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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 00:36
Lu pour vous : En Centrafrique, la religion n’est plus un prétexte aux violences
Lu pour vous : En Centrafrique, la religion n’est plus un prétexte aux violences

 

 

 

 

http://www.la-croix.com  Karim Lemond, le 11/08/2017 à 14h48  Mis à jour le 11/08/2017 à 18h50

 

Les groupes armés prolifèrent en Centrafrique pour le contrôle du territoire et de ses ressources, selon un rapport publié le jeudi 10 août par un groupe de réflexion Enough Project. Chez les combattants, la soif de pillage prime sur défense d’une communauté religieuse.

 

Le rapport publié jeudi 10 août par Enough Project, un groupe de réflexion sur les crises humanitaires, montre l’évolution des groupes présents en Centrafrique (RCA), et de leurs préoccupations.

 

Quand la religion laisse place à l’économie

 

Alors qu’on résumait jusqu’alors le conflit à une opposition entre combattants ex-Seleka (majoritairement musulmans) et anti-balaka (majoritairement chrétiens), le nouvel état des lieux des belligérants montre que cette opposition religieuse, souvent exagérée, a été relayée au second plan.

 

Après les affrontements à caractère ethnique et religieux qui avaient ensanglanté le pays de 2013 à 2016, la priorité des groupes armés est désormais le contrôle des ressources et donc du territoire, sous les yeux d’une armée moribonde.

 

En tête des richesses convoitées, le diamant, très présent dans le pays, et dont l’exploitation échappait déjà partiellement au contrôle de l’État avant le conflit. Puis viennent les gisements d’or, de cuivre, d’uranium, de pétrole, de coltan et autres minerais rares.

 

Dans son rapport, Enough Project explique que « ces groupes ont proliféré, imposant de facto une partition (du pays) et faisant de la prédation économique un élément central de leur stratégie ».

 

De nouveaux acteurs et des alliances de circonstances

 

Alors qu’on estimait les acteurs du conflit à deux principales factions et quelques milices de second plan, le rapport cartographie quatorze milices et quatre groupes politico-militaires, et prévient de l’émergence « à une fréquence alarmante » d’autres factions. Les ex-Seleka seraient aujourd’hui répartis entre huit groupes armés, et les anti-balaka en quatre bien distincts, tous s’entre-tuant et s’associant selon leur intérêt.

 

La coalition des « Nairobistes » qui est depuis 10 mois la principale source des violences contre les civils, a été « formée par trois factions de l’ex-Seleka et un groupe anti-balaka ». Le rapport expose qu’en « contrôlant de larges parties du territoire, ces chefs de groupes armés ont imposé un système qui leur bénéficie ainsi qu’à leurs soutiens, au détriment de la population ».

 

Un gouvernement désemparé et des ONG débordées

 

La force de l’ONU en Centrafrique, la MINUSCA, regroupe plus de 12 500 militaires et policiers, ainsi que des centaines de professionnels mobilisés pour stabiliser la situation et appuyer l’État déchu de son autorité. L’intervention de la MINUSCA, et de la France de 2013 à 2016, a permis d’apaiser la situation dans la capitale Bangui, isolée du reste du pays.

 

Au côté des civils, les ONG sur place comme la Croix-Rouge ou Médecins Sans Frontières (MSF), en plus de ne pas avoir suffisamment de moyens, sont devenues des cibles de choix pour ces milices qui sillonnent le pays en quête de ressources, et répandent le feu et le sang sur leur passage.

 

Les auteurs du rapport s’inquiètent de l’arrivée dans ce nouvel éventail de combattants, de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur), groupe armé chrétien considéré comme terroriste par de très nombreux pays. Son chef, le « Messie sanglant » Joseph Koni, est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre l’humanité, renforçant les craintes de « génocide » de l’ONU.

 

Karim Lemond

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