulières de l’embargo sur les armes. Pour lui, les premières victimes de la violence sont les civils et les humanitaires, comme en témoigne le massacre du 21 mai par le groupe armé 3R.
Chancelant, indubitablement, l’accord de paix reste néanmoins le seul espoir de mettre fin à la crise et doit rester la boussole des autorités, ont souligné les membres du Conseil de Sécurité alors que des élections présidentielles et législatives doivent se tenir en décembre 2020.
Dans une déclaration commune, ils estiment que « la priorité doit aussi être mise sur les programmes de désarmement, démobilisation, et réhabilitation des groupes armés, condition préalable à la restauration de l’État sur tout le territoire, et à la réconciliation nationale », exhortent-ils.
Les Etats-Unis ont jugé de leur côté que les responsables des violations de l'accord de paix rendent des comptes, une position nuancée par la Centrafrique qui a fait valoir pour sa part que "du temps" était nécessaire pour une application effective de "tout accord" de paix.
Vianney Ingasso.
Centrafrique : Trois présumés auteurs de braquage des véhicules d’une ONG à Bouca arrêtés et placés en détention
BOUCA, le 23 Juin 2019 (RJDH)----Trois bandits armés, présumés auteurs de braquage des véhicules appartenant à une organisation humanitaire à Bouca ont été appréhendés par un groupe de jeunes constitués en autodéfense au village Lady, à une soixantaine de kilomètres de Bouca au nord du pays. Ces présumés auteurs, selon des sources locales sont entre les mains des éléments de la gendarmerie de Bouca pour des procédures judiciaires.
L’acte s’est produit le mercredi 19 juin dernier au village Lady, localité située à 65 kilomètres de Bouca, axe Batangafo dans l’Ouham. Ces trois présumés auteurs proches des Anti Balaka de Lady ont braqué trois véhicules d’une ONG humanitaire.
« Après avoir commis, des éléments d’autodéfense de Lady se sont mobilisés pour descendre sur les lieux. Après les recherches, ils ont réussi à mettre les mains sur quelques éléments et récupérer tous les autres objets volés appartenant aux structures humanitaires », a expliqué une source humanitaire contactée par le RJDH.
Selon des sources proches de la gendarmerie de Bouca, ces éléments sont en détention dans les locaux de la gendarmerie locale pour des informations judiciaires.
Le braquage à main armée, viol, les violences basées sur le genre (VBG) sont les cas les plus fréquents ces derniers temps dans la ville de Bouca et ses environs. Les trois véhicules d’une ONG humanitaire, dont les responsables n’ont pas souhaité se prononcer, ont été braqués le mercredi 19 juin dernier à environ 60 kilomètres de la ville alors que ces véhicules revenaient d’une mission humanitaire dans certains villages proches de Bouca.
Marcelin Yondoroma.
Centrafrique : 27 cas d’abus sexuels et des violations des Droits de l’Homme documentés par la Minusca en l’espace d’une semaine
BANGUI, 22 juin 2019 (RJDH) --- La Minusca a documenté en l’espace d’une semaine plus d’une vingtaine de cas d’abus sexuels et des violations des Droits de l’Homme dans six villes du pays notamment le Mbomou, la Basse-Kotto, Ouham-pende. Ces informations sont rendues publiques lors de la conférence de presse de la mission onusienne à Bangui, le mercredi 19 juin dernier.
Les cas d’abus sexuels et violations des Droits de l’Homme ont été documentés entre mardi 12 à mercredi 18 juin dernier dans les préfectures du Mbomou, de la Basse Kotto, de l’Ouham-Pende, de la Nana Mambéré, de la Nana Gribizi, de Bamingui-Bangoran et de l’Ombella M’Poko. Des éléments Anti Balaka, et Séléka, selon la Minusca, sont les principaux auteurs. L’enquête de ces incidents a été effectuée par la Division des Droits de l’Homme de la Minusca du 12 au 18 juin 2019.
« Les Anti-Balaka, le MPC, le FPRC et l’UPC et certains groupes armés non identifiés », sont les présumés auteurs de ces violations précise le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro. « Les agents de l’Etat ont également commis des violations contre les civiles », ajoute le porte-parole de la mission onusienne en Centrafrique.
Le bilan dont dispose la Division des Droits de l’Homme de la Minusca, fait état de vingt cinq (25) victimes parmi lesquelles deux femmes.
Auguste Bati-Kalamet.