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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 21:08

 

 

 

http://rjdh.org/ PAR JEAN FERNAND KOENA LE 24 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 24 septembre 2016 (RJDH)–Les premiers soldats centrafricains sont en formation opérationnelle depuis le mois passé. Dans une interview accordée au RJDH, le général de division Eric Hautecloque Raisz, patron de la mission européenne chargée de former les Forces Armées Centrafricaines (FACA), a rassuré sur l’issue de cette formation et a annoncé que le comité de sanction des Nations -Unies a autorisé l’EUTM d’utiliser les armes pour entrainer les FACA.

 

RJDH : Mon général Bonjour

 

Eric Hautecloque Raisz : Bonjour.

 

RJDH : Après le conseil déjà de l’EUMAM auprès des FACA, l’EUTM a pris la relève pour s’occuper de la formation opérationnelle. Combien de bataillon avez-vous déjà formé à ce jour ?

 

EHR : Effectivement entre EUMAM et EUTM, EUTM s’occupe de la formation opérationnelle. Cette formation opérationnelle a déjà commencé au mois d’aout pendant un mois avec la première compagnie du bataillon n°3.

 

Nous avons fait un Etat des lieux pour évaluer ce que les soldats et les cadres savent faire et nous avons fait ce que nous appelons un pré-entrainement pour remettre tout le monde au même niveau. Il y a une semaine, nous avons commencé à former cette première compagnie pour un programme qui va durer douze semaines  et qui permettra de rendre la compagnie opérationnelle pour remplir les missions que l’on appelle de contrôle de zone et effectuer des missions telles que des Cheick points , la patrouille, la défense des points, l’accompagnement des convoies…

.

Ce qui est important, c’est que l’entrainement que nous pratiquons concerne la chaine de commandement donc on entraine les chefs à commander. Cela concerne l’ensemble des soldats et dans plusieurs domaines. Il ya le domaine moral, le savoir être, celui du comportement comme c’est marqué sur une affiche à l’entrée du Camp Kassaï, nos forces armées sont  au service du peuple, pour que l’armée soit bien au service du peuple. Ensuite la tactique, le tir, la condition physique, le secourisme et bien sur des matières techniques, la topographie (lire une carte) des choses comme ça.

 

RJDH : Le réarmement des compagnies formées, sera-t-il automatique après la formation ?

 

EHR : Le rétablissement de la capacité opérationnelle a trois composantes : des gens qui sont formés et entrainés, c’est ce qu’on est en train de faire, des gens qui sont équipés, on travaille dessus avec le  Ministère et avec l’état-major des armées et des gens qui seront soutenus quand ils partent en mission et ça c’est la responsabilité de l’état-major des armées que de pouvoir les soutenir.


Les soutenir ça veut dire l’alimentation, les conditions de logement. Pour le moment c’est une très bonne nouvelle nous avons reçu l’autorisation et la réponse est arrivée le 21 de la part du comité de sanction qui autorise l’autorisation de l’armement pour entrainer les FACA.

 

C’est-à-dire que depuis deux jours, nous pouvons utiliser  les armes pour faire des exercices tactiques  et de tir. En parallèle, on a avec la Minusca un projet pour rénover le chantier. Les travaux sont en cour à Kassaï et dans trois ou quatre semaines les travaux devraient être terminés. J’espère qu’ils ne prendront pas de retard. Et donc on vous invitera à l’inauguration du premier tir que pourront refaire les soldats des FACA. Ce sera très probablement en présence du ministre de la Défense d’ici quatre semaines et je trouve que ces très enthousiasmant que de pouvoir redonner cette dignité aux FACA  que de pouvoir s’entrainer au tir et de pouvoir s’entrainer au combat avec de l’armement.

 

RJDH : Mon général cette autorisation réside dans le fait que les FACA peuvent utiliser  ou que les armes doivent être utilisées par l’EUTM pour la formation ?

 

EHR : Pour le moment, le dialogue que j’ai entrepris avec le comité des sanctions c’est uniquement pour l’entrainement et la formation. Mais très clairement la prochaine étape va être de travailler que la compagnie qui soit formée qu’on puisse l’envoyer en opération pour remplir des missions et qu’à ce moment-là bien sûr qu’elle soit équipée avec des armes et des véhicules etc. Donc on est en train de travailler  sur l’équipement  de cette compagnie et ceci va s’accompagner d’une demande auprès du comité de sanction.

 

RJDH : Mon général quel est le degré de votre collaboration avec la Minusca ?

 

EHR : Nous venons de commencer  la formation il y a un mois. Pour former la première compagnie, il faut au total 14 semaines, donc la première compagnie sera formée d’ici le mois de décembre. Pour le moment au  niveau de l’EUTM, nous n’avons pas terminé la formation de la première compagnie. Je sais qu’au  niveau de la population, il y a envie de voir les FACA rétablies dans leur responsabilité et ce qu’il faut savoir c’est que ça prend du temps. Le président de la République a demandé à ce que ça soit fait de manière robuste pour que réellement les gens que l’on forme soient bien formés et capables de remplir leurs missions.

 

RJDH : Pouvez-vous nous parler un peu du chronogramme de votre mission dans l’exécution de la phase opérationnelle de cette formation ?

 

EHR : La mission EUTM est ici pour deux ans reconductibles c’est-à-dire au total, ça peut faire quatre ans. Le lancement des deux années a été fait le 20 septembre du point de vue administratif au niveau de l’Union Européenne, donc nous avons devant nous deux fois deux ans depuis le 20 septembre pour travailler à la formation.

 

La formation d’une compagnie dure au total 14 semaines et ça, nous avons commencé au mois  d’aout. Nous avons la capacité de former deux compagnies en même temps. Pour le moment, il  y’en a une qui est en formation et dans trois ou quatre semaines, on va lancer la formation de la deuxième compagnie. Et nous avons estimé que pour former un bataillon, il fallait six à sept mois pour que l’ensemble du bataillon soit formé au niveau de ses capacités opérationnelles. Donc je vous laisse faire le calcul, en un an nous pouvons former au moins deux bataillons et le travail va se poursuivre. Ce créneau-là, il faut le prendre de manière indicative parce que la pédagogie que je demande aux équipes de l’EUTM de pratiquer c’est de progresser au rythme pédagogique auxquels sont capables les personnes que nous entrainons. Donc si l’apprentissage va un peu plus vite, ça prendra moins de temps, si l’apprentissage va plus lentement ça prendra un peu plus de temps. Ce qui est important c’est que la méthode que nous mettons en place c’est aussi de former les formateurs. Donc de donner la capacité progressivement, au fur et à mesure que nous formons les compagnies et les bataillons, de redonner la capacité aux FACA et eux de redevenir des formateurs. Et on a testé ça déjà dans un principe d’auto-entrainement à la fin du mois d’aout et ça bien fonctionné.

 

RJDH : La formation prendra autant de temps alors que les FACA ne sont pas des recrus mais des Hommes déjà formés qui ont besoin d’assistance au point d’atteindre le standard international, ne voyez-vous pas l’incompatibilité dans ce que vous dites ?

 

EHR : je corrige votre question, moi je ne cherche pas à atteindre un standard international, je cherche à atteindre le standard ou la norme qui est fixé par le chef d’état-major des armées. Effectivement il y a beaucoup de soldats qui ont de nombreuses années de services derrière eux. Mais pendant les quatre dernières années, les soldats n’ont pas travaillé, n’ont pas pu exercer  leur métier. Quand on n’exerce pas son métier, on l’oublie. Il y a des soldats aujourd’hui qui depuis 4 ans n’ont pas tiré. Il y a des soldats qui depuis qu’ils sont rentrés dans l’armée centrafricaine, n’ont jamais tiré à l’instruction. Donc, ils savent des choses c’est vrai, on a beaucoup de respect pour ce que les soldats savent mais il ne faut pas se voiler la face, je dirai qu’il y a un travail de reconstruction à faire en profondeur. Et le choix qui est fait par le chef des armées, le président  de la République c’est de nous demander de faire un travail robuste avec de très belle fondation pour qu’on puisse avoir une belle armée à la fin.

 

RJDH : Mon général je remercie.


EHR : je vous en prie.


Propos recueillis par Jean Fernand Koena

 

Centrafrique : L’EUTM autorisé à utiliser les armes pour entrainer les FACA, selon le général Eric Hautecloque
Centrafrique : L’EUTM autorisé à utiliser les armes pour entrainer les FACA, selon le général Eric Hautecloque

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