Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 23:02
Interview au journal Le Confident n° 4140 de Martin ZIGUELE Président du MLPC

 

 

 

Le Confident de Bangui,

 

Interview parue dans le numéro 4140 du lundi 27 mars 2017.

 

Monsieur Martin Ziguélé, vous êtes ancien Premier Ministre,  Président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), Député de Bocaranga 3 et candidat malheureux à la dernière présidentielle. Quel bilan pouvez-vous faire de l’Union Sacrée après une année de règne du Président Faustin Archange Touadéra ?

 

Je vous remercie de m'accorder la parole pour qu'à travers votre organe je puisse échanger avec vos lecteurs. Je suppose que vous voulez plutôt parler du bilan du Président Faustin Archange Touadéra après une année de pouvoir et non pas celui de l'Union sacrée qui, en tant que concept, n'a pas encore été formalisé à ma connaissance.

 

S'agissant du bilan, l'exercice n'est pas aisé compte tenu du contexte particulier de notre pays après trois années de crise profonde, elles-mêmes consécutives à une période où la bonne gestion des affaires publiques n'était pas un objectif partagé.

 

Puisque la question m'est posée, je dirai que des progrès indéniables ont été accomplis sur le plan de notre réengagement auprès de la communauté internationale aussi bien sur le plan politique, économique que financier.

 

J'en veux pour preuves sur le plan politique, notre retour à l'Union Africaine, au sein de la Francophonie, et de toutes les organisations dont notre pays avait été suspendu suite au changement inconstitutionnel du 24 mars 2013.La visite de Monsieur Elliasson, Secrétaire Général-Adjoint des Nations- unies illustre ce retour dans le concert des Nations.

 

Sur le plan économique et financier, j'en veux pour preuve la Réunion de Bruxelles consacrée à la mobilisation des appuis pour le relèvement et la relance de notre pays. Nous avons ensuite connu les visites de Madame Lagarde, Directeur Général du Fonds Monétaire International et plus récemment celle de Monsieur Makhtar DIOP, Vice-président de la Banque Mondiale. Avant cela, notre pays avait conclu dès juin 2016 un Programme de Facilité Elargie de Crédit (FEC) avec le Fonds Monétaire International (FMI), qui prévoit un taux de croissance du PIB de 5,9% du PIB pour 2017, dans un contexte sous-régional quasi-récessif. Cet Accord avec le FMI a été indispensable pour que se réalisent les annonces faites à Bruxelles et qui prouvent au moins que nous restons dans l'agenda de la communauté financière internationale, et ce n'est pas rien.

 

Ceci dit, il y'a un an, je ne pouvais pas m'imaginer, et je crois beaucoup de compatriotes avec moi, que sur la principale préoccupation des centrafricains à savoir la sécurité et la paix, le tableau allait être aussi contrasté: si Bangui et récemment à Bambari, ainsi que dans quelques préfectures comme la Lobaye, l'Ombella-Mpoko, la Sangha-Mbaéré, la Mambéré-Kadei, la Nana-Mambéré, et une partie de l'Ouham et de la Kémo connaissent une paix et une sécurité relatives, les dix autres préfectures ont globalement vu leur situation sécuritaire se dégrader. Naturellement cette dégradation a des effets démultiplicateurs : elle empêche la restauration de l'administration de l'Etat, désorganise l'économie locale, freine le retour des refugiés et accroit le nombre de déplacés internes. Dans un tel contexte, chacun fait le constat que le DDRR devient complexe et laborieux, alors que les contraintes liées à la RSS rendent nos compatriotes très impatients. Pourtant ces deux chantiers sont essentiels au retour à la paix et à la sécurité.

 

Pour être complet j'ajoute que des marges de progression existent en matière de réconciliation nationale et de cohésion sociale, et quand chacun sait que c'est le fondement même du vivre-ensemble et de notre nation, des avancées rapides et notables sont nécessaires.

 

Pensez-vous que l’assassinat de Joseph Zoundéko, ancien chef d’Etat- major de la séléka, constitue une solution à l’insécurité qui règne en République centrafricaine en général et dans la Ouaka en particulier ?

 

Je lis dans votre journal, comme chez nombre de vos confrères, les nombreux articles consacrés à l'insécurité qui continue à sévir dans d'autres localités d la Ouaka que Bambari comme dans les autres préfectures périphériques de la Ouaka. Cela signifie donc que la mort d'un homme n'entraîne pas la disparition des groupes armés et encore moins de la violence

 

En votre qualité d’ancien Premier Ministre, de Président d’un Parti Politique qui veut reconquérir et gérer le pouvoir de l’Etat, la résolution durable de l’insécurité persistante passe-t-elle par la Justice, le DDRR, la multiplication de dialogues à Bangui et à l’extérieur avec les groupes armés ou la réhabilitation de l’Armée Nationale ?

        

Cette question a déjà été posée à nos compatriotes lors du Forum de     Bangui, et ils      se sont exprimés sans équivoque sur le sujet : oui pour la    réconciliation nationale, oui    pour la cohésion sociale, oui pour le vivre-        ensemble, oui pour le DDRR, oui pour la       RSS, oui pour le dialogue mais        sans sauter la case Justice. La justice est donc le        passage obligé pour      une résolution durable de notre crise car   l'impunité a été     rejetée dans          son principe même par ces assises. Et je peux vous dire que nos          compatriotes ont le nerf à fleur de peau quand d'aucuns invoquent des          arrangements pour éviter la case Justice.

 

Maintenant je vous donne mon opinion comme citoyen centrafricain, et          cela n'a rien       à voir avec la conquête ou la gestion du pouvoir qui   est     l'objectif de tout          parti politique quel qu'il soit: il faut que la justice ,     par le biais de la Cour Pénale          Spéciale dont je salue la création et la récente nomination du Procureur Général , la CPI   et d'autres instances judiciaires se    penchent sérieusement sur le dossier de la crise centrafricaine qui perdure, en          déterminant les    responsabilités et en en identifiant clairement et publiquement    les     auteurs, co-auteurs, complices et tireurs de ficelles cachés pour que la        vérité          éclate car  beaucoup de fausses accusations ont été portées       contre des innocents      à coups d'intoxications et de mensonges pour des          motifs politiques, alors que    les vrais auteurs de cette crise sont tapis   dans l'ombre et   exigent l'amnistie          pour se couvrir. La vérité doit        triompher par la justice afin que le peuple        centrafricain sache qui est     qui, qui a fait quoi et que nous          reconstruisions ce pays sur la base de la vérité. Nous          devons d'ailleurs cette          vérité d'abord aux victimes.

 

         Les Centrafricains doivent leur poser une seule question: Pourquoi mettent ils          l'amnistie en tête de toutes leurs revendications ?. Pourquoi ne veulent- ils pas          entendre parler de la justice? Pourquoi? Que craignent-ils?

 

         La position du MLPC est claire: la justice doit être rendue, car sans justice il n'y          aura pas de véritable réconciliation nationale.

 

 

Dans quel contexte était instauré l’embargo sur l’équipement de notre armée ? Que font l’Exécutif, le Parlement et les pays amis pour lever cette mesure qui contrarie notre souveraineté?

 

J'ai lu la résolution des Nations Unies sur l'embargo sur les armes. Des mesures dérogatoires sont prévues et ces demandes doivent être faites avec les justifications nécessaires par le gouvernement. Je ne vois pas en quoi le Parlement est concerné.

Par ailleurs il faut dire la vérité aux Centrafricains, la levée totale de l'embargo ne se fera pas demain. En Côte d'ivoire il a duré plus de 14 ans et c'est justement par le biais des dérogations partielles que ce pays frère a pu rééquiper son armée. Il appartient donc au Gouvernement de travailler à réunir les conditions nécessaires à une formation rapide d’un nombre suffisant de bataillons de courageux et soldats dignes de ce nom, c’est-à-dire bien formés et entraînés au combat donc à même d’assurer la défense du territoire national, pour que ce problème d’embargo sur les armes ne soit plus un obstacle insurmontable.

 

Votre formation politique fait partie de l’Internationale Socialiste, ainsi que de l'Alliance Progressiste internationale. Vous rentrez d’un séjour en Allemagne où vous aviez pris part au congrès de l’Alliance Progressiste Internationale. Aujourd’hui, beaucoup de vos compatriotes ne savent pas ce que c’est que l’Alliance Progressiste Internationale. Pouvez-vous nous présenter succinctement cette organisation, sa structuration et ses objectifs?

 

En effet, je rentre de Berlin en Allemagne où j'ai pris part du 10 au 12 mars 2017 au Congrès de l'Alliance Progressiste Internationale aux côtés de mes pairs responsables des partis politiques socialistes, sociaux-démocrates, progressistes et démocrates du monde entier.

L’Alliance progressiste ou Progressive Alliance en anglais,  est un réseau mondial des partis progressistes, sociaux-démocrates et socialistes, par ailleurs membres de l'Internationale socialiste. Elle a été fondée le 22 mai 2013 à  Leipzig n Allemagne, à l'occasion des 150 ans du  Parti Social Démocrate allemand (SPD) créé lui en 1863. L'Alliance progressiste  réunit 80 partis sociaux-démocrates et progressistes, syndicats et Organisations Non Gouvernementales (ONG) du monde entier constitué n réseaux d'actions politiques, ainsi que des syndicats  et des ONG.

S'agissant du  MLPC, nous sommes membres de l'Internationale socialiste depuis le Congrès d'Athènes de juin 2008, et  membre fondateur le 22 mai 2013 à Leipzig en Allemagne.

Comme je l'ai dit tantôt, nous constitutions un réseau de forces politiques et sociales progressistes dans l'optique de constituer une force de propositions et d'actions pour faire avancer les libertés, la justice et la solidarité dans le monde entier.

S'agissant de sa structuration, L'Alliance Progressiste est constitué autour d'un Conseil, d'un Comité Directeur et d'une Coordination.

  • Le  Conseil- ou Board en anglais- de l’Alliance progressiste comprend 35 partis politiques de toutes les régions du monde et détermine le cap politique de l’Alliance. Il se réunit au moins une fois par an. J'ai donc eu l'honneur d'être élu au sein de ce Conseil par un score sans appel de 79 voix sur 88 votants.
  • Le Comité directeur - ou Steering Committee en anglais- prépare les activités de l’Alliance progressiste. Les partis intéressés peuvent envoyer un délégué au Comité directeur. Ce Comité se réunit régulièrement, au moins deux fois par an, et dans la mesure du possible, en marge des manifestations internationales.
  • La Coordination de l’Alliance progressiste, qui est basée sur un système de rotation entre les participants. La période de coordination s’étend d’une conférence de l’Alliance progressiste à la suivante.

 

Monsieur Martin Ziguélé, vous avez pris part aux travaux du Forum des bailleurs de fonds de Bruxelles. Peut-on connaitre les activités menées par les représentants des différentes entités qui ont participé à cette rencontre pour convaincre les partenaires à décaisser les financements promis ?

 

Après la réunion de Bruxelles, le gouvernement a mis en place des structures pour le suivi de ce dossier. Dans le cadre de sa mission de contrôle de l'Exécutif et également du vote des lois des finances, l'Assemblée nationale sera certainement informée  de l'évolution des choses.

 

Comment voyez-vous l’avenir de la République centrafricaine ?

 

Mais bien sûr, non seulement je crois en l'avenir de notre pays mais je fais ce que je peux de mon côté pour en convaincre tous mes interlocuteurs, compatriotes comme étrangers. On dit couramment que quand vous avez la foi vous pouvez soulever des montagnes, eh bien j'ai foi en notre pays. Regardez des pays comme la Sierra-Léone, le Libéria, le Rwanda, etc. Il faut sortir de cette guerre inutile, se réconcilier sans sauter la case justice, travailler dur et bien et notre pays s'en sortira. Nous en avons les atouts physiques, le reste c'est-à-dire la paix et la réconciliation dépendent de nous. Dieu nous a donné un pays paradisiaque, ses enfants doivent arrêter d'en faire un enfer sur terre.

 

Monsieur le Président, nous vous remercions pour votre disponibilité.

 

C'est moi qui vous remercie et je reste à votre disposition

 

Jérémie Walanda Yandia Journaliste

 

 

Partager cet article

Repost 0
Centrafrique-Presse.com