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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 11:31
Difficile insertion au Cameroun des jeunes Centrafricains ayant fui la guerre

 

 

 

15/02/17 (La Voix de l'Amérique)

 

Les Centrafricains réfugiés au Cameroun ne sont pas au bout de leurs peines. Alors que certains ont pu s'insérer dans la société à travers divers métiers ou études universitaires, d'autres vivent un véritable désarroi.

 

Piko est un jeune comédien conteur originaire de la République centrafricaine.

 

A Bangui, il habitait le quartier Boy-Rabe, cible de la fureur des rebelles de la Seleka après le renversement de l’ex-président François Bozizé. Pour échapper à la mort, le jeune artiste a rallié le Cameroun par voie terrestre.

 

Le séjour au départ n’a pas été facile : « Je n’avais personne pour me soutenir. Partout où j’allais, j’étais considéré comme un étranger. Une fois, j’ai pris part à un casting pour le rôle d’une femme. Il fallait se déguiser. J’ai réussi mon déguisement au point que cela a attiré l’attention du metteur en scène », se rappelle-t-il.

 

Mais ce premier coup de talent était loin d’ouvrir de meilleures perspectives de carrière au jeune Centrafricain. Il a fallu qu’il monte son propre projet de spectacle pour attirer l’attention des amoureux du théâtre et de la comédie.

 

« C’est ainsi que je me suis fait des relations à travers la formule ‘théâtre sous le manguier’. En effet, il était question de prester lors des soirées privées. Et ce sont des expatriés installés au Cameroun qui m’invitaient le plus », ajoute t-il.

 

Ce sera là la porte qui va lui valoir un toit : une chambre gratuite dans une villa. Ce n’est pas rien pour un réfugié.

 

Hébergé par un expatrié français à Yaoundé, le jeune homme de 31 ans, arrivé en septembre 2013 au Cameroun, gagne désormais sa vie au prix de son talent de comédien conteur.

 

« Comme je fais le théâtre et le conte, j’enseigne aussi les petits enfants expatriés dans un collège privé à Yaoundé sur les deux arts. Mes revenus ne sont pas négligeables. Ça donne un peu. Sans oublier, les largesses de mes admirateurs qui me glissent qui 50.000 francs CFA, parfois 100.000 francs CFA pour m’encourager », nous raconte Piko.

 

Quant à Cyriaque, c’est son effort intellectuel qui lui a valu le statut d’étudiant réfugié centrafricain. Il a d’abord séjourné dans un camp de réfugiés dans l’est du Cameroun où il va tenter sa chance. Il est aujourd’hui boursier du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés au Cameroun. Mais ses conditions de vie restent précaires.

 

« Ce que le HCR me donne, c’est pour mes besoins mensuels et les frais académiques. Pour obtenir cette bourse d’excellence, cela n’a été facile. Nous étions près de 250 postulants pour dix places. Et nous sommes tenus d’avoir une moyenne générale de 12/20 au terme de chaque année académique pour être à nouveau boursier. »

 

Cyriaque est inscrit en 2017, en 3ème année du cycle Licence en gestion des ressources humaines, dans une université privée. Nous avons appris de bonne source que la bourse en question lui donne droit à 70.000 francs CFA par mois et 650.000 francs CFA par an, payés directement à l’université pour ses études.

 

Cyriaque ne saurait demander plus. Tout comme Michaël, un autre Centrafricain, 22 ans, lui aussi réfugié de guerre. C’est une église évangélique qui est désormais sa raison de vivre au Cameroun.

 

« C’est l’église qui m’a accueilli. Ça fait un an que je travaille dans cette église dénommée ‘Va et raconte, Temple des Nations’, je fais des montages vidéo, audio des prédications qui sont ensuite diffusées sur la chaîne de télévision de l’église. J’ai un soutien financier qui me permet de satisfaire mes besoins. »

 

L’insertion des jeunes centrafricains au Cameroun concerne aussi Socrates, un ancien membre de la Cellule de presse du président François Bozizé. Responsable multimédia de 2008 à 2012, Socrates a fait contre mauvaise fortune, bon cœur.

 

« C’est pas facile de vivre à l’étranger. On se bat. J’ai ouvert à Yaoundé une structure de montage vidéo, de reportages pour les entreprises, les individus. J’ai aussi mis sur pied une radio en ligne. Je ne suis pas dans les mêmes conditions qu’à Bangui, mais c’est mieux que rien », déclare-t-il.

 

Cependant, Yaoundé n’est pas favorable à tous les jeunes réfugiés centrafricains. Trésor, 20 ans, et trois de ses compatriotes (Tony, 17 ans, Mohamed, 21 ans, et Hamidou, 22 ans) ont fui la guerre à Bangui et partagent les mêmes souffrances. Sans travail, sans argent, ils dorment à la belle étoile.

 

« Pour travailler au noir, je dois parcourir des kilomètres en cherchant quoi faire. A la fin de la journée, j’ai parfois 1.000 francs CFA. C’est l’équivalent de trois jours de ma ration alimentaire », nous confie Trésor.

 

Quand nous faisons la connaissance de ces quatre jeunes centrafricains, l’un d’eux est allongé sur un carton, mal en point, mais sans possibilité de se soigner.

 

Selon le HCR, il y a près de 260.000 réfugiés centrafricains sur le territoire camerounais. Le HCR a cessé d’accorder au Cameroun les aides aux réfugiés urbains, au profit de ceux qui résident régulièrement dans les camps dédiés.

 

Une décision qui a provoqué récemment une manifestation de colère devant les locaux du HCR à Yaoundé. Les réfugiés centrafricains à Yaoundé se comptaient parmi les manifestants.

 

De nombreux Centrafricains au Cameroun ne sont pas enregistrés auprès du HCR, gonflant ainsi la liste des candidats à la survie au Cameroun.

 

Emmanuel Jules NTAP, correspondant VOA Afrique à Yaoundé

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