Par RFI Publié le 21-01-2018 Modifié le 21-01-2018 à 15:15
En République centrafricaine (RCA), la situation serait-elle en train de s'améliorer à Paoua ? La sous-préfecture du nord-ouest abrite plus de 60 000 déplacés venus des zones rurales des alentours, depuis la fin décembre, en raison des affrontements qui opposent le Mouvement national pour la libération de la Centrafrique (MNLC) au mouvement Révolution et justice (RJ).Tous les villages ruraux situés en périphérie de Paoua se sont vidés de leurs habitants, certains ont même été incendiés. Depuis une semaine, la Minusca mène une vaste opération aux alentours de la ville pour établir un périmètre sécurisé, sans groupes armés, afin de permettre un retour des déplacés chez eux.
Il s’agit d’un ultimatum aux deux groupes armés impliqués - le MNLC et RJ - assorti du déploiement de contingents de casques bleus camerounais et bangladais ainsi que des Forces spéciales bangladaises, appuyés par les hélicoptères. Cette opération de la Minusca visant à établir une zone de plusieurs dizaines de kilomètres autour de Paoua, sans groupes armés, semble donner des résultats puisque les groupes se sont éloignés.
Selon des données collectées auprès des déplacés et diffusées par le HCR, pas moins de 500 personnes auraient péri dans les violences de ces dernières semaines et 16 000 maisons auraient été incendiées.
A Paoua, 63 000 déplacés sont venus rejoindre les quelques 40 000 habitants et les besoins sont toujours criants. Cependant, selon le HCR, le premier besoin exprimé par les déplacés, malgré la peur, c'est de rentrer chez eux.
« Ils sont en train de préparer la saison agricole et ils ne veulent pas passer à côté, d'autant qu'a Paoua, les réserves sont en train de s'épuiser », confirme une autre source humanitaire.
Cette région de l'Ouham Pende est souvent considérée comme le grenier du pays. C'est peut-être ce qui explique la venue, vendredi, du président Faustin Archange Touadera.
« L'action de la Minusca a l'air pertinente et nous, on y croit, commente cette source humanitaire, avant d’ajouter «Contrairement à Bria ou Batangafo, Touadera est venu, ce qui démontre que c'est possible et qu'il y a une volonté politique », conclut-elle.