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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 21:02
Violences en Centrafrique : situation humanitaire alarmante, "On dort dans la boue"
Violences en Centrafrique : situation humanitaire alarmante, "On dort dans la boue"

 

CENTRAFRIQUE 

 

http://observers.france24.com/ 20/10/2016

Des milliers de personnes sont actuellement réfugiées dans un camp de fortune autour de la base militaire de la Minusca à Kaga-Bandoro, dans le nord de la Centrafrique. La semaine dernière, des violences ont secoué la ville, faisant 45 morts selon un dernier bilan. Et face à l’insécurité, les humanitaires peinent à venir en aide aux populations. 


Depuis le début du mois d’octobre, les combats entre miliciens ex-Séléka et les combattants anti-Balaka se sont multipliés en Centrafrique. Une semaine après les violences qui ont fait une dizaine de morts à Bangui, c’est la ville de Kaga-Bandoro qui a été touchée par les combats mercredi 12 octobre. 


Un site de déplacés situé dans l’évêché de Kaga-Bandoro avait été attaqué et plusieurs maisons appartenant à des autorités locales, civiles ou religieuses ont été détruites ou pillées. Les bases de plusieurs ONG ont également été dévalisées. Selon le ministère de l'Éducation nationale, trois instituteurs et le directeur du centre pédagogique régional ont notamment été tués au cours de ces violences. 

"Nous sommes nombreux à n’avoir plus d’affaires, plus de maison, plus rien"

Fuyant les violences, environ 18 000 personnes se sont réfugiées depuis une semaine autour de la base aérienne de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) à Kaga-Bandoro. Selon notre Observatrice, arrivée dans le camp le week-end dernier avec ses enfants, la plupart de ces déplacés ont tout perdu et la psychose est à son comble. 

Personne ne se sent en sécurité. La ville est coupée en deux entre quartiers musulmans au nord, et quartiers chrétiens au sud. Nous ne voulons pas rentrer chez nous. Même des professeurs ont été attaqués, désormais, j’ai peur de mettre mes enfants à l’école. 


Une partie de l’ancien camp de réfugiés dans l’évêché a été brûlé et de nombreuses maisons pillées. Nous sommes nombreux à ne plus rien avoir du tout, plus d’affaires, plus de maison, plus rien. Ici, on dort dans la boue, mais on n’a nulle part d’autre où aller. Et on a l’impression que la situation est bloquée.

Manque d’installations sanitaires, tentes de fortune et insécurité : la situation est alarmante. Selon les Nations unies, l’insécurité alimentaire touche 120 000 personnes dans la région. Et les humanitaires, régulièrement ciblés lors des attaques, ne parviennent que difficilement à gérer la situation. Depuis le début de l’année, dans le pays, plus de 300 incidents visant des membres d’ONG ont été comptabilisés et trois humanitaires sont morts assassinés selon RFI. 


Un Observateur, membre d'une ONG, nous a également fait part des difficultés à Kaga-Bandoro. 

"Nous avons perdu plus de 50 % de nos effectifs à Kaga-Bandoro"

Les besoins sont énormes. Les réfugiés ont dû construire des abris de fortune avec du bois, de la paille et des bâches. Certains sont venus avec tout ce qu’ils pouvaient : de la nourriture, des matelas, etc. D’autres n’ont rien. Les blessés ont été amenés à l’hôpital à proximité ou rapatriés vers Bangui. Il y a à peu près 18 000 personnes actuellement autour de la base de la Minusca : normalement, c’est gérable. Mais là, nous manquons de moyens. Une partie des humanitaires ont fui la région. Je dirais que ces derniers mois, nous avons perdu plus de 50 % de nos effectifs à Kaga-Bandoro. Nous sommes parfois menacés lors des attaques et dans ces conditions c’est très compliqué de travailler. En plus, plusieurs bases d’ONG ont été attaquées et pillées.


Nous cherchons maintenant à ouvrir un véritable camp, en dehors de la base de la Minusca : une zone militarisée ne peut pas servir de base à long terme. C’est trop dangereux, surtout qu’il s’agit d’un aérodrome, des avions des Nations unies atterrissent dans la zone, il nous faut un endroit neutre. Encore une fois, cette situation illustre la complexité de la situation en Centrafrique. Et malheureusement, nous avons bien peur de ne pas trouver immédiatement la bonne solution. Pour le moment, les populations sont bloquées dans la base et le contexte est trop dangereux pour les faire rentrer chez eux. Je pense qu’ils seront bloqués pour quelques mois encore.


Ces dernières violences ont également ravivé le mécontentement envers le gouvernement et les Nations unies. Le président, en visite dans le camp de Kaga-Bandoro en début de semaine a été hué par la foule. 

Mercredi 19 octobre, une pétition de la Société Civile en Centrafrique a également été lancée pour demander le départ de la Minusca jugée passive et inefficace. 

La Centrafrique est plongée dans une grave crise suite à la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l’ex-président François Bozizé par les rebelles Séléka, majoritairement musulmans, entraînant une contre-offensive des anti-balaka, majoritairement chrétiens. 


Malgré l’instabilité persistante, le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, doit se rendre à Bangui les 30 et 31 octobre, pour annoncer officiellement la fin de l’opération militaire Sangaris déployée par la France en décembre 2013 pour stopper les violences inter-communautaires. 

Maëva Poulet

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