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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 00:47
Lu pour vous : Comment les réseaux sociaux font prospérer le marché noir des diamants centrafricains
Lu pour vous : Comment les réseaux sociaux font prospérer le marché noir des diamants centrafricains

 

 

 

 

https://www.lesechos.fr  Enrique Moreira

 

En suivant les traces qu’ils laissent sur les réseaux sociaux, l’ONG Global Witness a montré comment les trafiquants de diamants exportent des diamants liés au conflit en République centrafricaine.

 

Des pierres qui voyagent et que l'on peut suivre à la trace sur les réseaux sociaux, tel est le constat fait par l'ONG Global Witness. Dans son enquête en immersion, intitulée « Game of stones » (« La chasse aux pierres), l'ONG montre en effet comment les nouveaux trafiquants, négociants de diamants se servent de plateformes comme Facebook, Whatsapp ou encore Instagram pour trouver des acheteurs.

 

Un business connecté qui pourrait presque passer pour normal si ces pierres précieuses n'étaient pas issues de République centrafricaine ou un conflit fait rage depuis plusieurs années, et où le trafic de ces diamants sert souvent à enrichir les factions armées qui s'y affrontent.

 

Un business important pour la RCA

 

L'Histoire a prouvé qu'il est difficile d'interdire complètement le commerce des diamants originaires de République centrafricaine. Si en 2013, la RCA se voit « suspendue du Processus de Kimberley, un système international conçu pour limiter les fonds que les groupes armés peuvent dégager du commerce de diamants », dès 2016 la suspension est levée. Et pour cause, le constat est fait que « des milliers de personnes - ainsi que les recettes fiscales du gouvernement - dépendent du commerce de diamants centrafricains ».

 

Une levée partielle, cependant, car les ex-Séléka ( auteurs d'un coup d'État en 2013 ) contrôlent encore des zones diamantifères et se servent de l'argent généré pour alimenter le conflit. Le Processus de Kimberley met alors en place des « zones conformes » dont les diamants extraits peuvent être vendus.

 

Trouver des acheteurs via les réseaux sociaux

 

Seulement, cela ne suffit pas à empêcher les petites pierres précieuses de RCA d'entrer sur le marché noir, ont constaté Aliaume Leroy et Michael Gibb de Global Witness. En utilisant les mêmes réseaux sociaux qu'eux, et en se faisant passer pour des acheteurs sérieux, ils ont réussi à rentrer en contact avec sept trafiquants, négociants et marchands de diamants.

 

Les journalistes ont principalement utilisé Facebook, Facebook Messenger ou encore Instagram pour finalement s'entretenir avec eux via Whatsapp. Les trafiquants envoient des photos en guise de garantie puis, comme dans n'importe quelle sorte de transaction, « cela se joue beaucoup à la confiance », reconnaît Michael Gibb.

 

Global Witness montre comment les trafiquants de diamants cherchent, en utilisant des plateformes de réseaux sociaux, à exporter illégalement des diamants associés au conflit violent qui persiste en République centrafricaine (RCA). - Global Witness

 

« Les trafiquants utilisent ces nouvelles technologies car cela leur permet d'accéder à un réseau d'acheteurs ou de négociants hors de leurs frontières, ajoute le journaliste de Global Witness. C'est l'efficacité de ces plateformes qui les intéresse : c'est plus simple et plus facile, surtout lorsqu'il s'agit de vendre des pierres à l'étranger. »

 

Une fois la transaction conclue, faire sortir les pierres de RCA est un jeu d'enfant, tant « les frontières internationales sont poreuses ». Direction alors le Cameroun où les trafiquants font faire des « papiers » aux diamants jusque-là clandestins. « Une fois ce processus terminé, les diamants de la RCA peuvent être commercialisés comme s'ils avaient été minés ou achetés au Cameroun », indiquent les journalistes.

 

Un besoin de transparence

 

« Ces trafiquants vivent aux XXIe siècle et ils en utilisent les technologies pour élargir leurs affaires, constate Michael Gibb. Tandis que les organisations chargées de faire appliquer les décisions internationales sont encore au XXe siècle. » Ce n'est donc pas tant l'usage des réseaux sociaux pour exporter des diamants issus de zones en conflit, qui scandalise l'ONG, mais bien « l'absence de technologie pour partager les informations » sur les transactions diamantaires.


Global Witness plaide pour le développement d'outils permettant notamment de suivre les trajets des diamants ou encore s'assurer que toutes les taxes ont bien été payées. Elle appelle tous les acteurs du secteur à faire oeuvre commune pour que l'argent des diamants ne serve plus à alimenter les conflits.

 

L'ONG recommande en outre aux instances internationales de tirer les leçons de l'histoire de la RCA. « L'un de ces enseignements est qu'une reprise trop rapide du commerce des ressources naturelles, surtout en l'absence de contrôles et de gouvernance efficaces dans le secteur, pourrait être préjudiciable à long terme ».

 

Global Witness demande enfin aux compagnies qui vivent du diamant d'appliquer un devoir de diligence. En somme, elle incite les acteurs du secteur à savoir avec qui ils travaillent exactement, d'où viennent véritablement les pierres qu'ils achètent. Mais surtout, l'industrie du diamant doit « rendre compte publiquement » de ses zones d'approvisionnements en diamant, dans un souci constant de transparence.

 


https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/030418480823-comment-les-reseaux-sociaux-font-prosperer-le-marche-noir-des-diamants-centrafricains-2098975.php#mUvmQ29fHmoQw4xl.99

 

 

La vente de diamants en ligne dans le collimateur de la justice

 

Muryel Jacque Le 24/03 à 06:00

 

Le gendarme des marchés s'alarme des rendements irréalistes proposés aux particuliers par certains sites Internet. Des enquêtes judiciaires sont en cours pour escroquerie présumée.

 

« Vu à la TV. » L'estampille marche toujours à merveille. Les dizaines de sites internet proposant d'investir dans les diamants, qui fleurissent depuis une bonne année, l'ont bien compris : beaucoup invitent d'emblée les visiteurs à regarder un reportage de France 2 sur « la ruée mondiale » vers les pierres précieuses dont « les prix s'envolent » . Problème, le reportage n'est plus tout jeune puisqu'il date de début 2012...

 

Or, en cinq ans, le marché du diamant a bien changé. Les prix ont nettement reculé depuis leur pic de 2011 . De quoi remettre en question l'idée qu'investir dans les diamants est un placement de père de famille, avec des rendements assurés de 8 %, voire 12 %, comme avancés par plusieurs de ces plates-formes.

 

Mais beaucoup se laissent convaincre. D'autant que ces nouveaux sites ne manquent ni d'arguments ni de moyens pour appâter les particuliers. Ils cumulent campagnes publicitaires à grande échelle et démarchage intense. Ils surfent aussi sur l'incertitude politique mondiale . « La crise à venir est certaine, tout ce que vous avez mis de côté risque de s'effondrer, m'a assuré la personne que j'ai eue au téléphone », témoigne une puéricultrice contactée par l'une de ces sociétés, qui lui a alors proposé de placer l'argent de son assurance-vie dans les pierres précieuses.

 

Le leurre de détenir un actif réel

 

L'essor de ces plates-formes est si spectaculaire que l'Autorité des marchés financiers, qui surveille avant tout les produits financiers, s'en est inquiétée. « Souvent, ces offres sont faites comme des placements alternatifs aux placements traditionnels, avec des promesses de rendement très élevé, relève Caroline Leau, de la direction de la communication. Le particulier voit en outre un actif réel, donc tangible, ce qui est un leurre. Quand vous achetez un diamant d'investissement, vous achetez en théorie une part de quelque chose. »

 

Depuis l'été dernier, les appels d'épargnants se sont multipliés sur la plate-forme Epargne Info Service du régulateur, certains se sont plaints de difficultés à récupérer leur investissement, voire à joindre leur interlocuteur. Le gendarme de la Bourse a publié plusieurs communiqués pour expliquer qu' « il s'agit en réalité d'un placement à haut risque ». Et, pour la première fois, il a mis en garde contre une société en particulier, Blue Stone, qui opère via d'autres sites Web.

 

1.000 victimes connues

 

L'histoire pourrait ne pas s'arrêter là. « L'AMF s'est rendu compte que certaines plates-formes avaient des techniques commerciales qui se rapprochaient de celles utilisées par les plates-formes de Forex (marché des changes) illégales », pointe Caroline Leau. De son côté, la justice a des soupçons sur au moins deux sociétés. « Une instruction est en cours à Paris sur une présomption d'escroquerie, révèle Hélène Feron-Poloni, avocate chez Lecoq-Vallon & Feron-Poloni, cabinet engagé dans la défense des épargnants. Il y aurait 1.000 victimes connues. Elles auraient acheté les diamants par Internet qui sont soit de faible qualité, soit sans qu'il ait pu être démontré que les pierres ont effectivement été achetées. »

 

Une information judiciaire a aussi été ouverte à Lyon sur une autre société. D'après « Le Progrès », deux hommes ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire en début d'année . Guy Grandgirard, président de l'Association de défense des consommateurs de Lorraine, déjà lanceur d'alerte dans le scandale Aristophil, mène sa propre enquête depuis des mois. Après avoir reçu de nombreux témoignages, l'association vient de se porter partie civile. Il y aurait, selon lui, 200 clients identifiés, qui ont investi entre 2.700 et 65.000 euros. « Si on fait une moyenne, on obtient 15.000 euros. » Soit... 3 millions, pour l'heure, introuvables.

 

@MuryelJacque

 


https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0211905622477-la-vente-de-diamants-en-ligne-dans-le-collimateur-de-la-justice-2074725.php#jPEZFY0Gt7IdRO7C.99

 

 

Pour investir dans les pierres précieuses, mieux vaut avoir au moins… 1 million d'euros

 

Muryel Jacque

 

Le très haut de gamme est le seul segment qui ne craint pas les crises économiques. Au contraire.

 

« Tout, dans le monde du diamant, repose sur la confiance. » Lorsqu'on évoque auprès de lui les pratiques de certains sites Internet qui proposent aux Français des placements un peu trop mirifiques dans les diamants, Oded Mansori tient à remettre les choses à leur place. Pour ce diamantaire anversois, spécialiste des pierres très haut de gamme, un véritable investissement dans un diamant commence de toute façon à... 1 million d'euros. En dessous de ce montant, vous êtes exposés à d'autres facteurs financiers qui ne sont pas liés au diamant.

 

Ainsi, au moment de la crise mondiale de 2008-2009, les marchés actions ont plongé de 35 %, et le prix des diamants ordinaires a connu une chute à peu près similaire. Pourquoi ? Parce que ces diamants sont la première chose que les particuliers vont remettre sur le marché, explique Oded Mansori. Le très haut de gamme est le seul segment où cela ne se produira pas car les personnes qui achètent ces pierres sont suffisamment solides financièrement.

 

Ce très haut de gamme représente 0,02 % des diamants proposés à la vente dans le monde. A ce niveau, les pièces sont uniques. « C'est comme l'art, plus rare sera le diamant, meilleur sera l'investissement », illustre le diamantaire. « Ce genre de diamants est vendu chez Christie's, chez Sotheby's, et ils sont définitivement acquis à des fins d'investissement », confirme l'analyste spécialiste du secteur Edahn Golan.

 

Un investissement qui tient dans la poche

 

En pleine crise économique mondiale, le monde discret du diamant a d'ailleurs vu arriver une foule de nouveaux investisseurs fortunés, venus des quatre coins de la planète, inquiets que leurs banques ne soient éventuellement plus en mesure de leur rendre leur argent. « C'est le seul investissement que vous pouvez mettre dans votre poche, puis partir. Et, lorsque vous voulez investir 10 à 20 millions de dollars, cela requiert nettement moins de place que l'or », convient Oded Mansori. Pour autant, en nombre, les investisseurs qui s'aventurent sur le marché du diamant restent encore peu nombreux. Selon le cabinet de conseil Bain & Co, la demande d'investissement pour la pierre précieuse représentait, en 2014, moins de 5 % de la valeur totale des diamants polis. M. Jq.

 

À noter

 

Le Pink Star, le plus gros diamant rose du monde, va être de nouveau mis aux enchères par Sotheby's, trois ans après qu'un acheteur a fait défaut. Sa valeur est estimée à 60 millions de dollars.

 

@MuryelJacque

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