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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 01:20
Lu pour vous : Moussa Faki Mahamat, un fidèle d'Idriss Déby élu à la tête de l'Union africaine

 

 

 

Par Célian Macé — Libération 30 janvier 2017 à 18:11

 

Le choix du Tchadien, qui remplace la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, consacre la montée en puissance de N’Djaména sur la scène continentale.

 

L’élection du successeur de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma était l’un des grands enjeux du 28e sommet de l’Union africaine. Cet été, les pays membres avaient échoué à se mettre d’accord sur le nom du futur président de la Commission de l’UA, le bras exécutif de l’organisation. Ce lundi, à Addis-Abeba, c’est finalement le Tchadien Moussa Faki Mahamat qui a été préféré, par 39 voix sur 54, à la ministre des Affaires étrangères kényane, Amina Mohamed.

 

Cet ancien Premier ministre du Tchad (2003-2005) de 56 ans est un «homme de confiance du président Idriss Déby», décrit Jérôme Tubiana, chercheur indépendant spécialiste du Tchad. Il fut le directeur de cabinet (1999-2000) et le directeur de campagne (2001) du chef de l’Etat. Depuis 2008, il occupait le poste de ministre des Affaires étrangères. «C’est un nordiste, de l’ethnie zaghawa comme Déby, mais il n’a pas vraiment d’influence sur le plan communautaire, précise Jérôme Tubiana. Il a grandi dans un milieu arabe, c’est un intellectuel. Donc ce n’est pas un rival pour le Président.»

 

Son élection consacre en tout cas la montée en puissance de N’Djaména sur la scène continentale. Géographiquement situé au centre de toutes les crises régionales – Mali, Libye, Soudan, Nigeria, Centrafrique –, le Tchad est intervenu militairement à plusieurs reprises ces dernières années, notamment aux côtés de des soldats français pendant l’opération Barkhane. L’efficacité de son armée en fait un acteur redouté. «Avant son intervention au Mali, en 2013, le Tchad était invisible, rappelle le chercheur. De 2014 à 2015, il a eu un siège pendant deux ans au Conseil de sécurité de l’ONU, et en 2016, il a présidé l’Union africaine. C’est désormais un poids lourd.»

 

Moussa Faki Mahamat a déjà déclaré que les priorités de son mandat de quatre ans seraient le développement et la sécurité. Il a la réputation d’un homme pragmatique, qui connaît bien les dossiers régionaux. «Je pense que l’Union africaine a besoin d’un leadership affirmé, expliquait-il sur RFI la semaine dernière. Qui trop embrasse mal étreint. Je crois qu’il faut recentrer sur l’essentiel. Par exemple, depuis 2002, nous avons adopté aux alentours de 1 800 décisions et résolutions. Moins de 15% ont été réellement mises en œuvre.» Sur ce plan, la présidente sortante, Nkosazana Dlamini-Zuma, en poste depuis 2012, a en effet beaucoup déçu. «Elle ne voyait pas beaucoup plus loin que l’Afrique australe», commente Jérôme Tubiana.

 

La désignation du Tchadien, après sept tours de scrutin, est aussi une victoire pour le camp francophone, dans la lutte d’influence – toujours sous-jacente – avec l’Afrique anglophone. Moussa Faki Mahamat s’est, par ailleurs, déjà prononcé en faveur du retour du Maroc au sein de l’organisation panafricaine, après trente-deux ans d’absence. C’est l’autre dossier brûlant du sommet d’Addis-Abeba. Il devrait être tranché dans les prochaines vingt-quatre heures.

 

Célian Macé

 

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