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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 11:29

 

 

http://lepays.bf/ 14 septembre 201

 

L’on avait eu la faiblesse de croire qu’avec l’avènement, le 12 mars 2016, du gouvernement d’union nationale piloté par Fayez el-Sarraj, la Libye s’acheminerait vers une issue heureuse de la crise dans laquelle elle est empêtrée depuis la chute du colonel Kadhafi. On le croyait d’autant plus que ce cabinet avait été porté sur les fonts baptismaux par la Communauté internationale, de manière unanime. Celle-ci, pour suivre sur le terrain l’évolution de la situation, y a dépêché un représentant, en la personne de Martin Kobler. Ce dernier est témoin du fait que la mayonnaise concoctée par l’ONU, a du mal à prendre en Libye. Et c’est le moins que l’on puisse dire. La preuve est que, toute affaire cessante, Martin Kobler a été obligé de faire le déplacement du siège de l’ONU pour briefer le Conseil de sécurité sur l’actualité du pays. Et celle-ci est plus que préoccupante.

 

Bien des Libyens ont le sentiment que Sarraj leur a été imposé par l’Occident

 

En effet, le Général Haftar, qui n’a jamais fait de son hostilité au schéma onusien de sortie de crise en Libye, un mystère, vient d’apporter la preuve, s’il en est encore besoin, que sans lui, il est illusoire de parler de paix et de cohésion nationale en Libye. Pour ce faire, il a jeté son dévolu sur quatre terminaux pétroliers du Nord-Est libyen. Et le moins que l’on puisse dire est que ça lui réussit parfaitement. Car, au moment où nous tracions ces lignes, les forces qui lui sont fidèles avaient réussi le tour de force de contrôler la totalité du croissant pétrolier du pays. Pour un véritable pied de nez fait à la Communauté internationale, c’en est un. Et cette dernière, impuissante, ne peut que constater les dégâts. Et Martin Kobler, son représentant permanent en Libye, ne peut que se résoudre à aller faire le triste bilan devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New-York. Il ne pouvait pas en être autrement. Car le cheval sur lequel la Communauté internationale a misé pour pacifier le pays, le parachuté Fayez el-Sarraj, n’a pas les moyens qu’il faut pour ramener le général rebelle dans les rangs. Et le péché originel qui explique cette impuissance de Fayez el-Sarraj, c’est que bien des Libyens ont le sentiment que l’homme leur a été imposé par l’Occident. Et quand on sait que la Libye a été nourrie pendant plus de 40 ans au lait du nationalisme militant de Kadhafi, il est aisé de comprendre pourquoi, ils sont nombreux les Libyens, à percevoir le malheureux el- Sarraj comme un fantoche ou encore comme un valet de l’extérieur pour l’aider à faire main basse sur les immenses ressources pétrolières de la Libye. Ce discours fait florès aujourd’hui dans le pays, notamment au sein de la plupart des tribus qui peuplent la Libye. Sociologiquement voire politiquement, nul ne peut gouverner la Libye dans la sérénité, sans la caution de ces tribus. Même au temps de Kadhafi, les institutions du pays leur devaient, en partie, leur stabilité. Or, le moins que l’on puisse dire est que les puissantes tribus du Nord-Est du pays, dans leur majorité, ont toujours boudé le gouvernement d’union nationale basé à Tripoli. Elles lui reprochent, en plus d’avoir été mis en place par la seule volonté de la Communauté internationale dont il est à la solde, de n’être pas représentatif de la Libye dans sa diversité, en termes de tribus.

 

Le général Haftar est un moindre mal

 

Le général Haftar a dû surfer sur cela pour renforcer, peut-on dire, son emprise sur la Libye. Cet atout de taille, ajouté au fait qu’il fait pratiquement l’unanimité au sein de l’armée ou du moins, de ce qui en reste après la chute de Kadhafi, fait de lui une personne incontournable dans la résolution de la problématique libyenne. Ne pas reconnaître cette réalité est une grave erreur. C’est pourquoi l’on peut se permettre de suggérer à la Communauté internationale, de revoir sa copie en ce qui concerne ses rapports avec le général Haftar. Autrement, elle doit se convaincre qu’elle va quitter la Libye sur un échec cuisant et humiliant. Elle doit d’autant plus intégrer cette donne dans son souci de pacifier la Libye, que le général Haftar est un moindre mal par rapport à la menace que font peser sur le pays, la flopée de miliciens sans foi ni loi et la foultitude de mouvements djihadistes qui écument pratiquement l’ensemble du pays, depuis la chute de Kadhafi. Dans la situation actuelle de la Libye, la seule force susceptible d’aider à extirper le pays de l’emprise des forces négatives, pour reprendre une expression abondamment utilisée en Afrique centrale, pourrait être les forces fidèles à Haftar. La Communauté internationale a donc intérêt à ranger son orgueil au placard et à composer avec lui si elle veut véritablement contribuer, aux côtés de la majorité des Libyens, à résoudre dans la durée, l’épineuse équation du pays. Ne pas le faire ici et maintenant, c’est non seulement livrer le pays aux djihadistes, mais aussi placer la Libye dans une logique de partition. C’est pour toutes ces raisons d’ailleurs que l’on peut déplorer, en plus du mauvais casting fait par l’ONU pour présider aux destinées de la Libye, le silence assourdissant de l’UA à propos de la situation actuelle du pays de Mouammar Kadhafi. Mais venant de la part de cette structure, cette posture s’inscrit dans l’ordre normal des choses.

 

« Le Pays »

 

 

REVUE DE PRESSE AFRIQUE

 

A la Une: la revanche de Kadhafi

 

Par   RFI

 

La revanche de Kadhafi : c’est ainsi que qualifie le site Guinée Conakry infos le rapport parlementaire britannique sur l’intervention en Libye en 2011. En effet, précise le site guinéen « les parlementaires britanniques découvrent… enfin une vérité que les Africains connaissaient depuis longtemps, à savoir que : “l’intervention militaire britannique en Libye était fondée sur des suppositions erronées et une compréhension incomplète du pays et de la situation”Une lapalissade confirmée par la docte commission parlementaire dont le rapport est sans appel pour la duplicité, voire la complicité Cameron-Sarkozy, en vue d’abattre sans autre forme de procès, le guide libyen Mouammar Kadhafi, courtisé et craint par les puissances occidentales. »

 

Il faut dire, poursuit Guinée Conakry Infos, que « l’intervention occidentale, avec en tête de pont l’alliance franco-britannique soutenue par les Etats-Unis, a largement outrepassé le mandat onusien pour se transformer en une entreprise destructrice, sans souci du lendemain. Sans aucune esquisse réfléchie sur les probables retombées sur l’Afrique et le monde. Une aventure impérialiste pour “accélérer l’effondrement politique et économique de la Libye”Ce rapport parlementaire britannique, à son corps défendant, sonne donc comme la revanche posthume de Kadhafi, affirme encore le site guinéen, car, comme dit un proverbe africain : “le mensonge a beau construire mille cases, c’est la vérité qui les habitera toutes !” »
 
Pour Ledjely.com, toujours en Guinée, « ces aveux sont bien tardifs » et surtout, « ils remuent le couteau dans une plaie non encore cicatrisée. […] De la part des parlementaires britanniques, il y a comme une espèce de lâcheté qui fait qu’ils n’avaient pas osé faire part de leurs fameuses vérités au moment où la Libye se faisait pilonner au nom d’une résolution onusienne outrepassée à dessein. Ceci étant, pointe encore Ledjely, l’Afrique non plus, n’a pas à jubiler sous prétexte que l’histoire lui donne raison. Parce qu’en se privant du courage de prendre position contre la désintégration de la Libye, elle n’est pas moins responsable du chaos qui s’y est installé. »

 
Revoir sa copie ?

 

Cinq ans après, la Libye est donc toujours en proie à la violence… Et encore une fois, affirmeLe Pays au Burkina, la communauté internationale se trompe… Celle-ci « impuissante, ne peut que constater les dégâts. Car le cheval sur lequel la Communauté internationale a misé pour pacifier le pays, le parachuté Fayez el-Sarraj, n’a pas les moyens qu’il faut pour ramener le général rebelle Haftar dans les rangs. Et le péché originel qui explique cette impuissance de Fayez el-Sarraj, c’est que bien des Libyens ont le sentiment que l’homme leur a été imposé par l’Occident. »
 
Et Le Pays d’appeler la communauté internationale « à revoir sa copie en ce qui concerne ses rapports avec le général Haftar. Autrement, elle doit se convaincre qu’elle va quitter la Libye sur un échec cuisant et humiliant. […] La Communauté internationale a tout intérêt à ranger son orgueil au placard et à composer avec lui si elle veut véritablement contribuer, aux côtés de la majorité des Libyens, à résoudre dans la durée, l’épineuse équation du pays. Ne pas le faire ici et maintenant, c’est non seulement livrer le pays aux djihadistes, mais aussi placer la Libye dans une logique de partition. »


 
Guerre civile ?

 
Car, il y a bien désormais un « risque de guerre civile entre l’Est et l’Ouest » de la Libye, prévient pour sa part le site d’information algérien TSATout sur l’Algérie. « Le plan de paix de l’ONU est plus que jamais menacé et les jours du GNA, le gouvernement d’union nationale, semblent comptés. Car, c’est la première fois que l’armée nationale libyenne que commande le général Hafter affronte directement et frontalement les forces loyales au GNA, basé à Tripoli, à l’Ouest de la Libye. Jusque-là, les forces de Hafter se contentaient de combattre les brigades révolutionnaires et islamistes basées dans la région de Benghazi. Alors que celles du GNA tentaient et tentent toujours de libérer la ville de Syrte des mains de Daech. »

 
« Et maintenant ? », s’interroge El Moudjahid, toujours en Algérie. « Le récent appel lancé par le Premier ministre, Fayez el-Sarraj, à “toutes les parties à mettre fin aux actes provocateurs et à se réunir d’urgence” renseigne sur la gravité de l’évolution enregistrée. En effet, constate aussi El Moudjahid, alors qu’il éprouve déjà de grandes difficultés à asseoir son autorité sur l’ensemble du pays, il est aujourd’hui confronté à une nouvelle donne qui risque de sceller le sort de la Libye en l’enlisant dans une guerre civile. […] La question qui se pose, conclut le quotidien algérien, est de savoir ce qui va arriver maintenant. Gageons seulement que la sagesse et l’intérêt suprême de la Libye l’emportent. »

 

Lu pour vous : SITUATION EN LIBYE : La Communauté internationale doit revoir sa copie : La revanche de Kadhafi
Lu pour vous : SITUATION EN LIBYE : La Communauté internationale doit revoir sa copie : La revanche de Kadhafi

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