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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 23:41

 

 

                                                   

 

Au lendemain du discours d'investiture qui a vu naître la notion de rupture, un vent d'espoir a soufflé sur l'étendue du territoire national. Même les groupes armés qui ont accepté de surseoir leurs agitations pour faciliter l'organisation des élections ont aussi cru. Compte tenu des contraintes et exigences liées à la profondeur de la crise, le peuple centrafricain dans son ensemble a signé tacitement un chèque en blanc aux nouvelles autorités en prolongeant l'état de grâce au-delà de trois semestres. Ces contraintes et exigences sont multiformes au point que chaque geste ou action des nouvelles autorités doit être méticuleux, réfléchi et rationnel afin de rapprocher la crise d'une solution et paix durable.

 

S'agissant de la paix, on ne peut rechercher éperdument la paix sans maîtriser et circonscrire le concept et les différents attributs. La paix, concept très abstrait est une notion qui évoque un état de tranquillité, de calme sans oublié l'absence de perturbations, de guerre et de conflits. Cette fameuse paix tant recherchée par nos autorités ne peut être acquise que par la contribution sans exclusive de tous les centrafricains. Après trois semestres de gouvernance, le Président de la République a effectué plusieurs sorties médiatiques avec des affirmations redondantes et surtout diamétralement opposées des réalités centrafricaines.

 

L'autosatisfaction, corollaire de l'amateurisme et la non maîtrise des réalités socio-politiques ont conduit le Président de la République a affirmé ce qui suit sur les ondes de Radio France Internationale : "Nous sommes à un point charnière du développement". Cette affirmation infondée, erronée car ne reposant sur aucun indicateur plausible a fait bondir le citoyen lambda qui s'interroge : A propos de cette affirmation, le Président de la République faisait-il allusion à notre chère nation déchirée par la guerre ou d'un autre État ? La communauté internationale et nos partenaires au développement ne sont-ils pas étonnés d'une telle affirmation ? Cette affirmation n'a pas fait sourire le patron de la Minusca ? Il est important de rappeler qu'une époque charnière suppose un changement important et décisif, un pas vers la résolution durable de la crise ou alors un moment de sûreté, de quiétude.

 

En dehors du calme latent de la capitale, observez-vous ces ingrédients dans le quotidien des centrafricains ? Le nouveau locataire du palais de la renaissance a t-il fait le suivi-évaluation des différents processus en faveur de la paix avant d'avancer cette affirmation ? Une autopsie ou un diagnostic de la crise centrafricaine avait fait l'objet d'une étude ? Pensez-vous qu'intégrer les représentants des groupes armés dans le gouvernement constitue une phase charnière de développement de la Centrafrique. Pensez-vous que la paix sociale passera nécessairement par le programme DDRR qui est son cheval de bataille ? Êtes-vous informé que la moyenne de fréquence alimentaire des centrafricains correspond à un repas par jour ? Le chef de l'Etat doit redescendre sur terre et d'affronter les réalités centrafricaines car ce n'est que de cette manière qu'il va l'affranchir. Le remaniement gouvernemental attendu comme salvateur a accouché d'une souris. L'erreur de reconduire le premier ministre s'est ajoutée aux précédentes.

 

Fort de ce qui précède, le président de la République réussira-t-il avec cette équipe à forcer la main des bailleurs qui ont donné de promesses de fond lors de la conférence de Bruxelles ? Qu' adviendrait notre chère patrie si ces promesses ne seront pas tenues ? Heureusement que les salaires sont versés depuis toujours par nos partenaires au développement. Et cela jusqu'à quand ? Ils ne se lasseront pas ? Nous espérons que le professeur des mathématiques qui a l'habitude de résoudre des équations beaucoup plus complexes dans les amphithéâtres saura se remettre en cause et appliquer la formule adéquate. Mais attention, ne le dîtes à personne. Si on vous demande, ne dîtes pas que c'est moi.                                                                                                              

 

Paris le 22 septembre 2017

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections

CENTRAFRIQUE : LA GOUVERNANCE DES NOUVELLES AUTORITÉS RÉPOND T-ELLE AUX CONTRAINTES DE LA CRISE ? par Bernard SELEMBY DOUDOU

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