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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 00:38

 

                                                                                                                 

 

La Centrafrique a connu une spirale de violence avec un relent génocidaire chronique. Dépassé par le cours des événements, le gouvernement de l'époque a fait appel à la communauté internationale. La France a négocié et obtenu des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU. Les forces "Sangaris" diligentées par la France furent accueillies et applaudies en libérateurs. Les résolutions 2127, 2134 et 2149 du conseil de sécurité de l'ONU se sont succédés mais avec le meurtre de deux soldats français, l'opération salvatrice a changé de stratégies et de méthodes et depuis ce jour commença le chemin de croix des centrafricains. Des élections présidentielles et législatives ont été organisées dans des conditions sécuritaires précaires mais appréciées de tous.

Le pays a connu un retour à l'ordre constitutionnel avec l'installation des institutions républicaines mais pourquoi depuis plus de six mois les centrafricains ne cessent d'enterrer des morts ? Lors de son investiture, le President de la rupture avait prêté serment sur la constitution et s'est engagé pour garantir la sécurité des centrafricains mais que s'est-il passé entre temp ? Pourquoi délivre t-il un permis à la Minusca pour tuer le peuple qui l'a élu ? Peut-on lui opposer la violation du serment et par voie de conséquence la violation des dispositions constitutionnelles ? Le President de la République et son gouvernement multiplient en vain des voyages diplomatiques et prétendent mener des actions en faveur de la paix mais des meurtres, assassinats, prise d'otages, des actes de violence sur de paisibles citoyens galopent à grande échelle. Comment expliquer ce désastre ? La politique et la méthode des nouvelles autorités sont désuètes ? Le choix des collaborateurs et l'approche stratégique ne sont pas rationnels ? Nous estimons qu'après sept mois de gouvernance, les nouvelles autorités doivent faire un aveu d'échec et de changer de cap. Le pouvoir confié par le peuple est une drogue qui monte très vite à la tête alors que ce dernier ne vous demande seulement de l'exercer dans son intérêt.

A force de s'entêter dans cette voie en cul-de-sac, on finit d'accuser l'autre comme source de son malheur. Les nouvelles autorités ont d'abord commencer à mettre en cause la Minusca, puis les partis politiques et in fine la société civile. Le pouvoir centrafricain a délivré lui-même un permis de tuer son peuple en s'abstenant de créer les conditions nécessaires pour sécuriser la population et relancer l'économie. Le manque d'initiatives des autorités a assez duré. Le laxisme chronique et l'attentisme de nos autorités ont poussé la société civile désespérée de prendre ses responsabilités.

Ainsi, pourquoi envisager des poursuites contre le coordinateur de la société civile alors que les vrais fossoyeurs de la république sont en liberté ? Le parquet général parle toujours d'ouverture d'enquête, à ce jour combien d'enquêtes ouvertes ont été élucidées ? Quelles ont été les sanctions prononcées ? La récréation a seulement trop duré et quand le peuple veut prendre ses responsabilités, on parle à tort de manipulations, de tentative de coup d'Etat, d atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat...que comprenez-vous dans ce scénario où l'Etat évoque sa propre turpitude : le pouvoir accuse la société civile d'être manipulé par les hommes politiques alors que ces derniers sont reçus à la présidence pour chercher collectivement les issues de sortie de crise ? Qui se moque de qui ? Hypocrisie ou insultes politiques ?

Un gouvernement qui autorise une force étrangère de tirer sur son peuple n'est pas digne et légitime. Quand la barbarie de la Minusca avec la complicité tacite du pouvoir central atteint son paroxysme, la population abandonnée à elle même doit réagir et toutes les stratégies de défense deviennent une obligation et un droit. Dans la situation actuelle de la Centrafrique, la présence de la Minusca est essentielle et vitale en dépit de sa passivité. La société civile a commis l'erreur de demander le départ de la Minusca, chose impossible. Par contre, elle peut récuser un contingent ou demander à la Minusca d'ajuster sa politique aux termes des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU.

Selon les termes des résolutions, la Minusca est une force d'accompagnement et d'appui, il appartient à l'Etat de prendre des initiatives, de créer des conditions de paix et cette force ne fait que les appuyer. Visiblement, le pouvoir peine à rétablir la paix à travers le territoire. Des crimes et massacres perdurent. A ce rythme, le President de la république demande qu'on lui laisse encore du temps, mais à la fin de la mandature, le dénombrement de la population centrafricaine affichera un chiffre inférieur à la dérivée d'une fonction constante. S'agissant de la réussite de l'opération "ville morte" lancée par la société civile, que reste y-il de la désillusion du gouvernement qui avait appelé au boycott ?

Dans des sociétés civilisées et évoluées, le gouvernement devrait rendre sa démission au Président de la République. Le gouvernement devrait se poser la question de savoir pourquoi le peuple a adhéré massivement aux causes de la société civile ? Le gouvernement doit tirer les leçons de ces événements et prendre ses responsabilités. Enfin, le parlement a brisé son mutisme et s'est réveillé de son long sommeil. Par la voix de son President, le parlement condamne et convoque à nouveau les ministres en charge de la sécurité. Cette énième convocation servira à quoi ? Pourquoi ne pas envisager une motion de censure contre le gouvernement ? Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Paris le 29 octobre 2016.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

Juriste, Administrateur des Elections

 

CENTRAFRIQUE : QUAND UN PRESIDENT ÉLU DÉLIVRE LE PERMIS POUR TUER SON PEUPLE par Bernard SELEMBY DOUDOU

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