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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 13:01
Le député Martin ZIGUELE s'exprime sur les problèmes d'insécurité dans le pays

 

 

 

INTERVIEW DANS LE JOURNAL L'HIRONDELLE N°3955 DU JEUDI 16 FÉVRIER 2017

 


L’Hirondelle (LHRD) : Honorable Matin Ziguélé, bonjour ! En votre qualité de Député de Bocaranga 3, la Rédaction de L’hirondelle aimerait bien vous accorder la parole en ce qui concerne votre circonscription. Mais avant tout, on aimerait faire un tour de l’actualité avec vous – actualité qui est marquée aujourd’hui par l’intervention conjointe de la Minusca et les forces de sécurité intérieurs au Km5 ayant abouti à la neutralisation de ceux qui s’opposent à la paix et ainsi à la satisfaction générale des Centrafricains. Malheureusement, les représailles qui en ont suivi ont été à l’origine du départ à nouveau des populations sur les sites des déplacés. Quelle en est votre lecture ?


Martin Ziguélé (MZ) : Bonjour Monsieur le Journaliste ! Je vous remercie pour cette importante question relative à la sécurité que vous me posez. Vous avez également parlé des représailles et des victimes, je voudrais saisir cette occasion pour m’incliner devant la mémoire des victimes et dire toute ma compassion à ceux qui sont blessés, ceux qui ont perdu leurs biens et à toutes les victimes innocentes de cette situation que personne n’a souhaité. Quand j’étais Premier ministre, Jean Paul Sankagui était mon Conseiller en communication jusqu’en 2003 quand on a été évincé. Malheureusement, ces événements lui ont été fatals.


Je voudrais dire plus généralement que ces événements nous rappellent plus que jamais que nous sommes dans une situation d’insécurité grave et que tous les efforts doivent être faits de manière intelligente et efficace pour que le monopole de violence revienne à l’Etat. Il ne s’agit pas aujourd’hui d’un fait anodin, il s’agit de la primauté de l’Etat qui doit imposer son impérium sur le plan sécuritaire dans toute la République centrafricaine. Le problème que nous vivons commence à lasser tout le monde, que ce soit nous les Centrafricains qui ne croyons pas à la violence ou les amis qui viennent d’ailleurs pour nous aider. Tout le monde commence à s’interroger si nous voulons réellement la paix. C’est pour cela que j’encourage tous ceux qui travaillent pour la restauration de l’autorité de l’Etat, pour la restauration de l’autorité s'imposant à tous, pour la réconciliation véritable et pour la cohésion sociale à aller de l’avant malgré cette situation déplorable.

 

LHRD : Lorsque vous dites que le monopole de violence doit revenir à l’Etat, dans la Ouaka, ce sont des factions rivales des groupes armés qui s’affrontent. Il y en a d’autres qui s’adjugent la mission libératrice de la population en vertu de laquelle elles se combattent. Qu’en dites-vous ?


MZ : Je crois qu’il faut revenir à l’essentiel. Quand on parle de la Ouaka, la Kemo, la Nana Gribizi, de la Basse-Kotto, du Mbomou, etc. ce sont des préfectures que j’ai personnellement sillonnées par route, village par village, en 2007, en 2008, en 2009 et en 2010 et pendant les dernières élections. Ce qui est en train de se passer dans ces contrées de notre pays est tout simplement inadmissible parce que, tout comme pour Bangui, les premières victimes, ce sont d’abord les populations qui ne savent à quel saint se vouer. On ne peut pas faire le bonheur de quelque contre lui-même, en le mettant en insécurité ou on en lui ôtant la vie.


La priorité numéro 1 de tous les Centrafricains qu’ils expriment de toutes les manières possibles, c’est la paix et la sécurité. Ceux qui aujourd’hui ont l’effectivité de la force militaire, c’est-à-dire la Minusca doivent tout mettre en œuvre pour que non seulement ces combats cessent mais aussi que ces mêmes groups armés qui s’étaient inscrits dans le processus du DDRR respectent leur signature. C’est le minimum qu’on puisse leur exiger parce qu’aujourd’hui, nous sommes en présence d’une guerre ouverte et on ne sait pas jusqu’où cela va mener. Une personne qui est décédée aujourd’hui, un bien détruit, des écoles détruites… c’est quelque chose qui est définitivement perdue. C’est pourquoi force doit toujours revenir à la Loi.


La réalité c’est qu’au niveau de Bangui, nous ne savons pas ce qui arrive à nos concitoyens dans l’arrière-pays. Nous risquons un jour de nous réveiller devant une véritable hécatombe.

 

LHRD : L’actualité, c’est aussi l’embargo que les armes à destination de la République centrafricaine qui est à nouveau prolongé jusqu’en janvier 2018. Ce qui est vécu comme un choc au niveau de la population et de l’autre côté, une appréciation assez mitigée. Comment appréciez-vous ce prolongement ?


MZ : Je pense que le devoir d’un homme politique c’est d’être lucide et de tenir un discours de vérité au peuple. Il faut que les Centrafricains sachent que la question de l’embargo, c’est comme une procédure judiciaire devant le tribunal. Vous êtes accusé et on vous prive d’un certain nombre de vos droits. Dès ce moment, il faut réunir les éléments qui prouvent le contraire pour que la sentence soit revue. J’invite donc chaque Centrafricain quel que soit son niveau de responsabilité à étudier le dossier de l’ensemble des faits qui nous sont reprochés, de réunir tous les éléments qui peuvent nous permettre de négocier sereinement la levée de cet embargo.


C’est une question qui touche à la vie de notre pays. Et, je ne m’inscris pas dans la démarche qui consiste à rejeter la responsabilité sur Pierre ou sur Paul. Nous sommes devant une situation et nous sommes en face d’un peuple qui est rituellement massacré. L’urgence de la situation nous impose de regarder de manière sérieuse, sereine et lucide ce qui pourra nous permettre de négocier la levée de l’embargo.


Nous savons qu’à chaque fois que les Nations unies se déploient dans un pays, c’était le cas à RD. Congo, au Soudan, en Côte d'Ivoire et ailleurs, cela s’accompagne toujours des restrictions sur le mouvement des armes. Mais comment dans ces pays les autorités, les citoyens et les personnalités en charge des ces questions ont pu faire pour obtenir la levée de l’embargo ? Il faut qu’on sache cela, en se documentant, en s’organisant politiquement, juridiquement pour défendre notre cas devant le Conseil de sécurité. Et plutôt on le fera, mieux cela vaudra pour notre pays. Donc il ne s’agit pas d’ouvrir des polémiques ou de bagarres théoriques improductives face à la détresse et à l’urgence.

 

LHRD : Revenant à notre sujet premier, Honorable, vous étiez membre d’une délégation des Parlementaires élus de l’Ouham-Pendé à effectuer une mission de bons offices dans la localité pour vous enquérir évidement de ce qui advient dans cette partie du pays, surtout que la population est en situation d’insécurité aggravée. Seulement après cette mission, on constate que la tension n’a pas baissé et la population continue de mourir ou de partir en exode. N’y avait-il pas eu des engagements ou les Elus n’ont-ils pas rempli leur part du contrat et qu’il y ait encore des vies humaines à déplorer ?


MZ : Je dois préciser que cette mission a été décidée à l’initiative des Députés de l’Ouahm-Pendé et d’une partie de la Nana Mambéré. Nous avons demandé au Président de l’Assemblée nationale de nous aider à effectuer cette mission, ce qu’il a fait en nous mettant en contact avec la Minusca qui nous a appuyé.


Nous sommes allés dans l’Ouham-Pendé parce que les populations ce cette préfecture sont en détresse. Ce n’est pas de Bangui que nous allons leur téléphoner pour leur demander comment ils se portent ou bien de faire des commentaires creux ici à Bangui. C’est ainsi que nous avons décidé de nous rendre là-bas sur-place et de rencontrer tous les protagonistes, de discuter avec eux. Arrivés à Paoua, nous nous sommes déplacés dans les bases des rebelles du MPC qui sont alliés à la R-J dans les villages Pougol où nous avons discuté jusqu’à la nuit tombée et puis nous avons repris les discussions le lendemain matin à Gouzé. Nous sommes allés ensuite à Bocaranga où nous avons rencontré les autorités locales, les chefs de villages, les notables, etc. Nous avons également discuté avec les Anti-balaka pendant trois heures d’horloge avant de continuer à Koui. Là-bas, nous avons rencontré le Sultan de Koui Yaya Daouda avant de rencontrer Sidiki et son état-major.

 

A chaque fois, nous expliquions que nous ne sommes pas membres de l’Exécutif, et que par conséquent nous n’avons pas de décision à prendre ni de promesses à leur faire. Mais, nous sommes venus les écouter comme Elus locaux qui ne font pas la distinction entre les Centrafricains quelle que soit leur appartenance confessionnelle. Nous voulons savoir pourquoi des populations qui ont longtemps vécu en symbiose commencent à se massacrer, à s’entretuer, à piller les biens des uns les autres. Dans toutes ces rencontres, notre message est de demander aux groupes armés de donner le gage de leur bonne volonté en se retirant des agglomérations et de rester dans leurs base de cantonnement en dehors des populations civiles pour attendre que le gouvernement puisse mettre en œuvre le DDR.

 

Notre constat est que dans toutes ces localités que nous avons sillonnées, il n’y a pratiquement pas d’autorité locale. A Paoua, le Sous-préfet est absent depuis onze mois pour des raisons de santé ; il y a un Commandant de Brigade à la Gendarmerie mais avec très peu d’éléments et très peu d’armement. Au niveau de la Police, il ya un Commissariat de police mais sans Commissaire ni policiers et bien sûr sans aucune arme. A Bocaranga, il n’y a ni Sous-préfet ni Commandant de Brigade ni un Policier. Pire à Koui, il n’y a aucune autorité. L'autre volet de notre démarche est de faire un plaidoyer auprès du gouvernement pour que les autorités locales, au moins dans les localités où leur sécurité n’est pas directement mise en péril, soient présentes, ne fut-ce qu’à titre dissuasif, pour garder le contact avec la population et d’essayer de sauver ce qui peut être sauvé, car la nature a horreur du vide, dit-on.

 

Nous avons eu des uns et des autres la promesse qu’ils n’utiliseront plus les armes et qu’ils vont se cantonner. La deuxième mission doit être effectuée après le compte rendu que nous avons fait au Président de l'Assemblée nationale avec copie aux autorités et à la Minusca, pour mettre chacun devant ses responsabilités. Nous n’allons pas baisser les bras parce que la situation s’est dégradée, c’est pourquoi notre action de plaidoyer pour la paix doit continuer. Dès que nous aurons construit un consensus autour des taches de la deuxième opération, nous allons nous rendre sur-place. Nous souhaitons que cela soit pour une durée un peu plus longue, le temps d’aller au fond des choses. Dans le cas de Koui et Bocaranga distants de 40 km, les populations vivent ensemble depuis des siècles et se marient entre elles. Mais d’où vient la rupture de confiance ? Il faut identifier cela en allant au fond des choses. Parce que le premier désarmement, c’est le désarmement des cœurs et ensuite les armes peuvent être déposées.

 

Mais notre action doit être accompagnée par des mesures aussi bien administratives par la présence des autorités locales et la présence de la Minusca pour empêcher les groupes armés à attenter à la vie des populations comme nous l’avons vécu récemment.

 

LHRD : Honorable, les groupes armés vous ont certainement fait part de leurs désidératas. En cela, on ne peut pas déjà circonscrire ce qui justifie ces fréquentes attaques et les affrontements entre les groupes d’auto-défense et les rebelles.

 

MZ : Si nous avons rencontré tous ces groupes armés, c’est justement pour savoir pourquoi ils se battent. A chaque fois, la raison est la même : chacun justifie ses actions par des actions précédentes de l’autre groupe contre sa propre communauté. Et lorsque vous observez bien cela, vous trouverez au milieu, le fait qu’il n’y a aucune autorité administrative pour imposer et maintenir la paix civile. Comme je vous l'avais dit la nature a horreur du vide. L’absence de l’autorité de l’Etat fait qu’en cas d’un petit incident, cela entraine immédiatement des représailles et des affrontements entre deux communautés parce que chacun s’identifie d'abord à sa communauté. Donc tout incident est susceptible de devenir un grand événement dramatique.


Nous avons observé tout cela, et nous avons fait des recommandations. Il fallait bien commencer quelque part. La fondation reste la présence de l’autorité de l’Etat et de forces de sécurité intérieure, puis que la Minusca fasse effectivement son travail de protection de la population civile. Cela peut déjà instaurer un climat de sécurité.


Si nous prenons le cas de l’Ouham-Pendé par exemple, il n’y a pas eu ces problèmes jusqu’en 2016. Le problème est né du vide sécuritaire et administratif et chacun groupe armé se prévaut des prérogatives de la puissance publique pour faire exactement qu’il pense vouloir faire.

 

LHRD : La misère et le vol de bétails ne sont-ils pas des facteurs agissants à l’origine de certains affrontements ?

 

MZ : Comme je vous l’ai dit, nous avons discuté avec tout le monde. Nous, Députés, nous sommes à l’écoute de tout le monde et c’est ce que nous avons fait. Chacun a avancé des arguments. Chacun en s’expliquant, incrimine l’autre partie. Mais cela, relève, en temps normal, de l’autorité de l’Etat. Voilà qui nous ramène encore à la présence de l’Etat, puis de la présence effective et efficace de la Minusca pour rétablir le droit. Donc, nous ne pouvons pas nous fonder sur les déclarations d’un groupe pour avancer dans la recherche de la réconciliation. Par contre, nous observons les éléments qui reproduisent systématiquement ces événements et nous disons voilà les cause des problèmes. Et si on travaille sur les causes, les conséquences seront éteintes.

 

LHRD : A l’Assemblée nationale, vos Collègues vous ont confié une lourde charge, celle du Président de la Commission Finances. Parlant de la Table ronde de Bruxelles et selon vous, est-ce qu’il y a des critères ou des conditions à remplir pour que le décaissement de ses fonds soit plus ou moins immédiats, eu égard à l’urgence de la reconstruction nationale telle que souhaitée et voulue par le peuple centrafricain ?

 

MZ : Je pense que c’est une bonne chose que la Table ronde de Bruxelles ait eu lieu et que l’attention de la communauté internationale puisse être toujours portée sur la RCA. Les promesses des dons qui ont été faites s’élèvent, comme vous le savez, à 2,4 milliards de dollars. Effectivement, ces fonds ont été annoncés aussi bien par des institutions politiques comme l’Union européenne que par des institutions financières comme la Banque mondiale et autres ou par des pays sur le plan bilatéral, et par d'autres institutions internationales. Tout naturellement, que ce soit des institutions ou des pays, chacun a ses procédures de décaissement propres. Et, je pense qu’au retour de Bruxelles, le gouvernement a mis en place un Secrétariat Technique et un Comité Directeur Conjoint pour faire en sorte que les promesses qui ont été faites deviennent des réalités. Je crois que c’est la préoccupation de tous.

 

Devant l’urgence des questions auxquelles fait face notre pays, il faut mettre les bouchées doubles. Il faut mobiliser tous les moyens, toutes les bonnes volontés pour que ces décaissements soient effectifs pour faire face aux questions de la sécurité, de la présence de l’Etat sur tout le territoire. Les urgences sont tellement immenses que chaque jour qui passe nous rapproche dangereusement de la mort clinique, j’aillais dire.

 


Mais au-delà des promesses de Bruxelles, il faudra que sur le plan de la mobilisation de ressources au niveau interne, des efforts soient faits pour augmenter ces ressources. Il faut mettre fin à la parafiscalité de fait. Nous devons faire montre de notre volonté de nous aider nous-mêmes, et les autres nous aideront davantage. Toutefois, je dis que l’aide est une nécessité absolue pour notre pays. Je le sais en tant que Député de Bocaranga 3 où lorsqu’on y arrive, c’est le dénuement total sur tous les plans, notamment l’eau, la santé, l’école… C’est comme si la République s’est arrêtée il y a trente à quarante ans.

 

C’est pourquoi chacun de nous doit s’impliquer dans ce processus et rester disponible pour faire en sorte que notre pays ait les moyens de s’en sortir.

 

LHRD : La Loi des Finances de Fiances de cette année table sur un budget d’environ 130 milliards de Francs Cfa de ressources propres, ceci en amélioration par rapport à l’année dernière. Lorsque vous parlez des efforts à faire, à quelle marge de manœuvres faites-vous allusion pour une mobilisation optimale de ressources ?

 

MZ : Je parle sous le contrôle du Ministre des Finances qui a également dit qu’il y a des marges de progression à faire en matière de mobilisation de ressources internes. Je dirais simplement que les ressources intérieures ne sont géographiquement mobilisées aujourd’hui que sur 30 à40% du territoire national, c’est-à-dire Bangui et ses environs, plus les préfectures de la Lobaye, la Sangha Mbaéré, la Mambéré Kadéi, la Nana Mambéré, l'Ombella-Mpoko, une partie de l’Ouham et de l’Ouham-Pendé et de la Kémo. Donc tout le reste échappe à l’Etat sur le plan fiscal. Cela veut dire que les marges à faire sont liées à la sécurité, car plus l’autorité de l’Etat va accroitre, plus les ressources vont s’accroitre.

 

Aussi au niveau interne, il y a certaines ressources perçues au niveau de certains Départements ou certaines institutions et que nous devons, partant du principe de l’unicité des caisses, chercher à faire rentrer dans le budget de l’Etat. C’est ce que j’identifie comme marges de progressions qui existent en matières de ressources internes et qu’il faut inventorier, mobiliser puis canaliser vers le Trésor Public , et trouver aussi des réponses par rapport à la spécificité de certains Départements qui demandent des décaissements rapides.

 

Toutefois, il faut que devant le miroir, qu’il y ait la totalité des ressources de l’Etat et qu’il y ait également la totalité des dépenses de l’Etat en sorte que le budget de l’Etat soit crédible et que le peuple centrafricain sache que ce qui devrait être prélevé l’a été effectivement et que ce qu’il a autorisé comme dépenses est effectivement réalisé dans l’objectif défini. Il s’agit de faire l’effort d’améliorer chaque jour la transparence et l'efficacité du budget de l’Etat. Ce sera notre principal avocat pour négocier et obtenir des ressources budgétaires additionnelles, comme les aides budgétaires directes.

 

LHRD : Honorable Martin Ziguélé, je vous remercie.

 

Propos recueillis par Sylvestre KROCK

 

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