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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 00:13
Centrafrique : au moins 16 morts dans des affrontements à Bangui
Centrafrique : au moins 16 morts dans des affrontements à Bangui
Centrafrique : au moins 16 morts dans des affrontements à Bangui

 

 

 

Bangui - AFP / 01 mai 2018 16h45 - Au moins 16 personnes ont été tuées et 96 blessées au cours d'échanges de tirs mardi à Bangui dans le quartier musulman du PK5 entre un groupe armé et les forces de sécurité intérieures, selon des sources concordantes.



Parmi les morts figurent un policier, un prêtre et un enfant. 96 personnes ont été blessées, a-t-on appris de sources médicales.


 

Les tirs, qui ont commencé à 11h30 (10h30 GMT), se sont terminés en fin d'après-midi. Un membre de la milice du "général" Force, revenant du quartier Fatima, proche du PK5, a forcé un barrage des forces de sécurité intérieures, qui ont ouvert le feu sur lui, entraînant une riposte de ce groupe, selon des sources sécuritaires et des sources au PK5. 



L'arrestation de cet homme appartenant à la milice du "général" Force a déclenché la riposte envers les forces de sécurité intérieures, a affirmé de son côté Vladimir Monteiro, porte-parole de la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca). "La Minusca a déployé des patrouilles pour sécuriser la zone et les autres points névralgiques de Bangui". 



En début d'après-midi, des foules en colère se sont rassemblées à différents endroits de la ville, comme devant l'hôpital communautaire situé sur l'avenue Boganda, dans le quartier Lakouanga (sud) et au PK0 (sud). 



La Minusca dit avoir envoyé une patrouille à Lakouanga, où une mosquée a été incendiée par des manifestants, a indiqué M. Monteiro. 



A l'hôpital Sica, où est active l'ONG Médecins sans frontières (MSF), "une foule en colère s'est regroupée devant le portail", a indiqué l'ONG dans un communiqué, qui appelle "au respect des hôpitaux" pour apporter des soins aux blessés indépendamment de leurs origines, de leurs croyances religieuses ou politiques.



Début avril, les forces de sécurité centrafricaines et la Minusca avaient lancé une opération militaire visant à déloger les groupes armés du PK5 s'attaquant notamment aux milices du "général" Force afin de "ramener la paix" dans ce quartier musulman qui est aussi le poumon économique de la capitale. 



Le 10 avril, au moins 27 personnes et un Casque bleu avaient été tués dans des combats dans le quartier du PK5 entre une patrouille mixte Casques bleus rwandais/forces armées centrafricaines et les milices du quartier.


(©)

 

 

RCA: flambée de violences à Bangui, l’église Notre-Dame de Fatima attaquée

 

Par RFI Publié le 01-05-2018 Modifié le 01-05-2018 à 22:00

 

Bangui a connu une nouvelle flambée de violences ce mardi 1er mai. L'église de Fatima située non loin du PK5 a été attaquée par des hommes armés en plein office religieux. Le bilan est lourd : au moins 16 morts et 99 blessés, selon la Croix-Rouge centrafricaine. Ce climat, électrique, fait craindre à beaucoup un embrasement comme la ville n'en a pas connu depuis plusieurs années. Le président de la République réitère un message de fermeté face aux générateurs de violences.

 

Tout a commencé ce mardi matin par un incident impliquant un certain Moussa Empereur, un homme appartenant au groupe d'autodéfense de Nimery Matar Djamous alias Force. Incident au cours duquel cet homme aurait été blessé par des Forces de sécurité intérieure. En représailles, un groupe d'hommes armés venus du KM5 a attaqué l'église de Fatima dans laquelle étaient rassemblés des centaines de fidèles catholique pour une messe en hommage à saint Joseph, patron des travailleurs. Un témoin raconte.

 

Derrière l’église, il y avait une clôture. Ils l’ont cassée et ils sont montés sur le mur de l’église.

 

Témoignage d’un Banguissois qui était à la messe au moment de l'attaque

 

01-05-2018 - Par Pierre Pinto

 

Les blessés se comptent par dizaines. Plusieurs personnes sont tuées dont un prêtre très estimé à Bangui, l'abbé Albert Toungoumalé-Baba. Les forces de sécurité intérieure parviennent ensuite à repousser les assaillants vers le KM5. Les blessés sont envoyés vers plusieurs structures de santé et hôpitaux de la ville.

 

Puis une foule en colère décide de transporter le corps de l'abbé défunt vers la présidence. Le cortège passe par le quartier de Lakouanga où une mosquée sera détruite et deux hommes brûlés vifs. La marche atteint ensuite le centre-ville avant d'être dispersée non loin de la présidence.

 

Selon MSF, une foule énervée s'est également « regroupée devant l'hôpital géré par l'ONG dans le quartier Sica, menaçant la structure de l'hôpital et entravant l'accès des ambulances ».

 

Message de fermeté et d'appel au calme de la présidence

 

Dans ce climat d'extrême tension qui rappelle les heures sombres de 2013-2014, la plupart des Banguissois sont restés terrés chez eux en espérant une accalmie. L'église de Fatima avait déjà été attaquée en 2014. Attaque au cours de laquelle une quinzaine de personnes avaient été tuées.

 

Pour le porte-parole du gouvernement, Ange Maxime Kazagui, « il s'agit ici d'une énième tentative de provocation de ceux qui ont pensé que le moment était venu de provoquer, de créer le trouble afin que l'on parle encore de conflit confessionnel dans notre pays. Le président de la République fait savoir par ma voix que notre gouvernement ne cèdera pas à ces chantages et nous voulons faire savoir à ces personnes qu'elles seront poursuivies jusqu'à leurs derniers retranchements comme ce fut le cas pour certains et qu'elles seront amenées devant la justice. »

 

« Nous avons la conviction ferme qu'il s'agit là d'une manipulation des auteurs de la ruée vers Kaga-Bandoro, afin de créer une psychose, afin d'atteindre leurs desseins, poursuit M. Kazagui. Le message aux Banguissois de la part du président de la République et du gouvernement est de garder le calme dans la grande tristesse qui est la leur. Que les Centrafricains ne tombent pas dans le piège des ennemis de la paix, de l'union et de l'unité. Car ce n'est pas en faisant des vengeances que nous allons consolider cette paix. »

 

Minusca et G5 demande à résister aux manipulations

 

Pour la Minusca, les responsables sont les hommes du groupe d'autodéfense de Force, ce chef de milices cible d'une tentative d'arrestation ratée il y a trois semaines au PK5. Il aurait cherché hier matin à venger l'arrestation d'un de ses lieutenants selon la force onusienne. La Minusca ne dissimule une inquiétude certaine et « appelle au calme suite aux incidents regrettables, incompréhensibles », qui sont « encore une fois les exactions des éléments du groupe criminel Force et ensuite une foule qui a réagi en essayant de s'en prendre à des civils innocents », a déclaré Vladimir Monteiro, porte-parole de la force onusienne.

 

Nous réaffirmons notre présence aux côtés des forces de défense et de sécurité des autorités pour rétablir l'ordre public dans le PK5. Nous avons travaillé avec les autorités en déployant des patrouilles un peu partout pour ramener le calme

 

Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca

 

01-05-2018 - Par Pierre Pinto

 

Une dernière réaction est venue du G5, l'organe qui regroupe l'ONU, l'Union africaine, l'Union européenne, les Etats-Unis, la France et la CEEAC. « La manipulation de la religion pour servir les intérêts de groupes criminels est inacceptable. Nous invitons tous les Centrafricains à faire preuve de modération et résilience et à résister aux manipulations qui veulent faire retomber le pays dans le piège de la violence et de la vengeance - ce que les criminels qui ont perpétré cet acte espèrent provoquer. Cela doit cesser », a déclaré le G5.

 

Attendu dans la matinée à Bangui, le cardinal Nzapalainga, chef de l'Eglise catholique en RCA, doit s'exprimer aujourd'hui, dès son retour d'Europe.

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