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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 00:29
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : « la libération de J.B Bemba est une décision politique et non judiciaire » dixit Maître Nicolas Tiangaye

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 9 JUIN 2018

 

BANGUI, 09 Juin 2018 (RJDH)—Suite au verdict de la chambre d’appel de la Cour Pénale Internationale, la consternation est le sentiment partagé des défenseurs des droits de l’Homme et des victimes. Me Nicolas Tiangaye, activiste engagé à l’époque des faits contre Jean Pierre Bemba s’est dit choqué et avec lui l’opinion nationale. Une indignation exprimée hier au micro du RJDH dans une interview exclusive en réaction à la décision de la Cour qu’il qualifie de politique et non judiciaire.

 

RJDH : Me Nicolas Tiangaye Bonjour !

 

Nicolas Tiangaye : Bonjour

 

RJDH : Vous avez été en première ligne de combat pour la justice afin que Jean Pierre Bemba soit condamné des forfaits commis par ses troupes en RCA. Aujourd’hui la Cour Pénale Internationale (CPI) vient de l’acquitter dans un procès en appel, quelle est votre réaction à chaud ?

 

N.T : Ma réaction à chaud est une déception totale et puis je suis indigné par cette décision, ma conviction profonde est que la justice n’a pas été rendue aux milliers des victimes centrafricaines. Pour moi cette décision n’est pas une décision de justice mais plutôt une décision dictée par des considérations hautement politiques.

 

RJDH : vous voulez dire quoi en parlant de décision dictée par des considérations hautement politiques ?

 

N.T : Je veux dire par là qu’il s’agit de libérer Bemba, de l’acquitter pour qu’il puisse jouer un rôle dans son pays à l’approche des élections présidentielles en République Démocratique du Congo.

 

RJDH : Quelle est aujourd’hui la marge de manœuvre pour les victimes et qu’est-ce que vous comptez aussi faire pour que les gens ne désespèrent pas de la justice en l’occurrence la Cour Pénale Internationale (CPS) pour ne pas citer la Cour Pénale Spéciale (CPI) ?

 

N.T : aujourd’hui, c’est la crédibilité de la Cour Pénale Internationale qui est en jeu avec cette décision politique qui vient d’être rendue personne ne peut faire confiance à la CPI ou à la justice internationale. Maintenant, la question qui va se poser c’est de savoir que faire par rapport aux milliers des victimes centrafricaines ? Les gens ont beaucoup souffert, y a des femmes qui ont eu des enfants non désirés, d’autres qui ont été contaminées, la plupart de ces femmes sont stigmatisées et les enfants issus de ces viols ne sont pas acceptés dans la communauté nationale et donc, il s’agit d’une situation extrêmement grave et à cela s’ajoute des personnes assassinées, massacrées. Tout cela, on se retrouve avec une décision où les droits des victimes sont méconnus et je considère cela comme une injustice importante.

 

RJDH : Maître Nicolas Tiangaye parlant de la réparation, est-ce qu’aujourd’hui les victimes peuvent prétendre à la réparation étant donné que Mr Bemba est acquitté ?

 

N.T : vous savez en matière pénale lorsque vous bénéficiez d’une décision d’acquittement, il va de soi que vous ne pouvez plus être condamné à réparer les préjudices donc cela signifie que les victimes ne peuvent plus exercées de recours civil contre Mr Jean Pierre Bemba et c’est ça qui est inacceptable.

 

RJDH : Maître Nicolas Tiangaye je vous remercie

 

N.T : Merci beaucoup !

 

Propos recueilli par Jean Fernand Koéna

 

 

 

Centrafrique : Mouvement continu de retour des déplacés de Paoua vers leurs villages d’origine

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 9 JUIN 2018

 

BANGUI, 9 Juin 2018 (RJDH)—Les déplacés de la ville de Paoua dans la préfecture de l’Ouham Pendé continuent à retourner dans leurs villages respectifs. Information confirmée ce 9 juin au RJDH par des sources humanitaires.

 

Les communes proches de Paoua ont été les théâtres des violences entre novembre et décembre 2017, faisant fuir plus de 65.000 personnes vers la ville. Après plusieurs actions des humanitaires, des députés de la région et du gouvernement, le premier détachement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) a été déployé dans la ville aux côtés des forces onusiennes, afin de sécuriser les communes pour favoriser le retour des déplacés.

 

Six mois après ce déploiement, un retour est observé. Selon les acteurs humanitaires, depuis le début du mois de mai, il est observé un mouvement continu de retour des déplacés de Paoua vers leurs milieux d’origine, sur les axes Nord et Est. « Les autorités locales ont souligné qu’au moins 3.227 ménages soit 16.000 personnes seraient retournées dans 21 villages de la commune de Nana-Barya. Dans la sous-préfecture de Markounda, environ 70% sur plus de 8 000 déplacés seraient aussi retournés dans leurs villages, d’après certains partenaires qui y ont mené des évaluations », a rapporté au RJDH un acteur humanitaire.

 

Les 30 et 31 mai, une organisation humanitaire a procédé à la distribution de 3.100 moustiquaires à 2.149 ménages retournés dans la commune de Nana-Barya. Les acteurs humanitaires œuvrant dans le domaine de la santé envisagent de réorienter certaines de leurs activités de Paoua-Centre vers les axes de retour.

 

Même si le retour des déplacés est observé, la situation d’au moins 50.000 déplacés restant dans la ville ne réjouit pas plus d’un alors que dans beaucoup de ville du centre et du nord, l’accès humanitaire est fortement menacé par des groupes armés.

 

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