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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 23:10

 

 

 

 

Au lendemain des élections présidentielles, le Président de la République a prôné la politique de rupture lors de la prestation de serment et a institué une règle morale pour la démocratie centrafricaine : se présenter à l'élection présidentielle même sans conviction et soutenir le candidat qui est en ballottage favorable au second tour. C'est ainsi qu'on devient ministre ou ministre conseiller spécial dans le pays de Boganda. Avec la cooptation des avares, le peuple avait un brin d'espoir et croyait au miracle.

 

Après quatorze mois de gouvernance, le peuple a commencé progressivement à émettre des doutes sur la capacité réelle de ce pouvoir à gérer la chose publique en temps de crise. Au chapitre des constats, des tueries galopent à grande échelle, le pouvoir peine à imprimer sa marque de fabrique, l'insécurité gagne douze préfectures sur seize, augmentation de la fréquence des agitations des groupes armés et les tissus économiques en lambeaux...

 

Au moment où les centrafricains ne savent plus à quel saint se vouer, un ministre conseiller spécial du Président de la République se fait remarquer par des propos et agitations qui profilent en filigrane une insulte au peuple centrafricain. Une vidéo de ce dernier qui a fait une sérieuse audience sur Facebook a fait bondir le curieux citoyen lambda qui ne cesse de s'interroger : cette vidéo a t-elle été faite sur initiative du pouvoir ? Toute personnalité politique appartenant au régime peut-elle faire une vidéo qui engage le pouvoir ?

 

A t-il reçu mandat pour parler au nom du gouvernement ou de la présidence alors qu'il est en visite de famille ou privée en France ? Une personnalité de cette calibre n'est-elle pas soumise au secret d'état ou secret défense ? Ce dernier est-il un membre du gouvernement ? Assiste t-il au conseil des ministres ? Est-il le seul ministre conseiller spécial à la présidence de la République ? Et pourquoi c'est toujours lui ?

Eu égard à son rang, il se croit tout permis ? Nous estimons opportun de définir et d'encadrer les missions d'un conseiller spécial à la présidence. Sa proximité avec le chef de l'Etat lui confère le caractère de spécial de ses conseils. En clair, c'est un confident, une boite à idées, un outil d'aide à la prise de décisions. Il a la noble mission de peaufiner la stratégie, la communication et l'image du Président de la République. Il doit intervenir sur les médias pour la promotion du Président de la République mais ce dernier ne cesse d'empiéter sur le territoire et les compétences du porte parole de la présidence.

 

Nous estimons qu'il est dans ses droits de faire la propagande du chef de l'Etat partout où il se trouve mais il le fait très maladroitement même en défaveur de son mentor car il est obligé de conjuguer plusieurs verbes au passé pour dire la même chose. En outre, nous avons beaucoup d'admiration pour sa franchise mais dès lors qu'on est conseiller spécial d'un Président de la République, on doit encadrer ses propos et sorties médiatiques.

 

Ce personnage fougueux mérite t-il vraiment d'être un interlocuteur privilégié d'un Président de la République ? Dans l'affirmative, pourquoi le pouvoir de Bangui s'indigne ou s'insurge t-il lorsqu'on le traité d'amateur ou de guignol ? Était-il une bonne idée de s'entourer des anciens présidentiables prêts à mettre les bâtons dans les roues ? Après le feuilleton de gueuleton avec des photos ridicules et insolites, vinrent les séries de vidéos dans lesquelles il vante les vielles compétences de la présidence qui n'ont plus rien à prouver et en panne d'imagination.

 

Mais en quatorze mois quelles sont les réalisations de cette vieille garde ? Sachant que le tissu politique et sécuritaire sont très fragiles, ses propos et agitation sont de nature à monter une communauté contre une autre et portent une atteinte grave à l'éthique et la morale de la profession. Il exagère même en mettant au défi les parlementaires qui viennent d'accorder une grâce au gouvernement de n'avoir initié aucune loi contributive à la résolution de la crise.qui traduit et justifie le climat électrique et délétère qui existait entre le parlement et le gouvernement.

 

Ainsi, qui accuse qui ? Quels sont la morale et les enseignements de cette fracassante sortie médiatique ? Quel est ce genre de régime qui "s'autosatisfait" et exclu toute contradiction au risque d'être accusé de coup d'état et de déstabilisation du régime ? Il est temps de lui rappeler que ces méthodes calquées sur le modèle roumain de Ceausescu sont obsolètes, désuètes et vidées de son contenu. Pour finir, nous invitons humblement le Président de la République, le gouvernement ainsi que les parlementaires de visionner la vidéo et d'en tirer les leçons. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Paris le 2 juin 2017

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections

CENTRAFRIQUE : LE POUVOIR MESURE T-IL LA PORTÉE, LA DANGEROSITÉ DES PROPOS ET AGITATIONS DU MINISTRE CONSEILLER SPÉCIAL GOUANDJIKA ? par Bernard Selemby Doudou

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