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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 21:11

 

APPEL AU DEPART DES CASQUES BLEUS DE LA CENTRAFRIQUE : Qui veut replonger la RCA dans le gouffre ?

http://lepays.bf/ 24 octobre 2016

 

En République Centrafricaine (RCA), un mouvement de la société civile a appelé à une journée ville morte pour exiger le départ des Casques bleus du pays. Il y a même une pétition en cours de signature dans le pays, à cet effet. A l’appui de sa requête, ce mouvement invoque l’incapacité des Casques bleus à désarmer les groupes militaires irréguliers et à protéger les civils. Face à cet appel, on ne peut qu’être interloqué. Certes, des Casques bleus sont accusés d’avoir trempé dans des scandales sexuels. Ce qui n’est pas bon pour l’image des Nations unies, même s’il convient de relever que ces accusations se sont révélées, bien souvent, fausses ; les prétendues victimes ayant été souvent manipulées par des gens mus par l’appât du gain qu’engendreraient les indemnisations.  Certes, les soldats de la paix en RCA n’ont pas toujours su anticiper et contenir certaines violences dans le pays. Mais de là à exiger la fin de la Mission des Nations unies en RCA (MINUSMA), il y a un pas à ne pas franchir. Demander le départ de toute la MINUSCA sous prétexte qu’elle n’est pas encore arrivée à désarmer les milices et qu’il y a des brebis galeuses dans ses rangs, c’est vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain. Car l’importance des soldats de la paix, n’est plus à démontrer en RCA.

Ceux qui demandent le départ de la MINUSCA, ont un agenda caché

Face à la déliquescence prononcée de l’armée nationale, c’est aux troupes étrangères, notamment les soldats deSangaris et de la MINUSCA, qu’est revenue la lourde mission de restaurer un tant soit peu, la sécurité dans le pays. C’est, du reste, grâce à leur action que la RCA a pu organiser les élections de sortie de crise. On peut donc se demander à qui profiterait un départ de la MINUSCA aujourd’hui. La réponse va de soi. Si la MINUSCA devait plier bagages aujourd’hui, ce ne serait pas profitable à la Centrafrique, mais à des groupuscules aux intérêts machiavéliques. Il est notoire que la France envisage de mettre fin à l’opération Sangaris en fin octobre 2016. Ce, dans un contexte de regain de violences dans le pays. Dans ces conditions, et en l’absence d’une armée centrafricaine digne de ce nom, on se doute bien que tout le poids de la sécurisation du pays reposerait sur les épaules de la seule MINUSCA si le départ de Sangaris venait à être effectivement acté. Au regard de cela, on est fondé à penser que ceux qui demandent le départ de cette MINUSCA, ont un agenda caché ou du moins des desseins lugubres voire mortifères pour la RCA et qu’il y a, en plus, des mains qui tirent les ficelles dans l’ombre. Mais qui veut donc replonger la Centrafrique dans le gouffre ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. On peut légitimement penser que cette société civile est infiltrée par des ennemis de la paix en RCA. A moins qu’elle soit tout simplement devenue cet ennemi. Les anciens groupes armés et leurs mentors sont les principaux suspects. Surtout les ex-Séléka qui ont,  visiblement,  conservé leur force de frappe et leur forte capacité de nuisance. On se souvient que certains des leurs ont semé la mort et la désolation récemment. A l’occasion, il a fallu que les soldats de la paix bandassent les muscles pour les stopper dans leur expédition sanglante contre les populations civiles.

Il est impératif que les Nations unies ne cèdent pas à cette pression malsaine

Du reste, certaines populations n’ont eu la vie sauve qu’en trouvant refuge auprès des Casques bleus. Que se serait-il passé si ces troupes internationales n’avaient pas été là ? Une hécatombe sûrement. Face à tout cela, on peut légitimement se convaincre que la MINUSCA, en dépit de ses imperfections, est un rempart pour les populations sans défense. En même temps, elle constitue un obstacle de taille pour les individus mal intentionnés, qui veulent s’adonner à leurs basses besognes. Le reproche qui est fait à la MINUSCA, celui d’avoir failli à son mandat, n’est qu’un faux prétexte. Ne dit-on pas que « qui veut noyer son chien l’accuse de rage » ? En tout état de cause, ceux qui appellent au départ des forces onusiennes en RCA, sont, au meilleur des cas, des inconscients et au pire, des ennemis indécrottables du peuple centrafricain. Pour ces ennemis, il faut se débarrasser de tout obstacle à la mise du pays sous leur coupe réglée. Et cet obstacle, c’est bel et bien les forces étrangères. Et comme Sangaris s’apprête à plier bagages, il ne resterait plus que la MINUSCA pour les empêcher d’atteindre leurs objectifs. C’est certainement pour cela qu’ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de pourfendre les troupes onusiennes. Et comme ces ennemis de la paix savent que la société civile bénéficie d’une certaine crédibilité, ils pourraient l’avoir instrumentalisée pour parvenir à leurs fins. La colère des autorités centrafricaines face à une telle initiative, est donc compréhensive. Il est en effet inconcevable après une telle crise qui est du reste loin d’être terminée, qu’un mouvement de la société civile se comporte comme tel. Surtout quand on sait l’apport des Nations unies pour permettre à la RCA de sortir la tête de l’eau. En attendant et en espérant la construction d’une armée centrafricaine plus forte, il est impératif que les Nations unies ne cèdent pas à cette pression malsaine. Les Casques bleus doivent rester encore quelque temps en RCA si tel est leur désir et leur mandat doit être davantage renforcé. Ce d’autant plus que les autorités actuelles ne peuvent pas rêver d’un quelconque désarmement et d’une restauration de la sécurité et de l’autorité de l’Etat sans une force de référence à laquelle s’adosser. Et vu que ce n’est pas du jour au lendemain qu’on remet sur pied une armée désarticulée, le président Faustin Archange Touadéra a été  bien inspiré de négocier une prorogation du mandat de Sangaris et de s’offusquer contre ceux qui réclament le départ hic et nunc de la MINUSCA.

« Le Pays »

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