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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 11:14

 

JUSTICE

 

Par Eva Gomez   Libération — 8 septembre 2016 à 16:49

 

Teodorin Obiang, fils du président, est renvoyé en correctionnelle pour corruption, détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et abus de confiance.

 

Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et vice-président du pays depuis juin, est renvoyé en correctionnelle à Paris pour les procès des «biens mal acquis». Le premier du genre sur le territoire français. Agé de 47 ans, le fils Obiang est accusé de corruption, détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et abus de confiance. Entre 2007 et 2011, il aurait détourné plusieurs millions d’euros en achat d’objets d’art, de matériel vidéo, de voitures de marques, de bijoux ou encore d’un bien immobilier de 4000m² dans le XVIe arrondissement de Paris, évalués à lui seul à 110 millions d’euros. «Les dignitaires mis en cause ont longtemps vécu dans un sentiment d’impunité absolue, doublé de la protection des autorités françaises», explique William Bourdon, président de l’association Sherpa et avocat de l’ONG Transparency International qui s’est constituée partie civile dans ce dossier. «Depuis, les mentalités juridiques ont changé et le principe de transparence prévaut de plus en plus. Ce procès, c’est une victoire de la société civile», ajoute-t-il.

 

Rolls-Royce, Bugatti et robinets dorés

 

L’ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Paris souligne que lors de la vente de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé en 2009, le fils Obiang a acquis 109 lots pour une valeur totale qui excède les 18 millions d’euros. Cette année-là, de somptueuses Bugatti, Mercedes, Rolls-Royce et autres Lamborghini achetées aux Etats-Unis sont réexportées aussitôt vers la Guinée Equatoriale. La valeur ce joli petit lot? Pas moins de 12 millions de dollars (10,7 millions d’euros). Et son propriétaire se nomme… Teodorin Obiang. Une myriade d’autres exemples sont évoqués dans l’ordonnance, comme cet hôtel particulier en plein cœur de Paris et dont les robinets des salles de bains sont recouverts de feuille d’or. Des dépenses à des années-lumière des celles des habitants de Guinée équatoriale, où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les juges précisent enfin, que Teodorin Obiang a acquis «soit directement, soit par l’intermédiaire de prête-noms ou sociétés écrans, un patrimoine mobilier et immobilier évalué à plusieurs dizaines de millions d’euros». Ces faits ont été commis en majorité alors que le fils Obiang occupait la fonction de ministre de l’Agriculture et des Forêts de son pays.

 

 En 2014, Teodorin Obiang est mis en examen en France. Des poursuites qu’il cherche alors à faire annuler sous couvert d’un supposé droit à l’immunité, dont il pense bénéficier en tant que deuxième vice-président. Mais la Cour de cassation rejette cet appel, jugeant que les faits ont été commis «à des fins personnelles». La même année, Obiang est accusé de corruption. Un accord est trouvé avec la justice américaine. Le deal? Obiang renonce à toucher à ses avoirs évalués à une trentaine de millions de dollars. En juin 2016, la Guinée saisit la cour internationale de justice de La Haye, pour mettre fin aux procédures françaises. «Des gesticulations qui visent à le positionner en tant que victime», mais il se heurte au ras-le-bol «de plus en plus universel quant à la corruption et à l’irresponsabilité des dirigeants», estime William Bourdon.

 

Premier procès d’une longue série

 

D’autres chefs d’Etat africains sont également impliqués dans le cadre d’affaires de biens mal acquis instruites à Paris. Sont notamment concernés les entourages de Denis Sassou Nguesso (Congo), d’Omar Bongo (défunt ancien président du Gabon), ou encore de François Bozizé (président déchu de Centrafrique). Pour Bozizé, c’est l’Etat centrafricain lui-même, qui a appelé la justice française à s’intéresser aux avoirs de celui qui était chef d’Etat de 2003 à 2013. En cause principalement: un gisement d’uranium à Bakouma et le versement d’avoirs de la part d’Areva qui auraient permis l’exploitation de cette mine. Concernant «le chapitre Bongo», selon William Bourdonla dernière élection contestée et les affrontements à Libreville «auront forcément des incidences sur l’instruction en cours contre l’ancien président du Gabon».

 

Eva Gomez

 

 

«Biens mal acquis»: le point sur les enquêtes visant des chefs d'Etat africains

 

Par RFI Publié le 09-09-2016 Modifié le 09-09-2016 à 03:04

 

Au lendemain du renvoi de Téodorin Obiang devant un tribunal correctionnel, en France, où en sont les enquêtes concernant les autres chefs d'Etat visés par l'affaire des « biens mal acquis » ? Trois chefs d'Etats et leurs entourages sont visés par des enquêtes en cours, dont Denis Sassou-Nguesso, François Bozizé ou encore la famille Bongo.

 

Depuis 2010, les juges s'intéressent au congolais Denis Sassou-Nguesso, soupçonné d'avoir détourné l'argent de la manne pétrolière de son pays. Plusieurs sociétés offshore sont notamment au cœur des investigations des juges. Elles auraient reçu des dizaines de millions d'euros du Trésor public congolais pour financer les dépenses de la famille Nguesso en France.

 

Une villa et deux appartements ont été saisis par la justice française. Au mois de février, Denis Sassou-Nguesso a porté plainte en France, estimant que les documents sur lesquels l'enquête se fonde ne sont « pas conformes à la réalité ».

 

Les juges s'intéressent aussi à l'ancien président centrafricain. François Bozizé disposerait, en France, de plusieurs biens immobiliers, de comptes bancaires et de voitures de luxe. Les juges d'instruction se sont notamment penchés sur plusieurs millions d'euros de commissions, versés pour l'obtention de contrats miniers parmi lesquels celui décroché par la société Areva après le rachat du canadien UraMin.

 

Enfin, la succession du défunt Omar Bongo, du Gabon, est également au cœur d'une enquête, à Paris. Là, c'est une société immobilière qui a été saisie. Une société dont les juges estiment qu'elle appartenait au moins partiellement à Omar Bongo. Au total, selon l'organisation Transparency International, la famille Bongo disposerait de 33 propriétés en France, dans les quartiers chics de Paris et sur la Côte d'Azur.

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