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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 16:13

 

 

http://mondafrique.com/  par Aza Boukhris - 15 septembre 2016

 

Le retour aux affaires de l'ancien Premier ministre de Bozizé, Faustin-Archange Touadera, a fermé la parenthèse de la Transition, non seulement sur le plan politique mais aussi dans le domaine économique.

 

Comme avant les Accords de Libreville du 11 janvier 2013, la Chine redevient la bienvenue et les contrats passés sous le régime Bozize sont de nouveau honorés. La Chine a mené une politique active envers ce pays aux immenses potentialités où la corruption est endémique et où les droits de l’homme ne préoccupent que quelques ong.

 

A Bangui, les réalisations chinoises emblématiques comme l’hôtel Ledger Plazza ou l’hôpital de l’Amitié et dans l’arrière-pays, les projets dans  l’agriculture, montrent le dynamisme de la coopération chinoise. Plus de 200 étudiants centrafricains sont actuellement en formation en Chine.

 

Pétrole, forêts et uranium

 

La Chine est particulièrement intéressée par les immenses forêts peu exploitées, les 15 millions d’hectares de terres arables quasiment en jachère, le pétrole, les terres rares et l’uranium. Avant le fiasco de Bakouma, Areva s’était rapprochée des capitaux chinois et les gisements prometteurs du pétrole de la zone frontalière avec le Tchad avaient déjà fait l’objet de permis concédés à la Chine par Bozizé et son gouvernement.

 

L’interminable contentieux avec l’américain Jack Grynberg et sa société Grynberg Petroleum avait pourri les relations entre les États Unis et le régime Bozizé, avec comme bouc émissaire, le tout puissant ministre d’État et neveu de Bozize, Sylvain Ndoutingai. Grynberg avait obtenu, de l’ancien président Patasse et de son Premier ministre Anicet-Georges Dologuele, un  permis de 13, 7 millions d’acres pour le gisement allant de Markounda à Boromata, le long de la frontière tchadienne, jouxtant le gisement tchadien de Doba. Grâce à l’ambassadeur centrafricain à Washington, ce contrat ne fut pas immédiatement dénoncé. Il le fut lorsque cet ambassadeur fut affecté à Pékin.

 

C’est la China Poly Group Corporation avec sa filiale Poly Technologies qui obtint, en 2007, un permis pour ce gisement du nord-est de la Centrafrique, fief de l’ex Seleka. Ce conglomérat chinois est aux mains de l’État chinois et notamment des militaires. Il est, en outre, spécialisé dans la vente d’armes et les conseils en matière de défense et de sécurité.

 

Bozize, Ndoutingai et Touadera avaient joué Poly Tech contre Grynberg. Certains observateurs pensent que ce fut l’une des causes de l’éviction de Bozizé. De fait, les ex Seleka furent opposés à l’implantation chinoise. Poly Tech a subi d’importants préjudices durant la Transition, notamment sous Djotodia. Aujourd’hui, on revient à la situation de 2012. Les Chinois retrouvent leurs droits et évidemment entendent désormais les protéger avec une petite centaine de militaires chinois relevant indirectement du conglomérat. Cette immixtion militaire a surpris les Centrafricains et n’a pas trouvé d’échos dans la classe politique, mobilisée par la préparation de la Table ronde des bailleurs, prévue à Bruxelles, en novembre prochain.

 

Ce gisement pétrolier du nord-est n’intéresse plus Grynberg Petroleum, désormais très présent dans les gisements de gaz de schiste aux États Unis et encore moins les Majors, dont le français Total, qui prennent en compte le prix du baril à moins de 50 dollars et les problèmes sécuritaires et d’acheminement.

 

En revanche, le Qatar n’est pas loin de cette nouvelle donne pétrolière. Le Groupe de Issam Abu Issam (IAS), d’origine palestinienne, est partenaire de Poly Technologies. IAS est implanté en Centrafrique depuis 2005 et possède des intérêts dans le diamant, notamment dans la région de Carnot. L’exploitation des gemmes est d’un intérêt évident pour le Qatar et les Émirats Arabes Unis qui exerce actuellement la présidence du Processus de Kimberley. Dubai et avec Anvers la destination des diamants exploités illégalement par les seigneurs de la guerre de l’ex Seleka.

 

Afin d’éviter les aléas du transport du pétrole vers le Golfe de Guinée, le raccordement au pipe-line soudanais offre des avantages. La distance entre Birao et Port-Soudan est à peu près la même que celle entre Birao et Douala.

 

Pendant que la France dépense sans compter pour essayer de sécuriser un pays hors de contrôle, la Chine et le Qatar font du business à peu de frais et les autorités centrafricaines, déçues du retrait prématuré de Sangaris, s’affranchissent enfin de leurs liens de dépendance.

 

Lu pour vous : La Centrafrique lorgne vers la Chine et le Qatar

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