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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 22:36
RCA : des tracasseries sur le Haut-Oubangui

 

RCA : des tracasseries sur le Haut-Oubangui

http://www.bbc.com/ Max Allaroum, BBC Afrique, Bangui 21/10/2016

En République Centrafricaine (RCA), la navigation sur le fleuve Haut-Oubangui est un parcours du combattant pour les nombreux opérateurs économiques, depuis le déclenchement de la crise dans ce pays. L'organisation des élections et le retour à l'ordre constitutionnel n'ont rien changé.

La navigation a repris sur le fleuve après une interruption qui a duré plus de deux ans à cause de l'insécurité. A Port Sao, en amont du fleuve Oubangui, à Bangui, une vingtaine de baleinières sont accostées. Elles desservent les villages longeant le fleuve : Kouango, Zangba, Mobaye, etc.

Autour du port est installé un marché de fortune, qui est alimenté par des hommes et des femmes vivant du commerce, des deux côtés du fleuve.

Les tracasseries, ont les subit encore à Kouango, où les Séléka sont les maîtres des lieux. Ils prélèvent des taxes sur toutes nos marchandises. Léa Josiane Azouka, une commerçante

Les commerçants qui font ce trajet de 1 200 kilomètres subissent les nombreuses tracasseries des groupes armés et des forces de sécurité. Exploitants de baleinières et commerçants se plaignent des taxes exorbitantes qui leur sont imposées.

Léa Josiane Azouka, une commerçante, dénonce les tracasseries subies durant le voyage qui dure généralement deux semaines. "Ces voyages nous amènent souvent jusqu'à Kouango, où nous achetons du manioc, du poisson fumé, de l'huile de palme et des arachides. Auparavant, c'était les Antibalaka (Ndlr : une milice constituée majoritairement de chrétiens) qui étaient la cause de nos souffrances", se rappelle-t-elle.

"Depuis que les gendarmes ont repris le contrôle sur les barrières, la situation s'est améliorée. Par contre, les tracasseries, ont les subit encore à Kouango, où les Séléka (une milice constituée de musulmans pour la plupart) sont les maîtres des lieux. Ils prélèvent des taxes sur toutes nos marchandises : savon, sucre, sel, essence, etc. Et cela nous fait dépenser beaucoup d'argent", se désole Léa Josiane Azouka.

Antoine Koyambomou, le président de l'Association des propriétaires des baleinières et mini-embarcations en Centrafrique, se plaint, lui aussi, de l'attitude de gendarmes. "Quand le pays est revenu à l'ordre constitutionnel, le ministre de la Sécurité a demandé aux gendarmes basés à Damara de sécuriser deux postes : Danga et Mbata. Subitement, ces mêmes gendarmes ont créé un troisième poste. Et c'est sur ce troisième poste que nous avons beaucoup de difficultés", se plaint-il.

"Il faut payer des taxes pour toutes les marchandises (…) Les gendarmes ont même passé les menottes à un armateur qui descendait de Kouango. L'affaire est en cours devant la justice. Et au niveau de Kouango, ce sont les Séléka qui gèrent le poste", ajoute Antoine Koyambomou.

Au total, cinq postes de contrôle sont contrôlés par les ex-Séléka, quatre autres sont mis en place par les gendarmes, qui sont assistés des Antibalaka, ce qui rend difficile la traversée du fleuve. Désiré Gongoro, alias Zakaba, commandant de la baleinière baptisée "Nzapa O sendé" (ce qui veut dire "Dieu pourvoit", dans une langue locale), ajoute que "les marchandises sont taxées par sac et/ou par litre". "Ce qui rend notre voyage un peu difficile."

Le voyage par le fleuve reste la principale source de ravitaillement des populations centrafricaines en vivres et produits de consommation courante. Les transports terrestres sont difficiles à cause de l'insécurité.

Pour chaque voyage, l'armateur paie un manifeste à 12 000 francs. Imaginez ce que cela donne comme montant en une année pour l'Etat. Antoine Koyambomou, un armateur

Antoine Koyambomou tient à rappeler que pour devenir armateur, il faut se faire immatriculer au ministère des Transports. Il précise que leurs activités apportent suffisamment de ressources à l'Etat, car, "conformément au gabarit de votre moteur, vous pouvez payer entre 45 000 à 75 000 francs CFA".

"Ensuite, poursuit-il, pour chaque voyage, l'armateur paie un manifeste à 12 000 francs. Imaginez ce que cela donne comme montant en une année pour l'Etat. Ajouter à cela les différentes gammes de marchandises que nous échangeons sur les marchés de Bangui, dans les provinces et sur le marché Pando, en République démocratique du Congo."

Les tracasseries subies par les commerçants sont la conséquence de l'incapacité de l'Etat centrafricain à contrôler l'intégralité de son territoire, l'un des défis auquel est confronté le régime élu au début de l'année.

Le pays a connu des affrontements sanglants opposant notamment musulmans et chrétiens, de fin 2013 à 2015.

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