Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 18:33
« L’important est d’obtenir un cessez-le-feu en Centrafrique » : Mario Giro *
« L’important est d’obtenir un cessez-le-feu en Centrafrique » : Mario Giro *

 

 

 

 

http://www.la-croix.com  Recueilli par Nicolas Senèze, à Rome, le 28/06/2017 à 14h19

 

Vice-ministre italien de la coopération et membre de la Communauté de Sant’Egidio, Mario Giro a participé au nom de l’Italie aux discussions qui ont mené, le 19 juin, à la signature d’un accord avec les groupes armés en Centrafrique. Un accord désavoué ensuite par l’Église catholique.

 

La Croix : Pourquoi l’accord de paix en Centrafrique signé le 19 juin sous les auspices de Sant’Egidio est-il rejeté par les évêques centrafricains ?

 

Mario Giro : J’ai parlé mardi 27 juin avec le cardinal Dieudonné Nzapalainga et il ne rejette pas l’accord. La semaine prochaine à Bangui, il y aura une restitution des discussions de Rome entre la conférence épiscopale et Sant’Egidio : ce sera l’occasion d’un échange. Mais bien sûr, tout accord est discutable.

 

Le cardinal Nzapalainga estime notamment que l’accord est « une porte ouverte vers l’impunité pour les auteurs des violences »…

 

M. G. : C’est une question abordée dans l’accord. Mais la Cour pénale internationale et la Cour pénale spéciale y sont nommées, ainsi que les possibilités de justice traditionnelle. Une commission « Vérité, justice et réconciliation » est prévue qui mènera une enquête. Mais l’important est d’obtenir un cessez-le-feu qui soit opérationnel sur le terrain.

 

L’accord de Rome s’inscrit dans le processus « Désarmement, démobilisation, réinsertion et réintégration » (DDRR) promu par l’ONU. Or celui-ci n’a pas encore commencé. On discute depuis des mois sans que les combats s’arrêtent. Le lendemain de l’accord, alors que les délégués étaient encore à Rome, il y a encore eu un massacre : il faut que cela cesse.

 

Il n’y aura donc pas d’impunité ?

 

M. G. : Avant cet accord, il y avait celui de Luanda qui parlait explicitement d’une « amnistie », mot qu’on ne trouve pas dans l’accord de Rome. Encore une fois, la priorité est de mettre en place la paix et le désarmement, ensuite on discutera des responsabilités. Mais il faut un agenda réaliste qui implique et responsabilise les groupes armés : à Luanda, ceux-ci n’étaient que consultés et se sentaient donc exclus. Désormais, ils sont engagés par leur signature. Le pari est qu’ils prennent cet engagement au sérieux. Je le leur ai dit : c’est leur dernière chance.

 

Que va-t-il se passer maintenant ?

 

M. G. : Les responsables des groupes armés devaient se rencontrer mercredi 28 juin avec le président. C’est un moment important. Il faut espérer que ce qui s’est passé à Rome permette de récréer un climat de dialogue réel et de co-responsabilité.

 

Ce que font l’Église et le cardinal Nzapalainga, qui n’hésite pas à aller s’interposer entre les groupes, est très important. Mais il faut aussi un cadre politique sans lequel rien ne peut tenir.

 

Or, l’instabilité continuelle en Centrafrique a des conséquences sur tous les pays limitrophes. Je rencontrais par exemple la semaine dernière le président tchadien Idriss Déby, pris entre Boko Haram à l’ouest, la Libye au nord, la Centrafrique au sud… Il y a un vrai risque que le terrorisme en Afrique de l’Ouest essaime en Afrique centrale. Il n’y est pas encore arrivé et il faut tout faire pour l’éviter. D’où l’importance de mettre en place des institutions solides.

 

Recueilli par Nicolas Senèze, à Rome

 

* Mario Giro est actuellement Vice-Ministre italien des affaires étrangères et ancien chargé des relations internationales de la Communauté Sant'Egidio

Partager cet article

Repost 0
Centrafrique-Presse.com