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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 01:50
Lu pour vous : «La situation normale en Centrafrique, c’est la crise»
Lu pour vous : «La situation normale en Centrafrique, c’est la crise»

 

 

http://www.tdg.ch/

Intervention militaire  

La France met un terme à son intervention, laquelle a évité le pire. Mais elle se retire alors que la violence secoue encore le pays. Bilan avec trois experts militaires.

L’opération Sangaris est une réussite, mais le futur de la République centrafricaine reste incertain. Voilà l’analyse que livrent la majorité des spécialistes des activités militaires françaises en Afrique. Ce lundi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se rend à Bangui pour clore officiellement l’intervention française en République centrafricaine. Cette opération militaire, lancée à la fin de l’année 2013, a permis de stabiliser le pays, et même d’éviter un génocide, selon certains.

L'opération Sangaris a déployé jusqu’à 2000 soldats français. Ils ne sont aujourd’hui plus que 800. Il en restera encore quelque 350, engagés avec les forces onusiennes de la Minusca (10 000 Casques bleus). Et une capacité d’intervention tricolore «sur court préavis» reste basée dans la région, histoire de rassurer les partenaires, locaux comme internationaux.

«Il faut bien se rendre compte que la situation normale en République centrafricaine, c’est la crise», glisse Pierre Conesa. Cet ancien haut fonctionnaire au Ministère de la défense salue ainsi le travail des troupes françaises.

«Sangaris a été menée avec une issue politique. Contrairement à ce qui se passe en Syrie… En République centrafricaine, notre action a tout d’abord évité le pire. Et maintenant, la France passe le relais à la communauté internationale. Tout en espérant que les ressorts de la crise alimentés de l’extérieur se calment un temps», pense Pierre Conesa.

Massacres de masse

La République centrafricaine a replongé dans le chaos en mars 2013 quand les rebelles Séléka, majoritairement musulmans, avaient renversé le président François Bozizé. La réaction des milices anti-Balaka, en grande partie chrétiennes, avait donné suite à des violences intercommunautaires qui ont motivé l’intervention de la France pour éviter des massacres de masse de part et d’autre.

«Et la composante animiste est aussi importante que l’islam et le christianisme des uns et des autres», met en garde Pierre Conesa ceux qui seraient tentés par une projection d'une grille de lecture religieuse occidentale.

«Primo, les processus génocidaires en action à l’époque ont été entravés. Ensuite, l’autre finalité de Sangaris était la stabilité de la République centrafricaine. Dans un pays où il n’y a plus d’Etat depuis longtemps, on peut estimer que la France remet un pays plus calme à la communauté internationale. Cette dernière doit donner les moyens de la reconstruction», analyse Pierre Servent. Pour ce colonel de réserve, ancien journaliste au Monde et à La Croix, le désengagement de la France était urgent.

L'armée française à bout de souffle

«Nous touchons aux limites de notre instrument militaire. Nous sommes à bout de souffle avec des opérations extérieures importantes et l’opération Sentinelle en France contre le terrorisme», rappelle Pierre Servent. Dans l’Hexagone, ce sont en effet 13 000 militaires qui sont sur le terrain.

Et à l’étranger, la France est «plus nombreuse que jamais». Sans compter le matériel, l’opération Chammal (Irak et Syrie) mobilise 1450 hommes. L’opération barkhane (Sahel), ce sont 3500 militaires. Au Sénégal (350), en Côte d’Ivoire (900) ou encore au Gabon (350), la France reste encore très présente en Afrique.

... Jamais quitté la Centrafrique

«En réalité, nous n’avons jamais réussi à quitter la République centrafricaine. Et la France reste en vigilance. Car les groupes armés menacent toujours une paix très fragile», estime Jean-Dominique Merchet, journaliste à L’Opinion, dont le blog Secret Défense est l’un des plus reconnus en matière militaire.

Par ailleurs, la présence des soldats onusiens et des Français est remise en cause par des groupes qui n’ont aucun intérêt à un retour à l’ordre. Le pays est notamment un important producteur de diamant. Aussi les accusations de violences sexuelles de la part de soldats onusiens et français, actuellement instruits par la justice, sembleraient en partie instrumentalisées par ceux à qui profite le chaos. (TDG)

 

(Créé: 30.10.2016, 21h44)

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