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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 23:29
Un général espagnol va prendre la tête d’EUTM RCA

 

 

 

Nous devons être fiers du travail européen pour reconstruire la RCA (García Blázquez)

 

https://club.bruxelles2.eu   7 Juin 2017

 

 (B2) La troisième rotation de la mission européenne de formation des forces armées centrafricaine est sur le départ. Les premiers militaires s’envoleront début juillet. A leur tête, le général espagnol Fernando García Blázquez est particulièrement enthousiaste. Souriant et décontracté, il a bien voulu nous faire part de ses sentiments, en marge de la cérémonie symbolique du départ, organisée par l’Eurocorps, jeudi 1er juin.

 

A la veille de partir pour six mois, quelle est votre motivation principale ?

 

Mon objectif le plus important est qu’on reconnaisse l’Union européenne comme un acteur bénéfique pour la République centrafricaine, un acteur qui travaille pour laisser une situation beaucoup meilleure que l’antérieure. Il est important que les nations qui participent à la mission, qu’elles soient européennes ou pas — puisque la Bosnie-Herzégovine est notamment présente – se sentent fiers de notre travail.

 

Vous êtes pilote d’hélicoptères. Et vous avez toujours volé, y compris dans vos missions en Bosnie ou en Afghanistan. Cela ne vous manquera pas?

 

(rires) Jusqu’à la semaine dernière, j’étais pilote… je commandais les forces aéromobiles de l’armée de terre (FAMET). J’ai été pilote pendant plus de 22 ans, j’ai fait plus de 5000 heures de vols… Véritablement, c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Mais je n’ai pas vraiment d’appréhension. Cette mission européenne est un défi que j’affronte avec plaisir.

 

C’est votre première mission en Afrique, cela change quelque chose ?

 

Chaque mission a une préparation spécifique car rien n’est jamais exactement pareil. Dans ce cas, la principale différence, ce sont les vaccins. Je n’avais encore jamais été vacciné autant (rires).

 

Cela suppose une préparation spécifique ?

 

Dans les trois piliers de la mission, j’ai surtout dû me préparer pour le pilier « conseil », qui suppose un contact plus important avec les autorités politiques, avec la diplomatie, avec des organisations civiles. Cela ne correspond à rien de ce que j’ai pu faire antérieurement. La formation, au contraire, est quelque chose que je connais bien.

 

Vous serez le troisième chef de mission envoyé par l’Eurocorps. Cela facilite la transition ?

 

Bien sûr. J’hérite de l’extraordinaire travail fait par les deux généraux français et belge qui m’ont précédé. Tant avec le général Hautecloque que Ruys, ont passé de nombreuses heures à me briefer. Nous avons eu de très longues conversations pour que je connaisse, avant même d’atterrir, qui est qui, quel sont les objectifs, le mandat, comment le mettre en œuvre. Un exercice utile pour m’expliquer les difficultés auxquelles je vais devoir faire face et les manières de les résoudre. Cette maturité de la mission, qui fête sa première année de mandat, mes deux prédécesseurs me l’ont transmise exhaustivement.

 

Quelles sont ces difficultés ?

 

Rien qui ne puisse être résolu avec du travail.

 

Le manque d’équipements reste une question lancinante pour redresser les forces centrafricaines ?

 

Oui bien sûr, c’est un problème important mais ce n’est pas le nôtre. Notre mandat est de former trois bataillons, de donner un conseil stratégique afin d’accompagner les états-majors pour leur réforme et conseiller les Centrafricains pour qu’ils atteignent leurs objectifs. De chez nous, ils sortiront formés. Bien entendu, ensuite, les Centrafricains doivent trouver des armes, des équipements.

 

La situation en Centrafrique reste instable, pouvez-vous intervenir pour maintenir l’ordre ?

 

Non. S’il y a un problème de sécurité, c’est à la MINUSCA d’intervenir. Notre mandat est très clair.

 

(Leonor Hubaut)

 

 

Un général espagnol va prendre la tête d’EUTM RCA

 

1 Juin 2017

 

 (B2 - exclusif) Le général (deux étoiles) espagnol Fernando García Blázquez prendra le commandement de la mission européenne de formation des forces armées centrafricaines (EUTM RCA), le 24 juillet prochain, selon nos informations, relayant ainsi le général belge Herman Ruys. Un commandement qu'il assumera pendant six mois, en tant que numéro 3 de l'Eurocorps (chef d'état-major).

 

Troisième rotation pour l'Eurocorps

 

Avec 66 personnels (sur les 170 constituant la mission), les militaires belges, français, espagnols et roumain (l'officier de liaison présent à Strasbourg) de l'Eurocorps formeront le noyau de l’état-major de la mission. C'est la troisième fois que l'Eurocorps assumera le commandement de la mission européenne de formation des forces armées centrafricaine (EUTM RCA). Une fois n'est pas coutume. Le général García Blázquez (avec qui B2 s'est entretenu), parle un très bon français ainsi que l'anglais.

 

Un pilote d'hélicoptère diplômé de l'état-major

 

Né en 1962, Fernando entre dans l'académie militaire espagnole en 1979. En 1984, il devient lieutenant d'artillerie et est envoyé au 12ème groupe d'artillerie automoteur (M109). En 1986, il devient pilote d'hélicoptère. Affecté aux Canaries, il pilote des hélicoptères Bell UH-1 Iroquois (Huey) ou Bölkow Bo 105, au sein du 4ème bataillon d'hélicoptères de manœuvre (BHELMA) aux Canaries. Après un passage à Madrid, en 1988, à l'état-major de l'aviation militaire, il continue sa formation, en maintenance d'hélicoptères, devient pilote instructeur et pilote test, et prend en 1991 la tête du bataillon d'hélicoptères de manœuvre (BHELMA) de La Rioja, pour cinq ans. Fernando García Blazquez continue de piloter, en cumulant les heures de vol de montagne et vols de nuit. En 1997, diplômé comme officier d'état major, il devient commandant et nommé chef d'état-major (COS) du transport, au sein de la direction du commandement logistique de l'armée, à Madrid.

 

Forte expérience internationale : Vérone, Bosnie-Herzégovine, Strasbourg...

 

L'Espagnol possède une expérience internationale principalement orientée vers l'OTAN. En 2000, il est déployé au sein du QG de l'opération française Salamandre déployée en Bosnie-Herzégovine et dont le QG est situé sur la base aérienne de Mostar-Ortiješ. Il a également été déployé, entre 2002 et 2004 à Vérone, au sein du Joint Command South de l'OTAN. Il enchaine avec un premier poste à Strasbourg, au sein de l'Eurocorps, en charge de la planification des exercices. Un poste qu'il quitte dès 2005 pour rejoindre l'état-major des armées, à Madrid, où il assume le poste de directeur espagnol du Multinational Experiment 5 (1).

 

... et l'Afghanistan

 

En septembre 2007, il prend le commandement du 3e bataillon d'hélicoptères d'exercice à Logroño (Espagne). C'est avec ce titre qu'il est déployé à Herat (Afghanistan) comme commandant du groupe d'hélicoptère de l'armée espagnole (Aspuhel XVII). Il comptabilise lui-même plus de 200 heures de vol en la zone de combat. Il y retourne en 2013, comme chef de l'état-major général du commandement régional de l'ouest de la FIAS. Ses deux principales tâches étant alors d'encadrer les élections présidentielles afghanes et d'organiser le relais entre la FIAS et la mission Resolute Support.

 

Chef de forces aéromobiles espagnoles (FAMET)

 

En 2014, il est placé à la tête du programme hélicoptère NH90 Caiman et prend la tête des forces aéromobiles de l'armée de terre (FAMET) en juin 2015, dont la base principale est située dans une banlieue de Madrid, à Colmenar Viejo. Marié, il est père de deux garçons... dont un pilote d'hélicoptère.

(Leonor Hubaut)

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