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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 15:59
Lu pour vous : Les guerres (peut-être) perdues de François Hollande

 

Les guerres (peut-être) perdues de François Hollande


https://www.letemps.ch  Richard Werly   mercredi 15 février 2017 à 15:22

@LTWerly

 

Les interventions menées en 2013 par l’armée française au Mali et en Centrafrique sont encore présentées comme deux succès majeurs du quinquennat de François Hollande. Problème: les nouvelles en provenance du terrain, trois ans après, sont de plus en plus préoccupantes

 

Ce n’est pas encore un constat d’échec supplémentaire pour le quinquennat de François Hollande. Mais pour le président français désireux, en fin de mandat, d’afficher des morceaux de bilan dont ses compatriotes pourraient être fiers, les nouvelles en provenance du Mali, de Centrafrique et de la bande sahélienne sont loin de l’euphorie victorieuse des années 2014-2015. «Tous les indicateurs hors de Bamako sont inquiétants», confie un bon connaisseur de ces dossiers militaires, ancien analyste des services de renseignements français.

 

La remise sur les rails de l’Etat au Mali, où l’armée française est intervenue massivement avec l’opération Serval en janvier 2013, est de l’avis de très nombreux experts – confirmé récemment au «Temps» par un délégué du Comité international de la Croix-Rouge – carrément en train d’échouer. La faute à qui? Notre interlocuteur, sous couvert d’anonymat, accuse: «Au président Ibrahim Boubacar Keita (IBK, élu en septembre 2013) dont une partie de l’entourage familial est gangrenée par l’argent de la drogue. A l’ONU dont les contingents de Casques bleus de la Minusma (la force d’interposition d’environ 10 000 soldats en provenance d’une dizaine de pays) se préoccupent plus de leur propre sécurité que de celles des Maliens. Aux pays européens, dont l’Allemagne, qui ne sont pas prêts à exposer leurs hommes aux mêmes dangers que les militaires français encore présents.»

 

Convois de cocaïne et caravanes de migrants

 

Le cas du Mali, cet immense pays clef de la bande sahélienne par laquelle transitent convois de cocaïne et caravanes de migrants vers l’Europe, ne sera pas sur le devant de la scène lors de la Conférence sur la sécurité de Munich qui se tient ce week-end. Le gotha international de la défense aura, dans la métropole bavaroise, les yeux rivés sur la nouvelle équipe diplomatico-militaire de l’administration Trump. Pour la France et pour l’Europe occidentale toutefois, l’enjeu africain demeure majeur en termes de stabilité et de prospective économique.

Si le Mali, toujours partagé de facto entre le sud et le nord, devait peu à peu s’effondrer, l’impact serait majeur et ramènerait très vite l’Elysée aux pires scénarios envisagés au début du quinquennat Hollande. Bamako, rappelons-le, était en 2012 à la portée des milices islamistes, guidées par les Touaregs et armées avec les stocks prélevés en Libye. La Centrafrique, quelques mois plus tard, plongeait dans le chaos de la guerre civile, obligeant l’armée français à y intervenir en décembre 2013 (opération Sangaris) pour sécuriser Bangui, sa capitale, puis obliger les Nations unies à suivre avec une seconde opération de maintien de la paix. Effet domino, version Françafrique.

 

Jean-Yves Le Drian, «ministre de l’Afrique»

 

Un homme, au fil de ses opérations militaires décisives, s’est imposé comme la personnalité pivot de la présidence Hollande: le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Plus qu’un ministre, un symbole de l’autorité de l’Etat dont la personnalité est fort bien cernée par l’éditorialiste Hubert Coudurier dans son très bon livre «Jean-Yves Le Drian, le glaive du président» (Ed. Plon). Celui que beaucoup, à Paris, surnomment le «ministre de la Bretagne» (il en est redevenu en décembre 2015 le président de la région) avait même fini par incarner, aux yeux de l’opposition de droite, une sorte de figure intouchable.

 

«Le Drian s’est vite imposé comme le ministre de l’Afrique, même si les diplomates récusent cette appellation» confirme l’auteur. Lequel, tout en consolidant la statue du commandeur de l’ancien député-maire de Lorient, donne prise dans son ouvrage aux interrogations de l’intéressé. Comme lorsque ce dernier lui confie, à propos de la Libye déstabilisée par le renversement du colonel Kadhafi décidé par l’ancien président Nicolas Sarkozy en 2011: «Si quelqu’un comprend ce qui s’y passe, je suis preneur.»

 

Le problème est que les tensions dans cette partie de l’Afrique, sur laquelle veillent encore les forces spéciales françaises de l’opération Barkhane, ne sont pas toujours possibles à régler par le «glaive». La Centrafrique – où le centre de politique et de sécurité de Genève a organisé en janvier un séminaire sur l’Etat de droit – est ainsi loin d’être une entité nationale cohérente. Des pans entiers de son territoire, surtout là où les ressources minérales sont abondantes, sont hors Etat et hors la loi. La réalité de la géographie et des trafics a repris ses droits.

 

On se souvient qu’à la mi-janvier, au sommet France-Afrique de Bamako, François Hollande a été applaudi et fêté parce qu’il eut le courage d’agir. Son successeur pourrait bien, lui, devoir affronter l’envers de cet héritage.

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