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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 13:23
POURPARLERS DE PAIX SUR LA RCA A KARTHOUM
POURPARLERS DE PAIX SUR LA RCA A KARTHOUM
POURPARLERS DE PAIX SUR LA RCA A KARTHOUM

 

RCA: quels groupes armés participent aux négociations à Khartoum?

 

Par RFI Publié le 24-01-2019 Modifié le 25-01-2019 à 11:02

 

Les négociations entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés ont commencé jeudi à Khartoum, au Soudan, et elles devraient se poursuivre jusqu'au 1er février, selon des sources à l'Union africaine qui chapeaute ce processus.

Pratiquement tous les principaux leaders des quatorze groupes armés qui contrôlent 80 % du territoire centrafricain sont présents à Khartoum pour ces négociations. Deux étaient particulièrement attendus, Nourredine Adam, chef du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), arrivé sur place jeudi matin, et Ali Darassa à la tête de l'Union pour la Centrafrique  (UPC), qui a rallié la capitale soudanaise dans la soirée jeudi, selon des sources sur place.

► RCA : les enjeux de la réunion de Khartoum

Les deux chefs de guerre ex-Seleka s'étaient montrés réticents à faire le déplacement de Khartoum. Une mission russe aurait eu un rôle déterminant pour les convaincre du contraire, selon des sources de l’ex-Seleka et de l'Union africaine.

Les ex-Seleka menacent de se retirer

Mais signe que ce processus ne sera pas des plus aisés, les ex-Seleka ont menacé dès avant l'ouverture de ces négociations de suspendre leur participation si les violences qui ont secoué la ville de Bambari dans la nuit de mercredi à jeudi se poursuivaient.

Abakar Sabone, un de leurs porte-parole qui se trouve à Khartoum, accuse les casques bleus portugais d'avoir tué à cette occasion sept civils musulmans, dont des femmes et des enfants.

Une source de la Minusca dément et explique que c'est l'opération « Bambari sans groupes armés » qui se poursuit. Une de ses patrouilles s'est heurtée à une trentaine d'éléments armés de l'UPC. Des échanges de tirs s'en sont suivis et, jeudi matin, une foule en colère est venue déposer devant la base de la Minusca trois corps de personnes tuées. Les corps se trouvent maintenant à la morgue de Bambari.

Dans un communiqué envoyé à RFI, la Minusca « déplore profondément les pertes en vies de civils ». La mission de l’ONU en Centrafrique accuse l’UPC d’être à l’origine des affrontements de mercredi à jeudi, en attaquant notamment les positions des casques bleus et met en garde le groupe armé contre toute tentative de se réinstaller dans la ville de Bambari.

 

■ La lettre de l’ex-président Bozizé

 

L'ancien président centrafricain François Bozizé, qui vit en exil en Ouganda, vient d'écrire à Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'Union africaine, qui chapeaute ces négociations. Il dénonce l'exclusion des anciens chefs d'Etat de Centrafrique du processus en cours à Khartoum, dont il rend responsable le gouvernement de son pays. Il espère être convié à y participer avant la fin de ces assises afin, dit-il, que « chaque entité apporte sa pierre à la résolution définitive de la crise centrafricaine ».

 

 

POURPARLERS DE PAIX SUR LA RCA A KARTHOUM

 

http://lepays.bf   24 janvier 2019

 

Qui, pour résoudre l’équation centrafricaine ?

Les délégations de chefs de quatorze groupes armés et les représentants du gouvernement centrafricain sont, depuis le 22 janvier dernier, à Khartoum, au Soudan, où s’est ouvert, hier 24 janvier, le grand dialogue national sur la République centrafricaine (RCA), sous l’égide de l’Union africaine (UA). Ils seraient nombreux à avoir répondu à l’appel de Khartoum, même si, au moment où ces lignes étaient tracées, existaient encore des inconnues quant à la présence de certains leaders de poids à ce forum. Ces derniers se résoudront-ils finalement à faire le déplacement de Khartoum ? Cette question n’est pas sans intérêt d’autant que l’absence de certains seigneurs de guerre pourrait constituer une menace sérieuse pour l’avancée du processus de paix entamé avec ces groupes armés. Gageons donc que les différents protagonistes finiront par s’asseoir autour de la table de négociations et montreront surtout une réelle volonté de faire la paix.  Mais le tout, évidemment, n’est pas de relever le défi de la participation. Car, un autre danger plane sur le succès de ce forum : le choix du pays pour abriter ces assises.  En effet, les protagonistes de la crise en quête réelle ou supposée de paix, se déportent sur un territoire qui a lui-même mal à sa paix et à sa stabilité.  Dans le contexte qui est le sien en ce moment, que peut apporter le Soudan dans la résolution de l’équation centrafricaine alors que l’équation de ses propres problèmes domestiques, est loin d’avoir été résolue ?  Hier instable, aujourd’hui en feu, et quasiment jamais en paix, le Soudan est-il bien placé pour offrir ses bons offices dans ces négociations ? Peut-il accourir au chevet de la crise centrafricaine alors que lui-même est empêtré dans une profonde crise ? C’est « l’hôpital qui se moque de la charité ». Face à la lame de fond protestataire qui continue à déferler sur son pouvoir de plus en plus   menacé, le dirigeant soudanais, Omar El-Béchir, n’a certainement pas vraiment la tête à résoudre les problèmes de son voisin centrafricain alors qu’il n’en a pas encore fini avec les siens.

La paix sera l’objet d’un long cheminement en RCA

Et c’est pourquoi l’on peut se demander s’il n’aurait pas mieux valu, pour l’UA, délocaliser cette réunion. L’Afrique est trop grande pour manquer de pays pour abriter ce dialogue. A moins que le choix de Khartoum ne soit celui de protagonistes, dicté par l’assurance de ne pas être inquiétés en terre soudanaise où ils ne courraient aucun risque d’être alpagués par la CPI, par solidarité avec l’illustre wanted soudanais   contre qui un mandat d’arrêt international a été émis. Cela dit, on peut saluer l’initiative de l’UA qui montre à travers son égide, qu’elle est en quête inlassable d’une paix durable en RCA. Dans cet Etat où les bandes armées continuent à sévir et à se nourrir de rapines, l’option de l’arbre à palabres peut valoir son pesant de stabilité. Mais attention de ne pas faire de ces pourparlers, qui ne sont pas les premiers du genre, ni les derniers, des raouts interminables et sans résultats palpables. Aux paroles et autres engagements et professions de foi des frères ennemis, doivent surtout être joints des actes concrets. Et à ce propos, la RCA gagnerait au plus vite à travailler à la reconstruction de son armée. C’est, en tout cas, un passage obligé si elle veut mettre fin au règne des bandes armées qui   écument 80% de son territoire ; toute chose qui continue de constituer de sérieuses menaces pour sa paix et sa stabilité.  Il urge de mettre un terme à cette engeance qui se comporte en véritables armées mexicaines face auxquelles il n’y a pas d’interlocuteurs crédibles.   Mais il est vrai que le cas centrafricain paraît plus compliqué qu’il n’en a l’air.   Surtout depuis la fin de l’opération Sangaris en fin 2016, qui aura, quelque part, laissé par la suite l’impression d’une RCA orpheline de la communauté internationale. Une impression davantage ressentie après l’arrivée de la Russie dans l’ancienne Oubangui-Chari. Cette intrusion n’a certainement pas été du goût des capitales occidentales qui semblent avoir pris leurs distances vis-à-vis du grand malade centrafricain. En tous les cas, on peut être sûr d’une chose :  la paix sera l’objet d’un long cheminement en RCA, ce pays ayant, hélas, le malheur d’avoir   d’énormes richesses convoitées de toutes parts.   Qui, pour résoudre l’équation centrafricaine ? Le pari de la paix est tenable. Mais encore faut-il que les différents protagonistes soient de bonne foi et manifestent une réelle volonté de remettre le pays sur les rails.  Et leurs parrains ne doivent pas être en reste ni être laissés en plan. Ils ont également un important rôle à jouer dans ce combat pour le renouveau de la RCA.  Présents ou pas à ce dialogue national, ils doivent travailler dans l’intérêt de la Centrafrique et s’interdire de regarder par le petit bout de la lorgnette de leurs seuls intérêts.

« Le Pays »

 

La paix est-elle possible en Centrafrique ?

 

https://www.elwatan.com 24 JANVIER 2019 À 9 H 05 MIN

 

Sous l’égide de l’Union africaine, une quinzaine de groupes armés de la République centrafricaine se retrouveront aujourd’hui pour des pourparlers de paix au Soudan. «Ces pourparlers pourraient se poursuivre deux à trois semaines.

Il n’y a pas de date de fin spécifique», a indiqué le ministre soudanais des Affaires étrangères, Al Dierdiry Ahmed. Ce dialogue «n’inspire pas confiance», a déclaré de son côté un cadre du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), l’un des principaux groupes armés dont le leader, Noureddine Adam, sera néanmoins présent à Khartoum.

Le Soudan a déjà abrité une tentative de médiation fin août. La question principale qui s’impose consiste en l’amnistie des chefs de guerre, réclamée par tous les groupes armés comme condition préalable à un arrêt des hostilités.

Ce que Bangui a toujours refusé. D’autant que des rapports de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont souvent relevé l’implication de nombreux chefs de guerre dans les violations des droits de l’homme.

Une branche des antibalaka, milices autoproclamées d’autodéfense, a assuré de son côté qu’elle est prête à faire des concessions «si c’est dans l’intérêt du pays», selon Igor Lamaka, représentant des antibalaka emmenés par Patrice-Edouard Ngaissona, récemment transféré à la Cour pénale internationale (CPI). Si Noureddine Adam sera bien à Khartoum, Ali Darassa, leader d’un autre groupe armé important, l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), sera absent.

Il a estimé que les récents combats mi-janvier entre l’UPC et des soldats de l’ONU à Bambari ne «permettent pas» sa présence au dialogue, mais son groupe y sera représenté. La dernière médiation en date remonte à 2017, sous l’égide de l’Eglise catholique. Les groupes armés ont repris les armes moins de 24 heures après la signature d’un accord et une centaine de personnes ont été tuées à Bria, dans le centre.

Après les années Bokassa et Dacko, le multipartisme est instauré en 1991 en RCA. Mais cela n’empêche pas le pays d’être confronté à une crise politico-militaire qui l’a plongé dans le chaos. Une tradition dans un pays dont l’histoire est marquée par des coups d’Etat. L’année 2003 est marquée par des tensions entre Paris et Banjul, suite à la nationalisation du secteur pétrolier local.

Le 24 mars 2013, le président François Bozizé, qui a fomenté en 2003 un coup d’Etat contre Ange-Félix Patassé, est renversé à son tour par le mouvement rebelle la Séléka. Michel Djotodia est désigné à la tête du Conseil national transitoire (CNT) et devient président par intérim.

Le 5 décembre de la même année : l’armée française lance l’opération «Sangaris», pour restaurer la sécurité, après le vote de l’ONU donnant mandat aux forces françaises pour intervenir. En janvier 2014, le président Michel Djotodia démissionne à N’Djamena sous la pression des dirigeants d’Afrique centrale, ainsi que son Premier ministre, Nicolas Tiangaye.

Le 14 février 2016 l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra recueille 62,71% des suffrages contre 37,29% pour son rival, Anicet-Georges Dologuélé, lors du second tour de la présidentielle, validé par la Cour constitutionnelle le 1er mars. Mais la crise est loin d’être réglée.

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