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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 00:36
Faustin-Archange Touadéra: «Nous saluons toutes les initiatives permettant de retrouver la paix»

 

 

 

Invité Afrique sur RFI

 

 

Il y a un an, Faustin-Archange Touadéra devenait le président de la Centrafrique pour cinq ans, après avoir remporté l’élection haut la main, mettant un terme à trois ans de transition. Les attentes qui pesaient alors sur ses épaules étaient immenses. Un an plus tard, le FPRC de Noureddine Adam et l’UPC d’Ali Darass s’affrontent dans des combats très meurtriers dans l’est du pays, et la situation humanitaire est toujours catastrophique. Le DDR est au point mort. Comment ramener les belligérants à de meilleures intentions ? Quel regard les autorités centrafricaines portent-elles sur les médiations de paix extérieures ? Et où en sont les promesses de financements récoltées à Bruxelles, en fin d’année dernière ? Le chef de l’Etat centrafricain répond aux questions de Pierre Pinto.

 

RFI : Depuis plusieurs mois, et presque quotidiennement, le Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) se battent dans l’est du pays. Comment mettre un terme à ces violences et aux exactions qui les accompagnent ?

 

Faustin-Archange Touadéra : Depuis mon investiture, j’ai commencé un dialogue avec tous les groupes armés pour les ramener à la table des discussions. Et aujourd’hui, nous avons mis en place un processus DDR [Désarmement-Démobilisation-Réinsertion]. Et eux normalement, ils devraient tous venir au sein du Comité consultatif et de suivi, l’organe qui permet à tous les groupes armés, aux partenaires, à nous-mêmes, de pouvoir échanger sur les questions qui les préoccupent. Les discussions seront franches et claires parce que nous disons clairement qu’il n’y aura pas de sujet tabou. Aujourd’hui, il y a des avancées puisque les quatorze groupes identifiés acceptent de rentrer dans ce processus. Mais nous regrettons qu’ils continuent à se battre dans les différentes régions du pays.

 

Le FPRC dit qu’il participera à ce comité consultatif comme simple observateur. C’est suffisant ou pas ?

 

Ce que nous avons reçu de Nourredine Adam, c’est qu’ils ont envoyé leurs deux représentants au Comité consultatif de suivi. Nous espérons qu’ils participeront correctement aux discussions pour que nous puissions mettre fin à ce conflit qui n’a que trop duré.

 

Récemment, vous avez salué l’initiative de paix lancée par l’Union africaine auprès de ces groupes armés, mais vous avez dénoncé des pressions sur l’exécutif centrafricain pour l’amnistie. Est-ce que vous vous associez finalement pleinement à cette médiation de l’Union africaine ou est-ce que vous avez plutôt des réserves ?

 

Nous saluons toute initiative qui va nous permettre de retrouver la paix. Il n’y a pas encore eu vraiment d’élément probant pour permettre d’apprécier. Il y a eu des contacts qui ont été pris au niveau des groupes armés, mais on n’a pas encore vraiment les éléments sur la table pour permettre de nous prononcer. Mais la question d’Amnesty, le peuple centrafricain s’est exprimé clairement là-dessus. Depuis le forum de Bangui, il y a eu des résolutions claires là-dessus : impunité zéro. Pendant la transition, la loi a fixé une cour pénale spéciale. Nous sommes en train de mettre en œuvre cette cour. On a tout récemment nommé le procureur. Nous sommes en train de préparer les juges qui vont travailler dans ce cadre-là, et aussi le peuple qui réclame réparation. Qui dit réparation, dit justice.

 

Il y a un peu plus de quinze jours maintenant, le 11 mars, vous vous êtes rendu à Bambari, la grande ville de l’Est pour proclamer le retour de l’Etat. Mais est-ce que 30 gendarmes et quelques magistrats c’est suffisant ou ça reste pour l’instant symbolique ?

 

Le travail sur Bambari est assez symbolique. Mais c’est important. Le retour de l’autorité de l’Etat est progressif. Tout dernièrement, il y avait 30 gendarmes, mais je crois qu’il y a une montée en puissance. Il y a aussi les services essentiels de base, notamment la santé, l’éducation, la route que nous déployons sur Bambari pour faire de Bambari une ville pilote. Il faut savoir que cette ville, depuis plus de quatre ans, a été entre les mains des groupes armés avec tout ce que ça peut comporter comme destruction, pillage et actions néfastes sur la population.

 

Concernant la formation des Faca [Forces armées centrafricaines], vous avez récemment critiqué la cadence trop lente de cette formation des soldats par le programme européen EUTM [Mission européenne de formation des forces armées]. Est-ce que les choses vont s’accélérer ?

 

C’est une très bonne formation, mais les instructeurs sont en nombre insuffisant. Nous pensons qu'il faut qu’il y ait des efforts parce que, à ce rythme-là, nous allons avoir une armée au bout de cinq ans, six ans. Ce qui ne nous permet pas d’aider la Minusca [Mission de maintien de la paix en RCA] et même de prendre une part active à la protection de la population.

 

Il y a deux semaines aux Nations unies à New York, vous avez plaidé une nouvelle fois pour la levée de l’embargo sur les armes qui pèse sur la Centrafrique. C’est une priorité ?

 

C’est effectivement une priorité. Si on forme des militaires, il faut leur donner les outils de travail, les moyens létaux pour leur permettre de remplir leur mission. S’ils n’ont rien, ils vont rester là après deux ou trois mois de formation, si on n’est pas sur le terrain, on perd les acquis. Donc nous pensons que c’est quand même urgent, pour ceux qui sont déjà formés, qu’on puisse les doter de moyens pour qu’ils puissent remplir correctement leur mission.

 

Mais une procédure d’exemption existe aux Nations unies qui permettrait au gouvernement centrafricain de s’équiper en armes. Pourquoi la RCA n’a jamais utilisé cette procédure ?

 

Nous sommes en train de remplir ces conditions, mais elles sont extrêmement difficiles dans le contexte actuel que pose ce conflit. Donc c’est extrêmement difficile pour nous de pouvoir remplir tous les critères pour avoir les exemptions.

 

Vous avez reçu la visite de représentants de la Banque mondiale, du FMI [Fonds monétaire international] ou de la Banque africaine de développement [BAD] ces dernières semaines. Est-ce que le plan de relèvement que vous avez défendu à Bruxelles mi-novembre, pour lequel vous avez obtenu 2,2 milliards de dollars de promesses de financement, est-ce que ce plan s’enclenche ?

 

Bruxelles, c’est avec eux que nous travaillons sur le terrain. Nous avons déjà reçu des financements pour un certain nombre de projets, notamment de la Banque mondiale, de la BAD, et de l’AFD [Agence française de développement] également. Nous avons reçu madame Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international. Elle a écouté. Elle a vu sur le terrain nos préoccupations. Nous avons reçu dernièrement monsieur Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale, avec qui nous avons été jusqu’à Bambari. Le vice-président a annoncé 6 milliards de Francs CFA pour soutenir les actions au niveau de Bambari. Ce sont des éléments qui entrent dans le cas de notre plan de redressement. Et nous avons en ce moment mis en place une structure avec les partenaires financiers, pour la mobilisation des ressources promises à Bruxelles. Je pense que tout se passe pour le mieux.

 

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