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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 18:43

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 21-06-2017

 

Près de 400.000 réfugiés en majorité centrafricains vivent au Cameroun, un chiffre croissant pour lequel le gouvernement camerounais et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) expriment de profondes inquiétudes, à cause des financements apparus de moins en moins importants pour couvrir les besoins d'assistance humanitaire liés à ces personnes en détresse.

 

Selon les statistiques officielles communiquées par le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, à l'occasion de la 17e édition de la Journée mondiale des réfugiés mardi à Yaoundé, un total de 396.383 réfugiés est recensé dans le pays d'Afrique centrale.

 

Sur une trentaine de nationalités identifiées, la République centrafricaine (RCA), à cause de la crise due à la prise du pouvoir de l'ex-coalition rebelle de la Séléka contre le régime de François Bozizé le 24 mars 2013 et les violences enregistrées après le putsch perpétré par celui-ci contre Ange-Félix Patassé dix ans auparavant, le 15 mars 2003, en est la principale origine, pour 278.136 réfugiés déclarés.

 

Localisés dans les régions de l'Est, de l'Adamaoua et du Nord, frontalières de la RCA, ces réfugiés centrafricains sont regroupés pour les trois quarts d'entre eux au sein des communautés locales et le reste dans des camps implantés dans sept localités.

 

Un petit groupe est aussi annoncé à Yaoundé et Douala, les deux plus grandes villes du Cameroun qui totalisent 20.900 réfugiés urbains également de différentes nationalités, indique une estimation du HCR.

 

C'est la catégorie d'Hervé Digol, qui déclare avoir quitté son village natal de Bengor, dans la sous-préfecture de Paoua, dans le nord de la RCA, pour fuir "la guerre entre Bozizé et Patassé" depuis 2003. "Dans mon village, il n'y a pas la sécurité jusqu'à aujourd'hui. Les rebelles continuent de dicter leur loi dans la zone", a-t-il confié dans un entretien à Xinhua.

 

Le jeune Centrafricain de 31 ans est l'aîné d'une fratrie de sept enfants dont il dit être "sans nouvelle". Car, y compris les parents, les différents membres de la famille se sont retrouvés séparés et éparpillés dans la nature après leur départ de leur pays d'origine dans une ambiance de débandade générale.

 

"J'ai un ami qui m'avait informé avoir rencontré un de mes petits frères vers le nord. Je suis parti d'ici à Yaoundé pour aller à sa recherche, entre Ngaoundéré et Touboro. J'ai parcouru cette région pendant pratiquement trois, sans succès. J'ai dû abandonner er revenir à Yaoundé", témoigne-t-il.

 

Dans la capitale camerounaise, le jeune homme affirme vivre de "petits boulots" comme les travaux d'agent d'entretien au quartier Odza, où il a pu reconstituer sa vie en se créant quelques liens, mais sans une quelconque aide humanitaire, y compris de la part du HCR. "Si la guerre finit, je peux rentrer. Mais s'il n'y a pas de changement, je préfère rester", assure-t-il.

 

Stève Noudjougoto a, lui, franchi la frontière camerounaise le 6 janvier 2011 avec sa compagne et son fils âgé d'un an et demi, pour se mettre à l'abri face à la persistance des exactions commises par des mouvements rebelles à Bebouzawe, son village situé également dans la sous-préfecture de Paoua, un exil ayant permis à la famille de s'agrandir, avec la naissance de trois autres enfants.

 

"Mon père est mort depuis 1996. C'est ma maman qui est restée là-bas au village", une génitrice avec laquelle le jeune Centrafricain âgé aussi de 31 ans affirme entretenir un contact téléphonique irrégulier. Il appartient à une fratrie de seize enfants (douze garçons et quatre filles) dont quatre autres, "une fille et trois garçons", ont aussi choisi de s'installer à Yaoundé.

 

Comme Hervé Digol, le retour en RCA n'est pas à l'ordre du jour pour le moment. "Je vis mieux ici que dans mon pays. Dans la journée, je fais des bricoles où je suis par exemple creuseur de trous sur les chantiers de construction et la nuit je suis agent de sécurité, un travail pour lequel je suis payé 30.000 francs par mois (environ 50 dollars)", renseigne-t-il.

 

"Le seul problème, c'est celui de la nutrition. Comme nous sommes nombreux. Mes revenus ne suffisent pas pour subvenir aux besoins de ma famille. Les enfants vivent très mal quand la fin du mois n'est pas encore arrivée. Nous sommes regroupés dans une chambre", poursuit le résident du quartier Mvan.

 

Le Cameroun est le 13e pays d'accueil de réfugiés dans le monde et le 7e en Afrique, révèle un classement présenté par le ministre des Relations extérieures. Après la RCA, le Nigeria en est le deuxième plus grand pourvoyeur, avec un afflux de 93.422 personnes à cause de la secte islamiste Boko Haram, selon les chiffres officiels.

 

Le total de ces réfugiés représente "environ 2% de la population camerounaise", a relevé M. Mbella qui a en outre faite état de 224.000 déplacés internes, causés aussi par Boko Haram.

 

A Yaoundé, ces populations étrangères sont organisées autour d'un collectif des communautés des réfugiés au Cameroun dont le président, Azaïd Khamis, de nationalité tchadienne, a prié le Cameroun d'"ouvrir encore te toujours plus largement (ses) portes aux réfugiés en leur permettant d'avoir des emplois décents afin qu'ils ne se sentent pas oisifs".

Le même appel est lancé pour donner "la possibilité d'avoir dignement accès aux soins de santé et bien d'autres avantages comme l'éducation et les formations professionnelles et, surtout, en leur accordant la réinstallation dans les pays tiers, pour certains, et le rapatriement volontaire pour d'autres".

 

Parmi les réfugiés urbains, quelque 4.600 femmes sont recensées, de l'avis de Véronique Sibomana, leur représentante pour qui c'est la couche la plus vulnérable avec les enfants. "A cause de l'insuffisance des financements, le HCR ne parvient pas à satisfaire les besoins des femmes et des enfants. Santé, éducation, assistance, ça n'existe plus", dit-elle.

 

"Pour la santé, des soins sont offerts exclusivement aux petits enfants de moins de cinq ans et aux femmes enceintes. Les autres, quand ils tombent, ils restent à la maison. Il y a beaucoup de morts dans les quartiers. On enterre plus de six chaque semaine, à cause du manque de prise en charge sanitaire. Il y a ceux qui parviennent à se débrouiller et il y a ceux qui ne trouvent pas d'emploi", ajoute-t-elle.

 

La ressortissante rwandaise évoque aussi des cas d'abus subis par certaines de ces femmes réfugiées dans le cadre d'activités rémunérées, comme le travail de domestique.

 

Depuis 2005, le Cameroun dispose d'une loi sur le statut du réfugié. Début mars, il signé avec le HCR et le Nigeria un accord tripartite pour le rapatriement volontaire des réfugiés nigérians, grâce auquel une première vague de 10.448 réfugiés a été raccompagnée à la frontière nigériane au mois de mai, selon une estimation du HCR.

 

Des négociations ont aussi été entamées en vue de la signature d'un accord similaire concernant les réfugiés centrafricains.

 

Pour cette année, le HCR a chiffré à 94,2 millions de dollars les besoins d'assistance humanitaire en faveur des réfugiés au Cameroun. A la date du 31 mai, seuls 21% des financements requis ont pu être mobilisés.

 

Dans leurs allocutions respectives lors de la 17e Journée mondiale du réfugié commémorée sous le thème "Ensemble avec les réfugiés", le ministre des Relations extérieures et le représentant résident du HRC, Kouassi Lazare Etien, ont appelé la communauté internationale à une plus grande solidarité pour permettre de combler l'important gap de financements. F

 

Source: Agence de presse Xinhua

Le Cameroun et le HCR inquiets des faibles financements pour les besoins de près de 400.000 réfugiés

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