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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 17:13

 

 

 

À l'orée du premier anniversaire d'accession à la magistrature suprême de l'Etat, cette célèbre phrase prononcée solennellement par le Président de la République lors de la prestation de serment du 30 mars 2016 retentit encore dans la tête des centrafricains. Tout le monde avait cru et c'était la liesse et la réjouissance populaire...enfin la délivrance. Cet espoir sécuritaire s'amenuise progressivement faisant droit de cité aux groupes armés. On assiste à la dégradation galopante de la situation sécuritaire. Alors que s'est-il passé ? Pourquoi la courbe sécuritaire ne cesse de croître ? La paix est-elle encore possible ? Selon les termes de la constitution en vigueur, le Président de la République est le garant de la sécurité du peuple et du territoire national. Ainsi, le citoyen lambda se pose légitimement les questions suivantes : avant de prêter serment, le Président de la République avait-il bien perçu, apprécié l'enjeu et la portée de cette phrase ? L'a t-il ?

 

Prononcé pour le besoin de la circonstance ? S'inscrivant dans le fil de l'actualité, peut-on parler de violation des dispositions constitutionnelles pour non respect du serment ? Visiblement les groupes armés sont mieux outillés, équipés au point de reléguer l'autorité de l'Etat au second rang. Face à ce genre de situation, que peut faire le Président de la République qui ne dispose pas d'armée ? En dépit de son laxisme, a t-il les mains liées ? Le risque de dislocation du pays est très élevé que la question sécurité devient un enjeu d'intérêt général et ne concerne pas seulement le chef de l'Etat. Il appartient à tous ceux qui se réclament centrafricains de trouver une réponse collective à cette crise. Pour ce faire, il importe de déterminer les responsabilités. En dehors du politiquement correcte, qui est responsable de la persistance de la crise ? À qui profite la pérennité du désordre ?

 

Nous sommes tous conscients que le Président de la République a hérité la crise mais la responsabilité de la pérennisation lui incombe si nous faisons référence aux dispositions constitutionnelles. Une erreur d'approche et de méthode a accentué la crise. Pourquoi opté pour le dialogue et la négociation avec des criminels ? Pourquoi les entretenir en leurs accordant des droits ? L'Algérie nous donne une illustration patente de traitement de criminels lors de la prise d'otage de près de huit cent personnes d'In Amenas. Le pouvoir algérien a réagi avec fermeté en ordonnant une opération militaire malgré le veto de la France qui comptait ses ressortissants parmi les otages.

 

C'est le laxisme, la nonchalance du pouvoir dans la prise des décisions qui a octroyé des droits et privilèges aux groupes armés. L'Etat n'a pas d'emprise dans les zones occupées et la population se sent délaisser, abandonner. Comment le pouvoir légitime peut-il réduire la solution de la crise au DDRR et à la levée de l'embargo ? S'agissant du désarmement, le chef de l'Etat a connu déjà cette expérience en tant que Premier ministre et ce programme était un fiasco. Par contre, la levée de l'embargo ne peut résoudre que partiellement la crise car sous le règne de Bozize, la rébellion occupait déjà une bonne partie du territoire national alors qu'on avait une armée bien équipées et formées.

 

Nous estimons par ailleurs qu'il urge de connaître et de combattre les causes de la crise. Les régimes qui se sont succédé en Centrafrique ont tous le même mode opératoire, le même mode de gouvernance. Ainsi il faut se poser la question de savoir pourquoi la Centrafrique connaît-il de succession de coups d'Etat et de rébellion ? La réponse à cette interrogation serait le début d'une solution durable. La Minusca de son côté est aussi responsable de la crise car elle n'applique pas correctement les résolutions du conseil de sécurité de l'ONU.

 

Son l'hypocrisie la pousse à indexé sans cesse le gouvernement comme facteur de la crise en lui reprochant de ne pas délivrer de mandats pour faciliter l'arrestation des chefs Rebels. Paradoxalement, elle annonce qu'elle prendra toutes ses responsabilités en cas d'attaque de la ville de Bambari. Alors pourquoi avec ses douze mille hommes, cette menace n'est pas valable pour l'ensemble du territoire national ? Les partis politiques ont aussi leur part de responsabilité. À peine réveillé du long sommeil, une dizaine de partis politiques ont lancé une pétition pour réclamer la réaction du pouvoir, ont-ils besoin d'une pétition pour faire réagir le gouvernement ?

 

C'est alors leur rôle dans la vie politique centrafricaine ? Nul doute que notre premier partenaire dont nous faisons l'économie du nom est aussi responsable. Nous devrons apprendre à dire non à ce dernier à l'instar du Président Béninois qui a opposé son veto à Bolloré dans la gestion du port de Cotonou. Qu'a fait l'union africaine ? Et l'organisation sous régionale comme la CEMAC ? Nous avons malheureusement vu le Senegal sous mandat rétablir l'autorité de l'Etat en Gambie. Mais pour nous...mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Paris le 25 février 2017.

"JE JURE SOLENNELLEMENT D'ASSURER LA SÉCURITÉ DU PEUPLE ET DU TERRITOIRE NATIONAL..".par Bernard Selemby Doudou

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