Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 23:18

 

 

                  

MEMORANUM RELATIF A LA GENERALISATION DE L’INSECURITE DANS LA REGION N°6

 

 

         Après le court répit qui a suivi les dernières élections générales, l’on a assisté depuis le mois de novembre dernier à des résurgences de violences créant une généralisation de l’insécurité sur tout le territoire national. C’est ainsi qu’en dépit de la présence de la MINUSCA, les préfectures du Nord-Ouest et du Centre ont été et sont les théâtres de violences aveugles dont les premières victimes sont les populations civiles sensées être protégées par cette mission onusienne.

 

   En dépit des recommandations pertinentes du Forum National et des engagements pris par tous les groupes armés, ces derniers continuent à semer la mort et la désolation, certains se sont spécialisés dans la prédation des ressources naturelles de notre pays tandis que d’autres asservissent les populations considérées comme des bêtes de somme.

 

Depuis près de deux mois aujourd’hui, ce climat de violence a atteint dans la région n°6 constituée des préfectures de la BASSE-KOTTO, du MBOMOU et du HAUT-MBOMOU, un niveau insupportable et destructeur. Ce climat de violences innommables et d’insécurité permanente et généralisée se traduit par des meurtres aveugles et ignobles, des viols, des incendies de villages et de maisons conduisant à des déplacements massifs des populations sous le regard indifférent des éléments de la MINUSCA présents à Bangassou, chef-lieu de la préfecture du M’BOMOU, à Mobaye, Chef-lieu de la préfecture de la BASSE-KOTTO et à Zémio, localité abritant le contingent de la MINUSCA dans le HAUT-MBOMOU.

 

Il convient de souligner que les derniers évènements font suite à l’exfiltration, par la MINUSCA, du criminel ALI DARASSA de Bambari pour la région n°6 occupée et mise en coupes réglées par les bandes de ce dernier. .

 

  La MINUSCA sait pourtant que l’épicentre des violences dans notre pays s’est déplacé de Bangui à Bambari après l’installation des éléments de la SELEKA dans cette ville en 2014 par l’OIM sans concertation aucune avec les forces vives de la Nation. Il fallait donc prévoir le déplacement de l’épicentre des violences dans cette région et prendre les mesures idoines pour faire face à leur éruption. La MINUSCA n’a rien fait par contre d’autres groupes armés, constitués essentiellement de mercenaires comme le FPRC, ont pris prétexte de cette présence pour s’introduire dans la région en vue de poursuivre leur objectif principal qui est la partition de notre pays dont le premier mot de la Devise est « UNITE ».

 

   En ce qui concerne les forces autoproclamées d’autodéfense, le suppléant du Député de Bangassou 1 a signalé au bureau local de la MINUSCA de Bangassou, deux semaines avant l’attaque de cette ville que sa commune de NIAKARI étaient envahie par des jeunes venus de Bakouma et qu’une attaque sur Bangassou était en préparation. La MINUSCA n’a pas daigné tenir compte de cette information et a juste envoyé une mission à NIAKARI pour proposer à ces jeunes de déposer les armes contre des travaux à haute intensité de main d’œuvre hypothétiques. Pour ce bureau de la MINUSCA, les humiliations et vexations quotidiennement subies, la mise en servage des populations fières de leur liberté acquise de haute lutte n’existent pas ; il exposait, consciemment, ces jeunes à tous les criminels et marchands d’illusions.

 

    Il est clair que la MINUSCA, par sa passivité, non seulement a jeté les jeunes de NIAKARI dans les bras des marchands d’illusions et autres groupes armés criminels qui en ont fait- en définitive - des agents proclamés d’autodéfense, mais surtout a permis l’attaque de Bangassou. On peut, sans aucun doute de se tromper, postuler la même attitude des éléments de la MINUSCA en ce qui concerne les évènements d’Alindao, ville dans laquelle l’on a pu observer la présence des hommes du FPRC et d’autres groupes armés issus de l’ex-SELEKA mener des combats dans l’agglomération tout en s’attaquant aux populations civiles.

 

   Les récits des déplacés des villes de Mobaye et de Zangba dans la BASSE-KOTTO qui ont pu arriver par des embarcations précaires jusqu’à Bangui témoignent de la barbarie des groupes armés qui ont envahi la région : jeunes égorgés et violés, malades et personnes âgées brulés vif dans leur demeure etc. Aujourd’hui, au vu et au su de la MINUSCA le groupe armé du criminel ALI DARASSA a lancé un ultimatum aux déplacés de la zone de LANGANDI qui, s’ils ne retournent pas dans leurs villages réduits en cendres pour apporter des vivres à leurs bourreaux seraient recherchés et simplement exécutés. Les éléments de la MINUSCA basés à Mobaye située à vingt-cinq kilomètres de LANGANDI informés sont restés passifs.

 

Des informations recueillies de sources dignes de foi, les éléments de la MINUSCA soutiennent militairement et activement les hommes de ALI DARASSA dans les diverses exactions comme les meurtres de paisibles citoyens, les pillages et les incendies de villages. Par exemple, pour l’incendie du village MOFOUNGA dans la banlieue de Mobaye, tout en faisant semblant de lutter contre le FPRC qui participe lui aussi à ces crimes d’un autre temps, ce sont les éléments de la MINUSCA qui ont conduit ces criminels dans ce village.

 

  Ce parti pris manifeste de la MINUSCA trouve ses fondements dans la déclaration de l’actuel Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies lors d’un point de presse commun avec le Chef de l’Etat que beaucoup n’ont pas relevé. Il avait déclaré en substance à propos du groupe armé de Ali DARASSA qu’ « on ne peut pas tirer sur une communauté en arme ». L’UPC qui tue, viole, incendie les villages et quartiers représenterait une communauté en armes donc en légitime défense ; les exactions sont ainsi justifiées et c’est sans doute pour cela qu’on ne daigne pas apporter le moindre secours à ces populations martyrisées. En prétendant protéger des criminels armés contre des populations civiles sans défense, on se discrédite soi-même.

 

   Aujourd’hui, le Haut Mbomou est sous les feux des éléments de l’UPC de ALI DARASSA et de ceux du FPRC de Noureddine ADAM, deux groupes armés ex-SELEKA désormais antagonistes qui sévissent dans la région.Le départ des forces américaines et ougandaises de OBO est mis à profit par ces mercenaires pour s’adonner à leur razzia habituelle. Ainsi, le dimanche 25 juin 2017, le désagrément causé par les tirs des peuls surarmés de MBOKI à l’occasion de la fête marquant la fin du jeûne musulman, ville située à 75 kilomètres de OBO, ont conduit des musulmans de cette ville à se plaindre aux FACA déployés à OBO. Ces militaires venus pour faire entendre raison à ses peuls fanatisés ont essuyé des tirs nourris ayant fait au moins quatre morts dont deux parmi les FACA dont les dépouilles n’ont pu être dignement ensevelies à cause du refus catégorique de leurs assassins.

 

  Après les assassinats de MBOKI, c’est ZEMIO qui, pour une sombre histoire de vol de  moto d’un jeune musulman, est aujourd’hui martyrisée. Des plans de massacres, d’incendies de villages et de maisons, sont froidement et systématiquement mis en œuvre en présence des éléments de la MINUSCA, avec dans certains cas le concours actif de ceux-ci comme dans la BASSE-KOTTO.

 

 En définitive, la MINUSCA, d’une part a érigé la région n°6 en champ clos de règlements de compte entre les différentes factions rivales des ex-SELEKA et d’autre part livrer les populations civiles de cette région à des hordes de criminels.

 

   Par ailleurs, le redéploiement de l’administration territoriale tant vantée par la MINUSCA n’est que factice car, dans la BASSE-KOTTO par exemple, ni le Préfet, ni un Sous-Préfet ne peut établir un programme de travail et l’exécuter sans l’approbation préalable du « Commandant de zone UPC » de la localité. Quant aux forces de sécurité (Police et Gendarmerie nationales), elles sont désarmées par l’UPC avec l’accord tacite de la MINUSCA. On ne peut donc espérer raisonnablement un début de restauration de l’autorité de l’Etat avec  cette force onusienne dont les préoccupations semblent aux antipodes des objectifs qui lui sont assignés par les différentes résolutions du Conseil de Sécurité.    

 

    Pour les ressortissants de la région n° 6, la MINUSCA est le premier responsable des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis par les hordes armées dans la région. Ils se demandent, avec inquiétude, quel forfait la MINUSCA prépare-t-elle encore contre les populations civiles durement éprouvées de cette région d’autant que sa radio diffuse des informations tronquées et non équilibrées. Pour preuve, malgré les dénégations de la MINUSCA, Monsieur Lewis Mudge, chercheur auprès de la Division Afrique de Human Rights Watch a déclaré en parlant de l’UPC en février 2017 à Nairobi : « Ce groupe commet des meurtres sans crainte de punition, malgré la présence des forces de maintien de la paix ».

 

  L’article de «Le Monde Afrique» du 21 juin 2017 intitulé «scandales-absences-et-impuissance-la-faillite-de-la-mission-de-l-onu-en-centrafrique » va plus loin dans l’analyse. Il souligne l’échec de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation de la République Centrafricaine(MINUSCA) «malgré une enveloppe annuelle de 800 millions de dollars (718 millions d’euros) soit 470.290.000.000 de Francs CFA par an équivalent à deux fois et demie le budget national centrafricain ».

 

   Enfin, les combats entre les différentes factions de l’ex-SELEKA dont les populations civiles innocentes sont victimes trouvent leurs justifications aussi dans la lutte pour la prédation des ressources naturelles de notre pays. Dans ces conditions, les groupes armés et les chefs de guerre n’ont pas, dans leur grande majorité, intérêt à adhérer au programme DDRR.

 

   Eu égard à la gravité de la situation caractérisée par  l’invasion et l’occupation systématiques et méthodiques de la région n°6 par des groupes armés dont les chefs sont pourtant identifiés et connus ; la Coordination des Ressortissants de la région N°6 :

 

  • Considérant l’urgente nécessité de protéger la population civile des exactions des bandes armées dont les motivations sont connues ;
  •  
  • Convaincue que les actions des groupes armés constituent « une déclaration de guerre au peuple centrafricain » ;
  •  
  • Constatant la faillite de l’Etat centrafricain depuis près de dix ans caractérisée par l’inexistence de forces de défense et de sécurité opérationnelles ;
  •  
  • Considérant l’impuissance notoire de la MINUSCA à protéger la population civile ;
  •  
  • Consciente de la nécessité pour le Gouvernement légitime de notre pays d’assumer toutes ses responsabilités ;
  •  
  • Consciente de l’urgence humanitaire dans toute la région N°6 ;
  •  
  • Soucieuse de contribuer à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national ;
  •  
  • Consciente de l’impérieuse nécessité de préserver l’unité nationale d’une part et l’intégrité territoriale de notre pays d’autre part par le dialogue et la concertation ;
  •  
  • Convaincue que le retour à la paix et à la sécurité véritables dans notre pays passe par la justice ;
  •  
  • Constatant le retrait des forces américaines et ougandaises du Haut-Mbomou,
  • Convaincue que les crimes odieux perpétrés par les groupes armés dans la région N°6 étaient prévisibles du fait de la délocalisation de Ali DARASSA dans la région N°6 et pouvaient etre évités ;
  •  
  • Remercie la communauté internationale pour ses actions multiformes en faveur des populations centrafricaines meurtries ;
  •  
  • Exhorte l’Union Européenne à accélérer les actions de formation des forces de défense et de sécurité ainsi que leur redéploiement ;
  •  
  • Exige du Gouvernement de revoir avec les Nations Unies les modalités de travail  de la MINUSCA en mettant un accent particulier sur les patrouilles mixtes des forces nationales et onusiennes ;
  •  
  • Demande au Gouvernement d’user de sa légitimité pour créer sans délai les conditions du rétablissement de l’autorité de l’Etat et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national ;
  •  
  • Exhorte le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies de prendre acte de l’impuissance de la MINUSCA et de demander au Conseil de Sécurité d’appuyer le Gouvernement Centrafricain dans ses efforts de réarmement des forces de défense et de sécurité ;
  •  
  • Demande la mise en place d’une équipe mixte Gouvernement-Système des Nations Unies afin d’évaluer les besoins urgents de cette région, notamment ceux des personnes vulnérables, pour apporter des solutions adaptées ;
  •  
  •  Exige l’arrestation immédiate des criminels ALI DARASSA, Noureddine ADAM, Abdoulaye HISSEN,SIDIKI ainsi que de tous les autres criminels de guerre issus des Ex-SELEKA et des forces dites d’autodéfense dont la MINUSCA connait les repères et les déplacements, et leur traduction en justice ;
  •  
  •  Exige de la MINUSCA la neutralisation dans un bref délai de tous les groupes armés non conventionnels présents dans la région ;
  •  
  • Demande à la MINUSCA de procéder sans délai à la relève de ses éléments qui ont perdu toute crédibilité dans cette région si elle veut appliquer son mandat ;
  •  
  • Exige le démantèlement immédiat de toutes les barrières illégales ;
  •  
  • Demande au Conseil de Sécurité des Nations Unies la levée sans restriction de l’embargo sur les armes en ce qui concerne exclusivement les Forces de défense et de sécurité centrafricaines ;
  •  
  • Demande au Conseil de Sécurité des Nations Unies que soit diligentée une enquête internationale indépendante pour établir les responsabilités sur les récents évènements et en tirer toutes les conséquences.

 

Fait à Bangui, le 1er juillet 2017

 

LA COORDINATION DES RESSORTISSANTS DE LA REGION N°6

MEMORANUM RELATIF A LA GENERALISATION DE L’INSECURITE DANS LA REGION N°6  PAR LA COORDINATION DES RESSORTISSANTS DE LA Basse-kotto, Mbomou, Haut-bomouREGION N°6

Partager cet article

Repost 0
Centrafrique-Presse.com