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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 17:31

 

                                          

 

    Sont regroupées sous cette rubrique, les impressions ramenées de mon dernier séjour limité à Bangui . J’aurais voulu ramener des impressions plus globales de Centrafrique …Mais à l’impossible, nul n’est tenu ! Ce deuxième numéro des Impressions est consacré à :

 

        II .  LA REPUBLIQUE DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES   (ONG)

 

    C’est une lapalissade de dire que le Centrafrique est aujourd’hui sous tutelle de l’ONU et des ONG qui le codirigent avec le gouvernement centrafricain . Ce gouvernement tricéphale œuvre-t-il vraiment dans l’intérêt des Centrafricains ou est-ce encore un subterfuge pour gruger le peuple ? En tout cas, il n’y a jamais eu autant d’hommes en armes et de blancs en Centrafrique même pendant la colonisation . Alors pourquoi cette impression diffuse, lancinante, voire agaçante que plus il y a des médecins au chevet du malade Centrafrique et moins bien il se porte ? Cette question me taraude, me tarabuste et m’empêche de dormir . En définitive : le développement de la RCA peut-il reposer sur les ONG ?  

 

     Une petite histoire personnelle pour illustrer ce qui se passe en Centrafrique . Je me rappelle que petit enfant,  c’est le grenier familial qui fournissait l’essentiel de notre nourriture et que les soins médicaux primaires étaient dispensés dans des centres de santé situés généralement à moins d’une journée de marche de nos villages . Seulement voilà : les greniers familiaux d’antan sont remplacés par les entrepôts du Programme Alimentaire Mondial ( PAM ), d’OXFAM et que les soins médicaux sont dorénavant prodigués par Médecins sans frontières, Médecins du monde ou une ONG quelconque . Tant et si bien que la RCA, à y regarder de près, est devenue de fait, une république des ONG .

 

     C’est ce qui frappe de prime abord dès que l’on sort de l’aéroport international Bangui M’Poko . Les innombrables véhicules quatre roues motrices, majoritairement de couleur blanche, avec des chauffeurs majoritairement noirs, alignés au cordeau sur le parking de l’aéroport sont la preuve tangible de ce que j’avance . Oh, j’ai déjà remarqué depuis l’aéroport de Roissy que les blancs en partance pour Bangui étaient plus nombreux que les Centrafricains ; que parmi eux, beaucoup étaient plus ou moins amortis déjà, que seule l’Italie nous envoyait ses jeunes...La plupart de ces hommes et femmes avaient des têtes d’anciens soldats reconvertis ou de barbouzes ! L’aéroport de Bangui, et par extension, la RCA sont ainsi devenus une sorte de tour de Babel où l’on entend des langues comme le géorgien, l’espagnol, l’italien, le danois, le norvégien, le suédois, le turc, le chinois, l’anglais évidemment et le français sans oublier les langues parlées par le conglomérat africain et asiatique des troupes de l’ONU qui forment la Minusca . Certains Rwandais se sont mis au Sango, la langue nationale de Centrafrique pour fluidifier leurs rapports avec les autochtones .

 

     Un proverbe chinois ne conseille-t-il pas d’apprendre à pêcher à quelqu’un plutôt que de lui  donner un poisson chaque jour ? Que l’Europe et l’Amérique, soucieuses de leurs intérêts, déversent en Centrafrique leur trop plein de travailleurs ou des hommes et des femmes sincèrement dévoués à la cause humanitaire, cela peut se comprendre aisément . Que cette présence massive des ONG génère des emplois, nul ne peut le nier . Mais de là à tout attendre de ces ONG, presque toutes issues de la Triade, pour curer les caniveaux, nettoyer les villes,  creuser les puits dans le moindre village, construire les écoles et les maisons des paysans, distribuer les semences aux villageois, nourrir quotidiennement les Centrafricains, que sais-je encore…comme je l’ai entendu souvent durant mon séjour, il y a un pas dangereux que je ne franchirais pas . Il en va de la crédibilité de notre pays, de la souveraineté de notre nation et de la responsabilité de notre gouvernement . Comment faisaient nos grands parents sur cette terre bénie des Dieux et si mal gérée par les hommes depuis l’indépendance ? Eh bien ils comptaient sur eux-mêmes, première richesse du pays pour mettre en valeur le sol qui est notre deuxième richesse .

 

      Alors il faut ramener la paix et la sécurité en Centrafrique, seules gages pour une reprise des activités agricoles, pastorales,  commerciales, touristiques, industrielles, universitaires . Cette noble tâche est dévolue à la Minusca , faute d’une armée nationale centrafricaine capable de sécuriser le territoire national . La Minusca est une émanation de l’ONU dont je parlerai plus tard ( le machin du général de  Gaulle qui n’a résolu ce problème nulle part ) .

 

     Loin de moi l’idée de dénigrer l’action des ONG, encore nécessaire de manière TRANSITOIRE en RCA, je réaffirme simplement que l’avenir de la RCA appartient aux Centrafricains . C’est à eux qu’incombe le devenir de leur pays . Nulle ONG, nulle troupe de l’ONU, nulle puissance étrangère ne viendra faire ce travail à leur place . Retroussons-nous seulement les manches à l’instar du Rwanda, ce pays qui couvre à peine la superficie d’une préfecture centrafricaine et qui dispose aujourd’hui de huit universités  et qui est l’un des pays les plus connectés d’Afrique ! A bon entendeur, salut !

 

                   La suite au prochain numéro .

 

                                                     David KOULAYOM-MASSEYO .

 

                                                     16 septembre 2016 . 

 IMPRESSIONS DE BANGUI (suite) par David KOULAYOM-MASSEYO

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