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18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 13:10
TEMOIGNAGE DE PROSPER N’DOUBA EN HOMMAGE  A  HUGUES DOBOZENDI
TEMOIGNAGE DE PROSPER N’DOUBA EN HOMMAGE  A  HUGUES DOBOZENDI

 

 

 Bangui, le 14 janvier 2019

 

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L'honorable devoir moral de témoigner des qualités exceptionnelles de l'homme que nous sommes appelés à conduire aujourd'hui à sa dernière demeure s'est imposé à moi lorsque j'ai appris, le samedi 29 décembre dernier, la mort d'Hugues DOBOZENDI, militant politique exigeant, rigoureux et discipliné du parti Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) , à qui je ne dois pas moins que le souffle de vie qui me permet ce jour de me tenir devant vous - en ce lieu qu'habitera sans doute longtemps son esprit - pour inviter nos compatriotes en général, et notre classe politique en particulier, à le prendre pour modèle d'engagement par devoir.



Lorsqu’en octobre 2002, les toutes premières hordes de mercenaires étrangers que certains acteurs politiques nationaux tapis dans l'ombre introduisirent dans notre pays pour les besoins de leur conquête du pouvoir – force est malheureusement de constater que près de vingt ans après, lesdits mercenaires sont toujours là et continuent de pourrir la vie aux Centrafricains et la nécessité de leur rapatriement dans leur pays respectifs demeure plus que jamais d’une brûlante actualité.

 

Je fus alors enlevé et séquestré plus d'un mois durant dans l’arrière-pays. Hugues DOBOZENDI fut un de ceux qui oeuvrèrent dans l’ombre et sans relâche pour obtenir ma libération. C’est pourquoi je me dois et tiens donc à lui rendre ici publiquement ce témoignage de mon infinie gratitude.



De ce responsable politique, je retiens le sens du désintéressement exemplaire qui suscita à l’époque  l'admiration du cadet et proche collaborateur du Président Ange-Félix PATASSE que j'étais. Ce qu’il fit en faveur de ma libération ne m'avait nullement étonné lorsque je l’appris après avoir recouvré la liberté.

 

Est-il besoin de rappeler qu’en démissionnant du gouvernement du régime du général André KOLINGBA au début des années 90 par respect de la discipline de son parti alors qu’il y siégeait au nom du MLPC en tant que Ministre de Justice Garde des Sceaux, chose rare et suffisamment exceptionnelle dans notre pays pour ne pas être soulignée encore aujourd'hui.  Dans les us et coutumes politiques de notre pays, Hugues DOBOZENDI s’était dès lors fait positivement remarquer à l’époque.



Un des rares Centrafricains à avoir suivi les formations du Centre d'Études Financières, Économiques et Bancaires (CEFEB) et de l'Agence française de développement (AFD), institution spécialisée placée sous la tutelle du ministère français des Affaires étrangères et du développement international dont la mission principale est le financement du développement au titre de la coopération bilatérale, il n'était pas le plus à plaindre parmi les Centrafricains et aurait pu se satisfaire du confort personnel et se contenter de faire une carrière tranquille de grand commis de l'Etat, comme c'est assez souvent le cas pour beaucoup d'entre nous jusqu’aujourd'hui.



Or c'est donc avec une conscience claire de la responsabilité des élites au service de l'intérêt général qu'il s'engagea corps et biens dans le militantisme politique avec un sens du respect de la discipline de parti que très peu incarnent dans les diverses formations politiques de notre pays, qualités que je laisserais à d'autres en particulier à ses camarades du MLPC,  le soin d'évoquer.

 

Je retiendrai seulement pour ma part que son engagement fut constant car, en homme d'action avisé dont la clairvoyance a permis au MLPC son parti, de s’emparer démocratiquement du pouvoir en 1993 pour une fois dans notre pays, il savait que dans la vie politique plus qu'ailleurs, on est en permanence dans le vent et comme l’avait si bien dit un grand auteur français, je veux parler de Jean Guiton, je cite : "être dans le vent, c'est avoir un destin de feuille morte", citation que je voudrais exhorter tous les hommes politiques centrafricains à méditer !

 

ADIEU HUGUES, Cher Aîné, repose en paix !

 

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