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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 17:39
Centrafrique : embuscade sanglante contre les Casques bleus

 

 

 

http://www.ouest-france.fr Modifié le | Publié le

Saber JENDOUBI

 

Un convoi de la Minusca a été attaqué dans la nuit de lundi à mardi, à 780 km à l’est de Bangui. Le bilan est lourd : 1 mort, 8 blessés, 4 disparus parmi les militaires marocains et cambodgiens. Cette attaque démontre la hausse de l’insécurité en RCA où les ONG ont de plus en plus de mal à fonctionner.

 

Jusqu’alors épargnée par les combats entre groupes armés mais théâtre de tensions depuis un mois, Bangassou, ville frontière entre la RCA et la RDC (République Démocratique Du Congo), est désormais sous la surveillance des Casques bleus de la Minusca. « La situation sécuritaire à l’Est du pays est tendue par ce qu’il y a beaucoup de mouvement des groupes armés. C’est le foyer de tensions qui était à Bambari qui se propage vers l’Est. Nous avons déjà renforcé la compagnie qui existe à Bangassou pour assurer la protection de la population », avait déclaré en avril le major Rahhli Khalid, porte-parole de la Minusca.

 

Lundi soir, un convoi de Casques bleus a été attaqué à une vingtaine de kilomètres de la ville par des assaillants non identifiés. Un militaire cambodgien a été tué et huit autres (un Cambodgien et sept Marocains) ont été blessés. Quatre Casques bleus (trois Cambodgiens et un Marocain) sont portés disparus depuis cet assaut.

 

Selon une source humanitaire sur place, cette attaque « aurait été menée par des éléments de l’UPC, une faction issue de l’ex-Seleka ». Il s’agit pourtant d’un groupe armé inscrit dans le processus de désarmement du président Touadera. Cependant, selon une source sécuritaire régionale, ce serait des villageois apparentés aux ex-anti-balakas qui seraient à l’origine de cette embuscade.

 

Insécurité

 

Ces événements viennent renforcer un climat d’insécurité croissant. Ainsi, en janvier 2017, toujours dans le sud est du pays, deux Casques bleus marocains avaient déjà été tués dans des circonstances similaires. En à peine cinq mois, le bilan s’élève donc à cinq tués au sein de la Minusca.

 

Depuis le début de l’année, les régions de la Mbomou et de la Basse-Kotto sont le théâtre de nombreux affrontements entre hommes armés et Casques bleus, mais aussi d’exactions sur les populations civiles. « Les hommes de l’UPC sont visibles dans la région depuis leur départ forcé de Bambari en février 2017 », rappelle une source sécuritaire. « Depuis, attaques et rumeurs d’attaques ont poussé les habitants à se réorganiser en autodéfense », conclut-elle.

 

Mais le pire s’annonce, selon un observateur du pays : « Ce sont des hommes armés, qui, pour nombre d’entre eux, ne répondent à aucun commandement, ou alors ne sont pas identifiés » puis il ajoute : « Si rien n’est fait, on peut s’attendre à une multiplication de ces attaques ».

 

« La République Centrafricaine s’enferme dans une spirale de violence jamais vue depuis le point culminant du conflit en 2014 » s’alarme MSF dans un communiqué datant du 15 avril 2017. Et aucune région ne semble épargnée, sauf la capitale Bangui. En outre, ces multiples bandes armées s’en prennent désormais aussi aux ONG. Mi-avril, les locaux de Handicap International ont été braqués, poussant l’ONG à suspendre ses activités.

 

Il faut dire qu’en Centrafrique, le premier trimestre de l’année a été particulièrement éprouvant pour les humanitaires. Victimes de plusieurs dizaines d’agressions (plus de 70), quatre des plus grosses ONG du pays suspendent leurs activités, le temps que la situation s’apaise. Les ONG sont des cibles privilégiées car selon une source onusienne bien informée « les bandes armées cherchent de quoi subsister, et les ONG sont des pays de cocagne à leurs yeux ».

 

« La flambée de violence qui a caractérisé le premier trimestre de l’année 2017 en République Centrafricaine affecte désormais directement les acteurs humanitaires », précise un communiqué du Bureau des Affaires Humanitaires en Centrafrique. Plus de la moitié de la population (soit plus de 2 millions de personnes) dépend de l’aide internationale dans ce pays.

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