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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 10:20
République centrafricaine : Exécutions perpétrées par un groupe rebelle (HRW)

 

 


Les rebelles de l’UPC ont exécuté 32 civils et capturé des combattants d’un autre groupe
 


(Nairobi, le 16 février 2017) – Un groupe rebelle en République centrafricaine a exécuté au moins 32 civils et capturé des combattants, après des affrontements en décembre 2016 avec un autre groupe rebelle dans la province d’Ouaka, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.



Dans la ville de Bakala, le 12 décembre, des rebelles de l'Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) ont exécuté 25 personnes qui avaient été convoquées dans une école pour ce qu’elles croyaient être une réunion. Plus tôt ce jour-là, un groupe de combattants de l’UPC avaient également détenu et exécuté sept hommes qui revenaient d’une mine d’or à proximité. Des récits de ces incidents ont été fournis par un survivant et huit témoins, dont cinq hommes qui ont été contraints d’aider à se débarrasser des corps. Au moins 29 autres civils ont été tués dans des combats autour de Bakala depuis fin novembre.



« Ces exécutions sont des crimes de guerre flagrants commis par des combattants de l’UPC qui se sentent libres de tuer à volonté », a déclaré Lewis Mudge, chercheur auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « Ce groupe commet des meurtres sans crainte de punition malgré la présence de forces de maintien de la paix des Nations Unies. »



La nomination, le 15 février 2017, d'un procureur général de la Cour pénale spéciale - une nouvelle instance judiciaire constituée de juges et de procureurs nationaux et internationaux et chargée de poursuivre les auteurs des violations graves des droits humains commises depuis 2003 - constitue un pas important vers la responsabilité pénale, a déclaré Human Rights Watch. Le tribunal, basé dans la capitale, Bangui, devrait maintenant recruter le personnel supplémentaire sans délai afin qu'il puisse commencer les enquêtes et les poursuites.



Des témoins ont expliqué à Human Rights Watch que les tensions entre l’UPC et le Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), un autre groupe rebelle issu des combattants essentiellement musulmans de la Seleka, se sont rapidement accrues fin novembre. Les combats ont commencé le 27 novembre 2016 autour de Mourouba, à 18 kilomètres à l’ouest de Bakala, et l’UPC a attaqué des civils qu’ils soupçonnaient d’appartenir à une milice anti-balaka alliée au FPRC.



Le FPRC s’est lui-même allié à des milices anti-balaka, ses anciens ennemis, pour combattre l’UPC. Les anti-balaka sont apparus en 2013, venant de groupes d’autodéfense existants pour résister aux abus de la Seleka, et ils ont alors commis eux-mêmes de graves abus à l’encontre des civils.



Fin janvier 2017, Human Rights Watch a mené des entretiens auprès de 28 personnes à Balaka et aux alentours, notamment des victimes d’autres crimes commis par l’UPC, des parents des victimes et des commandants de l’UPC. Le nombre total de victimes est probablement plus élevé que les 32 personnes exécutées et les 29 civils tués au cours des affrontements, car des dizaines d’autres personnes sont portées disparues, selon des membres de leurs familles. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de confirmer tous les meurtres signalés, en raison d’un accès limité et de problèmes de sécurité.



« Un hélicoptère de l’ONU a tourné au-dessus de la ville quelque temps, aussi nous savions que les choses n’étaient pas normales », a déclaré un homme de 41ans décrivant la façon dont des combattants de l’UPC ont abattu des civils le 11 décembre. « Lorsque l’hélicoptère est parti, les Peuls [combattants de l’UPC] ont attaqué. La ville a été encerclée. J’ai pris mes enfants et je suis parti en courant, mais ils tiraient sur tout ce qui bougeait. »



Vers 5 heures du matin le 12 décembre, un groupe de combattants de l’UPC a détenu et tué sept hommes à Bakala alors que ceux-ci revenaient d’une mine d’or située à proximité.



« Je me cachais dans une maison et j’ai vu les Peuls [combattants de l’UPC] qui rassemblaient les hommes devant la maison d’un voisin et qui les menaient à l’intérieur », a expliqué « Joseph », un résident de Bakala âgé de 55 ans. « Peu de temps après j’ai entendu les hommes crier. Ils hurlaient ‘Pourquoi vous nous tuez ?’ et ‘Je meurs !’ J’ai aussi entendu des coups de feu. Il était 5h du matin. Peu après les Peuls m’ont trouvé et ils m’ont obligé à les aider à jeter les corps dans un puits. »



Un chercheur de Human Rights Watch a inspecté le puits et a noté une odeur putride qui aurait pu provenir de corps en décomposition. Un autre résident local, interviewé séparément, a déclaré que les combattants de l'UPC l’avaient également forcé à aider à jeter des corps dans le puits.



Plus tard ce matin-là, des combattants de l’UPC à Bakala ont exécuté 24 autres hommes et au moins un garçon, les accusant de soutenir les anti-balaka. Des habitants de Bakala ont indiqué que des combattants de l’UPC avaient fait circuler un message dans la ville selon lequel ils allaient tenir une réunion dans une école locale. Quelques hommes étaient déjà détenus dans cette école depuis la nuit précédente et lorsque d’autres hommes sont arrivés les combattants se sont emparés d’eux et les ont abattus.



« J’ai sauté et j’ai réussi à m’échapper, mais tous les autres ont été tués », a déclaré « Laurent », 24 ans, dont le frère de 17 ans a été tué. « J’ai couru me réfugier dans la brousse et j’entendais les coups de feu pendant que je courais. »



Un responsable local a expliqué avoir entendu la fusillade, puis les combattants de l’UPC l’ont obligé à les aider à jeter les corps dans un autre puits, situé de l'autre côté de la ville à quelques kilomètres du puits où les sept autres victimes avaient été jetées. « [Les victimes étaient] des jeunes anti-balaka et des civils », a-t-il indiqué. « Leurs corps étaient éparpillés à l’extérieur de l’école et de la gendarmerie. J’ai compté 25 corps. »



Sous le commandement du Général Ali Darassa Mahamant, l’UPC contrôle la plus grande partie de la province d’Ouaka depuis 2013. L’UPC entretient des liens étroits avec la minorité ethnique Peuhl et des Peuhl armés combattent souvent avec ce groupe.



Le 23 janvier 2017, Darassa a affirmé à Human Rights Watch que ses hommes n’avaient tué aucun civil à Bakala ni dans les villages environnants, et il a nié les allégations de violences. « Les soldats de l’UPC ne peuvent pas exécuter de civils ni de prisonniers », a-t-il assuré. « Ce que vous avez entendu à propos de l’UPC ce sont des mensonges. » Darassa a ajouté qu’il contrôle ses hommes.



Les combats à Bakala et dans la région environnante ont entraîné le déplacement de 9 000 à 10 000 personnes, a indiqué une autorité de la ville. Certaines de ces personnes déplacées se trouvent dans d’autres villes, et des milliers d’autres vivent entre la forêt et la savane dans la province d’Ouaka.



La force de maintien de la paix de l’ONU, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), dispose de 12 870 membres – hommes et femmes – armés. Elle a établi une base temporaire à Mourouba, à 18 kilomètres à l’est de Bakala. En accord avec son mandat, la MINUSCA devrait prendre des mesures concrètes pour protéger les civils, notamment le recours à la force quand c'est nécessaire, selon Human Rights Watch.



Le 11 février, des hélicoptères de la MINUSCA ont ouvert le feu sur les forces de la FPRC qui se déplaçaient d'Ippy à Bambari, détruisant au moins quatre véhicules et tuant le Général Joseph Zoundeko, l’un des commandants de la Seleka. Les forces de la FPRC avaient franchi la « ligne rouge » établie par la MINUSCA afin de séparer le FPRC et l'UPC, et de protéger les civils.



« La MINUSCA est confrontée à des combats considérables dans le centre du pays, et il est encourageant de voir qu'elle tâche de faire respecter son mandat visant à protéger les civils », a conclu Lewis Mudge. « Des commandants portant la responsabilité d’exactions, comme le Général Darassa de l'UPC, doivent comprendre que les soldats de la paix ne toléreront pas leurs attaques et qu’ils risquent d’être tenus responsables des crimes de guerre commis par leurs troupes. »



Pour plus d’informations sur les violences dans la province d’Ouaka, voir ci-dessous.

 

Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur la République centrafricaine, veuillez suivre le lien :


https://www.hrw.org/fr/afrique/republique-centrafricaine



Pour plus d’informations, veuillez contacter :


À Nairobi, Lewis Mudge (anglais et français): +254-700-657-569 (portable); ou +1-646-637-3801; ou mudgel@hrw.org. Twitter: @LewisMudge


À Paris, Bénédicte Jeannerod (anglais, français): +33-1-43-59-55-31; ou +33-6-74-32-88-94; oujeanneb@hrw.org. Twitter: @BenJeannerod


À New York, Philippe Bolopion (français, anglais): +1-212-216-1276; ou +1-917-734-3201 (portable); ou bolopion@hrw.org. Twitter: @Bolopion

 

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